Au Honduras, un nouveau plan sectoriel ouvre la voie à une éducation de qualité

Le nouveau plan sectoriel de l’éducation du Honduras promet une stratégie ambitieuse mais réalisable

L'école Tim Hines à Tegucigalpa, au Honduras. L'école donne un bon exemple de la façon dont les efforts de la communauté et la participation des parents ont un impact positif pour les élèves.

L'école Tim Hines à Tegucigalpa, au Honduras. L'école donne un bon exemple de la façon dont les efforts de la communauté et la participation des parents ont un impact positif pour les élèves.

CREDIT: GPE/Carolina Valenzuela

Au début du mois, les partenaires dans le pays et une délégation conjointe du Partenariat mondial pour l’éducation et de la Banque mondiale ont assisté à la présentation du nouveau plan sectoriel de l’éducation du Honduras pour la période 2017–2030.

Le plan, actuellement en phase de finalisation avant sa mise en œuvre, est une ambitieuse feuille de route dont le but est de garantir à tous une éducation de qualité, équitable et inclusive. Une des principales orientations stratégiques de ce plan vise à bâtir un secteur éducatif coordonné et harmonisé fonctionnant de façon globale en tant que système intégré. En effet, les sous-secteurs de l’éducation opèrent actuellement de façon isolée, et les institutions ne sont pas systématiquement coordonnées en fonction d’un plan commun.

Le nouveau plan s’appuie également sur l’éducation comme facteur clé de réduction de la violence liée aux gangs, problème majeur auquel est confronté le pays.

Sous la direction du gouvernement, le plan de l’éducation est le fruit d’un processus collaboratif issu de multiple consultations et ateliers. Ces réunions ont ainsi fourni une plateforme à plus de 36 institutions (représentant collectivement plus de 200 personnes) pour discuter des politiques éducatives et des questions techniques, et créer un consensus sur le développement du système éducatif.

Cette nouvelle approche inclusive et participative a permis l’élaboration d’un plan de l’éducation complet, qui répond aux problèmes et besoins spécifiques auxquels est confronté le secteur au Honduras. Ce haut degré d’engagement a également permis une forte appropriation et une responsabilisation de tous les partenaires dans le secteur.

« Le plan est inclusif. Nous nous devons d’être inclusifs et de tendre vers l’équité et la qualité dans nos efforts. Nous avons ainsi adopté une approche participative dès le début du processus... Ce plan n'a pas été élaboré dans des bureaux par des experts techniques » a expliqué Marcial Solís Paz, Secrétaire exécutif du Conseil National de l’éducation

Le nouveau plan de l’éducation, moteur de réformes systémiques

Le plan sert d'impulsion pour compléter le financement et les actions coordonnées. Il est également essentiel pour la croissance socioéconomique du pays, le développement du secteur éducatif et la réduction des inégalités, qui constituent un problème majeur au Honduras. L’exclusion et les inégalités y sont en effet, selon la Banque mondiale, les plus prononcées de toute l’Amérique latine.

Envisagé comme point de départ d'une réforme de l'ensemble du secteur éducatif, ce nouveau plan non seulement répond aux besoins à court terme du pays en matière d’éducation, mais crée surtout les conditions nécessaires pour garantir à un plus grand nombre d'enfants et d'adolescents l’accès à une éducation de qualité, et ce, grâce à une réforme sectorielle progressive sur les 12 prochaines années.

Ce nouveau plan de l’éducation constitue une étape importante pour le Honduras ; le pays n’a en effet jamais eu de plan de l’éducation ni de vision sectorielle à long terme, s’étant plutôt appuyé sur des stratégies et des interventions à court terme.

« Le plan indique également des moyens précis pour réunir le pays, la société hondurienne et la coopération internationale autour d'objectifs communs tels que la garantie du droit à une éducation de qualité pour le peuple du pays » a précisé Rutilia Calderón, Ministre de l’Éducation du Honduras

Le soutien du GPE dont bénéficie le Honduras est essentiel

En 2015, le Partenariat mondial pour l’éducation a alloué au pays un financement de 500 000 dollars en soutien à l’élaboration du plan sectoriel de l’éducation, cofinancé par le gouvernement du Honduras et d’autres partenaires, la Banque mondiale remplissant les fonctions d’agent partenaire. Les processus nationaux d'analyse sectorielle de l'éducation et d'élaboration du plan sectoriel ont ainsi bénéficié de l’assistance technique d'une équipe hautement qualifiée de l’IIPE-UNESCO.

« Le plus important dans l'implication du Partenariat mondial pour l’éducation est que celui-ci intègre le processus national. C’est le pays qui détermine les besoins et les cibles du financement. Ce n’est pas ce que nous avons l’habitude de voir. Généralement, les partenaires de coopération nous proposent leur propre programme. Ici, c’est tout le contraire : nous devons leur vendre notre plan. » a expliqué Yolanda Barahona, Conseillère Éducation du Forum national de Convergence (FONAC)

Outre son soutien financier, le GPE a joué un rôle primordial en veillant à ce qu’un large ensemble de voix et de perspectives soit intégré dans le plan, ce qui a amélioré la collaboration entre les partenaires. Cette expérience positive a fait naître chez tous les partenaires de l’éducation le désir de poursuivre leur collaboration pour de futures activités stipulées dans le plan.

La fin du commencement

Au cours des présentations du nouveau plan de l’éducation, il a été souligné que ce n’était là que « la fin du commencement ». La prochaine phase se souciera de l'obtention de l'aval du Conseil national de l'éducation. Parallèlement, les efforts se poursuivent pour mobiliser des investissements durables auprès de sources intérieures et extérieures et garantir ainsi la mise en œuvre du plan.

Le GPE se réjouit des efforts et du ferme engagement du Honduras pour offrir à tous les enfants l'accès à une éducation de qualité. Il continuera de collaborer avec le gouvernement et tous les partenaires pour renforcer le secteur éducatif du pays. 

Financement, Éducation de base

Auteur (s)

Conseiller principal, Secrétariat du GPE
Jesper Andersen est conseiller principal au Secrétariat du Partenariat mondial pour l'éducation, spécialisé en éducation dans les situations d'urgence et les crises prolongées. Il est également responsable pays pour le Honduras...

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