Au Yémen les partenaires de l’éducation font progresser la planification sectorielle en pleine crise | Partenariat mondial pour l'éducation

Au Yémen les partenaires de l’éducation font progresser la planification sectorielle en pleine crise

Malgré une crise humanitaire et une économie effondrée, près de 90 % des écoles sont restées ouvertes, le gouvernement tentant de maintenir l'enseignement pour plus de 5 millions d'enfants et de jeunes

Des enfants déplacés internes pendant une leçon dans une école improvisée sous tente fournie par l'UNICEF à Ibb, au Yémen, le dimanche 10 janvier 2016. © UNICEF/UN050306/Madhok

Des enfants déplacés internes pendant une leçon dans une école improvisée sous tente fournie par l'UNICEF à Ibb, au Yémen, le dimanche 10 janvier 2016.

CREDIT: © UNICEF/UN050306/Madhok

La planification de l’éducation dans les pays enlisés dans un conflit peut s’avérer difficile, surtout au vu des préoccupations sécuritaires, qui prennent le pas sur d’autres priorités. C’est donc un véritable encouragement de voir le groupe local des partenaires de l’éducation yéménite convenir d’un plan de transition de l’éducation suite à quatre jours de réunions fin avril. Le GPE, en coordination avec l’UNICEF et l’UNESCO, a facilité l’organisation d’une réunion entre des cadres représentants du ministère de l’Éducation de Sanaa et d’Aden, les partenaires de développement et les organisations de la société civile.

Ce plan sur trois ans est important, car il permettra aux partenaires de développement de mieux se coordonner et d'allouer plus efficacement aide intérieure et internationale dans le secteur. Le GPE fournit une assistance technique et financière afin d’élaborer un plan et de le mettre en œuvre dans sa totalité.

Lorsqu’un pays connaît une situation de crise et n'est pas en capacité de préparer un plan sectoriel de l'éducation à long terme, le GPE l’aide à développer un plan de transition afin de jeter les bases d'un plan complet.

Les groupes locaux des partenaires de l’éducation sont essentiels pour la planification conjointe

Les groupes locaux des partenaires de l’éducation – des forums de parties prenantes encouragés par le GPE dans les 65 pays concernés par son action sous l’égide des ministères de l’Éducation – se sont avérés un moyen extrêmement efficace de coordonner la conception, la mise en œuvre, et le suivi et évaluation des plans nationaux de l’éducation.

Depuis le début du conflit au Yémen en 2015, les partenaires de l’éducation ont organisé quatre réunions du groupe local des partenaires de l’éducation ; celle du mois d’avril s’est tenue à Beyrouth et a rassemblé plus de 20 participants.

Le groupe local des partenaires de l'éducation du Yémen, sous l’égide de l’agence de coordination GIZ, joue un rôle important : il s’agit en effet d’apporter les meilleures propositions de restructuration et d’utilisation du financement du GPE pour le pays, ainsi que d’aider les partenaires ayant interrompu leurs opérations dans le pays à rester impliqués dans le dialogue. Ainsi, davantage de partenaires sont restés engagés pour faire face à la crise de l’éducation à laquelle est confronté le Yémen et sont le mieux placés pour poursuivre leurs efforts.

Le GPE renforce son engagement au Yémen avec de nouveaux fonds pour faire progresser la planification sectorielle et renforcer le système éducatif.

Nous savons que la difficulté va être immense compte tenu du conflit qui touche à présent 80 % du pays. Mais un système scolaire opérationnel – qui vise à améliorer la qualité de l’éducation – sera vital pour le redressement du pays.

À cette fin, près de 40 millions de dollars du financement du GPE seront reprogrammés sur les deux prochaines années par l'UNICEF – et ce soutien se poursuivra au-delà de 2018. Depuis que le Yémen a intégré le GPE en 2002, il a bénéficié de 120 millions de dollars au travers de cinq financements.

Malgré le conflit, la plupart des écoles restent ouvertes, mais l’apprentissage est limité

Pour le Yémen – et pour les autres pays en développement partenaires, l’objectif est de scolariser la totalité des enfants pour qu'ils bénéficient d'une éducation de qualité. Les perspectives de réaliser cet objectif sont toutefois encore repoussées. Même avant le conflit, les indicateurs sectoriels du Yémen figuraient parmi les plus faibles du Moyen-Orient.

Malgré une crise humanitaire et une économie effondrée, près de 90 % des écoles sont restées ouvertes, le gouvernement tentant de maintenir l'enseignement pour plus de 5 millions d'enfants et de jeunes, 73 % de la population des élèves. Contre toute attente, les communautés font de leur mieux pour maintenir les écoles en activité et empêcher l’effondrement du système scolaire. En réalité, l’apprentissage demeure cependant limité.

Les écoles ne semblent être ouvertes que quelques heures par jour dans de nombreuses zones. Et plus de 2 000 ont fermé pour cause de dégâts suite aux combats ou à une occupation par des populations déplacées ou des groupes armés. La fermeture d’écoles a fait gonfler le nombre d’enfants non scolarisés, qui atteint actuellement près de 2 millions.

Gérer la crise tout en tentant de préserver les bénéfices en termes d’éducation

Le gouvernement lutte pour trouver les ressources lui permettant de maintenir les écoles en activité. Les enseignants, y compris dans la capitale Sanaa, ne sont plus payés depuis 6 mois, et une forte pénurie de manuels et de fournitures scolaires sévit. Le système éducatif pliant sous le poids du conflit, le GPE a dû reprogrammer son financement actuel de 72,6 millions de dollars afin d’aider à couvrir certaines de ces dépenses de fonctionnement en coordination avec le groupe local des partenaires de l'éducation.

Nombre des avantages durement acquis par le Yémen pour renforcer son système éducatif risquent d'être balayés par le conflit, compliquant encore la tâche du pays et de ses partenaires de développement pour réaliser les objectifs d'amélioration de l'éducation pour tous les enfants yéménites.

De graves préoccupations font suite à de récents signalements d'attaques sur des écoles, d'enfants réquisitionnés pour devenir soldats, faits qui seraient inacceptables s’ils étaient avérés. Les enfants doivent pouvoir aller à l’école et apprendre dans un environnement sécurisé avec des enseignants formés. C’est ce que le GPE et ses partenaires tentent d’assurer.

En savoir plus sur l’action du GPE au Yémen

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