Ce que nous devons savoir et faire pour rendre l’éducation plus juste et plus inclusive
Les engagements pris à l'échelle mondiale afin de réduire les inégalités en matière d'éducation et de garantir à tous les enfants l'accès à l'apprentissage ne sont pas encore atteints. Le mécanisme de partage de connaissances et d’innovaions du PME (le KIX) vise à combler les lacunes en termes de connaissances, afin de permettre une meilleure politique en matière d’équité et d’inclusion dans l’éducation.
12 septembre 2019 par Stuart Cameron, Global Partnership for Education Secretariat et Sissy Helguero, Global Partnership for Education Secretariat|
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Fasil, 11 ans, élève à l'école de Felege Abay à Bahar Dar, en Éthiopie, s'exerce avec un puzzle.
CREDIT: GPE/Kelley Lynch

Ce blog est le quatrième d’une série de six sur le Document de consultation pour le mécanisme de partage de connaissances et d'innovations (KIX) commandés par le secrétariat du PME pour éclairer la conception et la mise en œuvre du KIX. L’article mets également en lumière les résultats pertinents du Rapport sur les résultats 2019 par thème et des évaluations en cours au niveau des pays partenaire du PME.

Lutter contre les inégalités et l’exclusion dans l’éducation est un élément fondamental de la mission du PME et des objectifs de développement durable. Dans les pays partenaires du PME, près d'un enfant en âge de fréquenter le primaire sur cinq n'est pas scolarisé. Les disparités dans les résultats d'apprentissage entre ceux qui vont à l'école, sont aussi très grandes.

Comment le PME soutient-il l'équité et l'inclusion ?

Garantir à tous les enfants les mêmes chances d'accéder à une éducation de qualité nécessite des actions tant au niveau national que mondial. A l'échelle mondiale, le PME a soutenu des recherches et des projets sur les enfants non scolarisés, le handicap et la santé, ainsi que sur les violences basées sur le genre en milieu scolaire.

Dans ses pays partenaires, le PME promeut l'équité en soutenant la planification du secteur de l'éducation et son modèle de financement. Les pays doivent allouer des fonds nationaux suffisants, en particulier à l’enseignement primaire, pour pouvoir prétendre à un financement du PME. Ainsi, le modèle du PME, basé sur les résultats, exige que les pays démontrent de bons résultats en termes d’équité et d’inclusion, afin de recevoir la totalité de leurs fonds.

Le Rapport 2019 sur les résultats du PME fait le constat selon lequel, sur les 34 financements pour la mise en œuvre de programmes en cours d'exécution en juin 2018, la part allouée à des activités soutenues et financées par le PME pour améliorer l'équité et l'inclusion s'élevait à 372,8 millions de dollars.

Néanmoins, on observe des inégalités nettes et persistantes dans de nombreux pays. Comme le souligne ce rapport sur les résultats, les enfants issus des ménages les plus pauvres, des zones rurales et des pays touchés par la fragilité et les conflits courent encore plus de risque d'être laissés pour compte, tout comme le sont les filles. Les enfants des 20 % des ménages les plus riches ont plus de trois fois plus de chances de terminer le premier cycle du secondaire que ceux des 20 % les plus pauvres.

Dans les pays fragiles et touchés par un conflit, les écarts sont encore plus grands (voir le graphique ci-dessous - en anglais). La combinaison de ces disparités devient encore plus importante et, dans la plupart des pays, les filles des zones rurales issues des ménages les plus pauvres sont les plus en retard.

Indices de parité entre les pays en développement partenaires du PME en termes de sexe, de zone géographique et de richesse.

Indices de parité entre les pays en développement partenaires du PME en termes de sexe, de zone géographique et de richesse

Dans de nombreux pays, les enfants les plus favorisés sur le plan socioéconomique finissent par absorber l'essentiel des dépenses publiques liées à l'éducation. C’est l’une des raisons pour lesquelles efficience, équité et efficacité sont intimement liées pour parler de systèmes éducatifs solides. C'est pourquoi le PME poursuit ces objectifs de manière conjointe dans son modèle de renforcement des systèmes éducatifs.

L’équité en matière d’éducation est bien reconnue dans la planification sectorielle mais, la réponse proposée correspond rarement à l’ampleur du problème. Les évaluations du PME au niveau des pays ont révélé que les plans récents du secteur de l’éducation tenaient généralement compte des disparités en matière d’éducation. Cependant, plusieurs d'entre eux ne traitent pas les problèmes d'équité de manière suffisamment détaillée ou cohérente, et la plupart ne présentent pas de plan de mise en œuvre réalisable.

De nombreux pays ont introduit ou étendu des mesures visant à élargir l'accès à l'éducation des enfants non scolarisés, mais celles-ci sont souvent déployées à une échelle relativement petite et nécessiteront « d'importants investissements supplémentaires pour avoir des effets à l'échelle du système. »

Disposer de connaissances et innover pour que personne ne soit laissé pour compte

La lutte contre les injustices doit figurer au centre des plans nationaux de l'éducation et faire partie des grandes priorités mondiales en matière d'éducation. Cela nécessite d'accorder une attention particulière aux enfants les plus marginalisés dans ces pays, notamment ceux qui font face à de multiples formes de désavantages. De nouvelles approches en termes d'analyses, de méthodes, de réseaux et de formes de soutien aux gouvernements des pays en développement et aux donateurs seront nécessaires pour s'attaquer aux inégalités persistantes, si l'on veut atteindre les ODD d'ici 2030.

Le mécanisme de partage de connaissances et d'innovations du PME (KIX) financera de nouvelles recherches visant à combler ces lacunes en termes de données probantes et de connaissances, à générer des solutions innovantes aux problèmes identifiés par les pays partenaires et à renforcer la capacité des gouvernements à innover, à générer et à utiliser des preuves et des données.

Ne laisser personne de côté, un document de travail sur l'équité et l'inclusion commandé pour guider les investissements dans KIX, dresse la liste des initiatives déjà en cours et décrit les lacunes et les opportunités pour KIX. Le document met en évidence quatre besoins critiques :

  1. Mieux collecter les données
  2. Les groupes marginalisés sont souvent invisibles dans les données, sapant ainsi les efforts de promotion de l'équité et de l'inclusion dans la planification de l'éducation nationale. L’accent mis sur l’équité et l’inclusion soulève de nouveaux problèmes pour les données sur l’éducation : comment mesurer les interactions des enseignants avec des élèves d'origines différentes dans la même salle de classe ? Comment mesurer la manière dont les établissements scolaires pourraient systématiquement exclure ou séparer certains élèves ?

    Parmi les initiatives existantes, le Groupe interinstitutions sur les indicateurs d’inégalité dans l’éducation (en anglais) promeut et coordonne la collecte de données permettant de suivre les inégalités dans l’éducation ; le Groupe de Washington sur les statistiques d'invalidité a facilité la collecte de données ventilées par type de handicap, bien que ces données restent jusqu'à présent rares ou en cours de développement ; les bases de données en ligne de l'UNESCO et de Save the Children permettent de visualiser facilement les lacunes en matière d'accès et d'apprentissage ; et l’Initiative relative aux enfants non scolarisés, appuyée par le PME, a aidé un certain nombre de pays à créer des profils statistiques sur les enfants non scolarisés, afin d’élaborer de meilleures politiques.

    Sur la base de ces initiatives, les gouvernements ont besoin de plus d’aide pour collecter et utiliser des données ventilées dans la planification et les politiques.

  3. Aider les pays à mieux planifier
  4. La planification de l'équité et de l'inclusion nécessitera à la fois une réforme de l'ensemble du système et des programmes ciblés pour atteindre les plus marginalisés. Un portefeuille croissant d’outils de diagnostic des systèmes éducatifs, tels que le Guide méthodologique pour l'analyse sectorielle de l'éducation. Volume 1 préparées par le PME, l’UNICEF, l’IIPE et la Banque mondiale, aborde l’équité et l’inclusion à des degrés divers. Les pays continuent d'avoir besoin de soutien pour intégrer ces besoins dans l'analyse sectorielle de l'éducation et pour élaborer des plans réalisables, budgétisés et réalistes dans la manière dont ils abordent les questions d'équité et d'inclusion. Les réseaux et la production de données probantes pouvant aider les gouvernements et la société civile à suivre les progrès sont nécessaires pour assurer la redevabilité.

  5. Soutenir un financement équitable
  6. Les gouvernements et les partenaires de développement doivent fournir un financement équitable, en orientant les ressources là où les besoins sont les plus criants - un défi particulier à mesure que les pays élargissent l'accès à l'enseignement secondaire.

    Des méthodologies telles que les comptes nationaux de l’éducation ont été mises au point pour déterminer qui finance le plus l’éducation, et des recherches et directives ont été élaborées sur la conception des systèmes de subventions aux écoles. Toutefois demeure un besoin urgent d’orientations et d’outils pour améliorer les mécanismes de financement ou de subventions aux écoles, et pour comprendre le coût des politiques et programmes d’équité et d’inclusion.

  7. Renforcer la recherche et les évaluations
  8. Il existe de plus en plus de données probantes sur ce qui fonctionne en éducation mais, souvent cela ne tient pas compte de la façon dont les interventions affectent des enfants d’origines différentes. De plus, elles ne sont pas non plus évaluées à grande échelle pour déterminer leur rapport coût-efficacité. Comprendre l'impact des changements de programmes et de politiques sur les plus marginalisés nécessitera une innovation dans les méthodes et les outils de recherche.

    Les évaluations de programme doivent prendre en compte l'impact sur différents groupes, y compris les éventuelles conséquences imprévues. La recherche doit inclure la voix des marginalisés et être en mesure de s'attaquer à des sujets sensibles tels que la stigmatisation liée au handicap ou à la violence sexiste. Elle doit également prendre en compte des considérations plus larges sur la manière d’avoir le plus grand impact sur les groupes marginalisés et les inégalités en matière d’éducation, ainsi que sur les effets d’une éducation équitable sur l’inclusion sociale à une échelle plus large.

Des données probantes et l'innovation sont essentielle pour une meilleure mise en œuvre des politiques éducatives

Etant donné que les candidatures à l'échelle mondiale attendues dans le cadre du KIX doivent être soumises au plus tard le 1er octobre - et les propositions de subventions régionales en avril/mai 2020, il sera intéressant de voir comment les investissements du KIX offrent des possibilités de renforcer les politiques et la planification fondées sur des preuves en matière d'équité et d'inclusion dans l'éducation.

Les pôles régionaux du KIX fourniront aux pays l'occasion d'apprendre de leurs pairs les approches novatrices favorisant un accès véritablement universel à l'éducation.

Ce blog s'inspire du document intitulé Ne laisser personne de côté, rédigé par Pauline Rose.

Lire les autres blogs de cette série :

  1. Les approches du PME pour renforcer l’éducation et la protection de la petite enfance
  2. Renforcer les systèmes de données en investissant dans la connaissance et l’innovation
  3. Améliorer les systèmes d’évaluation de l’apprentissage pour améliorer la qualité de l’éducation
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