3 choses que les lauréats du prix Nobel d'économie disent sur l'éducation
Le prix Nobel d'économie vient d'être attribué à Abhijit Banerjee, Esther Duflo et Michael Kremer pour leurs travaux pionniers sur la pauvreté dans le monde. Un prix tout à fait opportun, alors que nous célébrons la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.
17 octobre 2019 par Secrétariat du GPE|
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A 12 ans, Grace est en classe de CM 1 à l'école de Makamba en Ouganda.
CREDIT: PME/Livia Barton

Le Prix Nobel de l'économie 2019 (en anglais) vient d'être décerné à Abhijit Banerjee et Esther Duflo du M.I.T. ; et Michael Kremer de Harvard, trois économistes qui ont « transformé l’économie du développement » en proposant de nouvelles méthodes pour étudier et réduire la pauvreté dans le monde.

Banerjee, Duflo et Kremer insistent sur le recours aux expériences sur le terrain pour appliquer les avantages des essais en laboratoire à leur domaine de recherche. Ils examinent l'éventail des problèmes et des défis liés à la pauvreté dans le monde, y compris l'éducation, pour élaborer des programmes de lutte contre la pauvreté couronnés de succès qui sont mis en œuvre à travers le monde.

Dans le cadre de leurs travaux, Banerjee et Duflo (la deuxième femme et la plus jeune personne à se voir décerner le Prix Nobel de l’économie) ont fondé le laboratoire de lutte contre la pauvreté Abdul Lateef Jameel (J PAL), un centre de recherches vouées à la réduction de la pauvreté qui veille à ce que les politiques adoptées en ce sens se basent sur des preuves scientifiques.

Voici trois de leurs perspectives en matière de politiques de l'éducation :

  • Réduire le coût de la scolarité augmente les taux de scolarisation
  • Malgré d'importants progrès en matière d'accès à l'éducation, la participation à l'école et la scolarisation restent des obstacles majeurs pour garantir une éducation de qualité aux enfants des pays en développement. Le J-PAL a évalué 31 programmes qui visent à augmenter les taux d’assiduité des apprenants en réduisant le coût de la scolarité.

    Leur recherche a révélé que réduire ou supprimer les frais de scolarité, fournir des transferts en espèces et de petites incitations aux parents, améliorer la santé des enfants et réduire la distance entre le domicile de l'enfant et leur école augmentaient considérablement le taux de fréquentation scolaire. Ces programmes ont contribué à réduire les obstacles à la scolarisation en réduisant les coûts qui y sont liés.

  • Mettre en valeur les avantages de l’éducation est un moyen économique d’augmenter les taux de scolarisation
  • Des chercheurs du J-PAL ont constaté que les interventions qui traitaient avec succès les écarts de perception liés aux avantages de l'éducation ou qui renforçaient la motivation des apprenants avaient des effets positifs sur les effectifs et l'assiduité. Par exemple, des garçons en République dominicaine qui ont reçu des informations sur les salaires moyens des personnes ayant différents niveaux d’éducation dans leur région ont achevé 0,2 année de scolarité de plus après quatre ans. En Inde, fournir des informations sur les opportunités d'emploi pour les femmes éduquées a incité parents et élèves à investir davantage dans leur éducation.

  • Réduire les coûts et augmenter les bénéfices perçus de l’éducation augmentent l'assiduité des garçons et des filles
  • J PAL a évalué 25 programmes visant à accroître la participation à l’école et ventilé les résultats par sexe. Ils ont examiné des interventions allant des écoles communautaires en Afghanistan aux programmes de bourses d’études au Kenya en passant par la distribution de manuels gratuits en Sierra Leone. Ils ont constaté que la plupart des initiatives visant à améliorer la scolarisation étaient aussi efficaces, sinon plus efficaces, pour les filles que pour les garçons. En règle générale, les programmes ont tendance à aider le plus défavorisé des sexes.

Les financements du PME ont été utilisés pour soutenir des interventions telles que celles décrites ci-dessus dans les pays en développement partenaires, notamment à travers :

  • le financement d'interventions de santé en milieu scolaire dans 22 pays
  • les investissements dans les transferts d'argent pour maintenir les filles à l'école en Sierra Leone et au Soudan du sud
  • le financement des campagnes sur les bénéfices de l'éducation au Burundi
  • le soutien aux subventions accordées aux écoles en Ouganda, au Laos, au Malawi et dans plusieurs autres pays, afin d’empêcher les familles de supporter le fardeau financier de la scolarité.

Pour aller plus loin :

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