Burkina Faso : éliminer les obstacles à une éducation de qualité pour les filles
Alice Albright et la ministre danoise Ulla Tornæs reviennent sur leur récente visite conjointe dans le pays.
15 avril 2019 par Alice Albright, Global Partnership for Education et Ulla Tørnæs, Denmark|
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Alice Albright et la Ministre Ulla Tornæs en visite dans une école au Burkina Faso.
CREDIT: GPE/Roland Zanre

Début mars, nous avons eu l’occasion de célébrer la Journée internationale de la femme à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, en visitant des écoles soutenues par le Partenariat mondial pour l’éducation. Avec des élèves, des éducateurs et des partenaires du gouvernement, nous avons discuté des difficultés auxquelles sont confrontés le pays et son système éducatif, notamment la menace terroriste actuelle et une crise croissante des réfugiés.

L’histoire de Sakinatu, Nafisa et Morinatu, élèves du Lycée Nelson Mandela, une école pour filles de Ouagadougou, nous a profondément touchées.

Elles nous ont parlé, ainsi qu’au Ministre de l’Éducation du pays, Stanislas Ouaro, de leurs aspirations personnelles, des difficultés qu’elles rencontraient et de leurs espoirs pour le pays. Ces jeunes femmes intelligentes sont probablement exposées à plus de difficultés que la plupart d’entre nous ne pourrait l’imaginer. Faisant preuve à la fois de prestance, de candeur et de résilience, elles ont décrit le long trajet insécurisé qu’elles parcouraient chaque matin pour se rendre à l’école ; comment la pauvreté avait conduit certaines de leurs camarades de classe au mariage précoce, voire à la prostitution ; et comment, malgré le fait que ce soit la norme dans leur propre famille, elles étaient contre la polygamie.

Elles nous ont parlé de l’éducation sexuelle dans leur école et ont dit qu’elles aimeraient un jour devenir avocates, journalistes ou interprètes, des carrières qu’elles ne savent possibles que grâce à une éducation de qualité.

Les filles sont toujours confrontées à des obstacles pour avoir accès à l’éducation

Aujourd’hui, plus de 132 millions de filles sont non scolarisées dans le monde, et malgré d’importantes avancées au cours des deux dernières décennies, elles risquent toujours 1,5 fois plus que les garçons d’être exclues de l’école primaire.

Le Danemark travaille avec le GPE pour offrir à chaque petite fille l’éducation dont elle et sa communauté ont besoin pour prospérer. Atteindre cet objectif nécessite de surmonter les énormes obstacles à la scolarisation des filles, et principalement : le mariage précoce, la pauvreté, la pression pour faire travailler les filles, les préjugés sur les filles et les femmes, les longs trajets à pied entre le domicile et l’école, les conflits et la fragilité, les menaces de violences sexuelles, le manque d’installations sanitaires et la rareté des modèles féminins susceptibles de booster l’apprentissage des filles.

Les filles du Lycée Nelson Mandela ne sont que trop conscientes de ces entraves, et bien qu’elles soient encore scolarisées et engagées dans l’apprentissage, elles savent que d’autres défis les attendent. Mais, il n’y a aucun doute dans leur esprit quant au fait que continuer les études soit pour elles la clé d’un avenir meilleur.

Lorsque les filles ont bénéficié d’une éducation, sont en bonne santé et en sécurité, c’est le monde entier qui en profite. Si toutes les filles bénéficiaient d’une éducation de qualité, le mariage d’enfants serait quasiment éradiqué, et les revenus des femmes sur une vie augmenteraient de 15 à 30 milliards de dollars dans le monde. L’éducation est un droit pour chaque fille, où qu’elle vive et quel que soit le milieu dont elle est issue. C’est donc dans l’intérêt économique des pays de voir les filles et les femmes éduquées.

L’égalité des sexes et l’éducation des filles sont au cœur de l’action du GPE et de l’engagement du Danemark.

Le gouvernement danois et le GPE sont engagés dans la promotion de l’égalité des sexes dans et par l’éducation. Le Danemark est un leader mondial du mouvement pour l’émancipation des femmes, la promotion de l’éducation des filles et des droits relatifs à la santé sexuelle et reproductive, ainsi que l’émancipation économique et la santé.

L’égalité des sexes est également au cœur de l’action du GPE, et le Danemark, un des bailleurs les plus importants du partenariat, contribue au soutien de solutions systémiques et durables pour garantir l’intégration de stratégies en faveur de l’égalité des sexes dans la planification de l’éducation à long terme. Il s’agit notamment d’investir dans des enseignants qualifiés (en particulier des femmes, modèles importants pour les filles) et de veiller à ce qu’ils soient mis à la disposition des communautés mal desservies ; de traiter les problèmes sanitaires, tels que la mauvaise gestion de l’hygiène menstruelle, qui peut affecter négativement la scolarité de nombreuses filles ; d’œuvrer avec les communautés à la promotion d’une acceptation élargie de la valeur de l’éducation des filles ; de veiller à la sécurité des filles à l’école et sur le chemin de l’école ; et d’utiliser les données, afin de garantir que chaque fille compte et soit comptée.

Alice Albright et Ministre Ulla Tornæs pendant une visite dans une école au Burkina Faso.
Alice Albright et Ministre Ulla Tornæs pendant une visite dans une école au Burkina Faso.
CREDIT: GPE/Roland Zanre

Aider le Burkina Faso à bâtir un système éducatif renforcé

Le Burkina Faso, pays à faible revenu classé 183ème sur 189 pays pour l’indice de développement humain des Nations unies. La situation sécuritaire au nord et à l’est extrêmement instable et les troubles dans la région tout autour du pays ont conduit 25 000 réfugiés dans des camps à l’intérieur de ses frontières.

Des douzaines d’enseignants ont été attaqués, voire tués par des militants extrémistes. Dans un tel environnement, les élèves ont peur d’aller à l’école, et les filles font partie des plus vulnérables. Avec environ 1 000 écoles fermées, laissant 120 000 enfants sans aucun accès à un enseignement formel, le gouvernement redouble d’efforts pour rouvrir les établissements scolaires.

Le GPE, avec d’autres partenaires de l’éducation, poursuivra son action auprès du gouvernement et de ses partenaires pour garantir la scolarisation et l’apprentissage d’un plus grand nombre d’enfants dans le pays et faire en sorte que le système éducatif soit renforcé, plus résilient et mieux équipé pour faire face aux crises et se restructuré.

Sakinatu, Nafisa, Morinatu et nombre d’autres filles et garçons à travers le pays s’activent, afin de pouvoir jouir de leur droit à l’apprentissage. Le gouvernement du Danemark et le GPE feront – et doivent en effet – faire leur part pour les aider.

 

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