L'éducation à tout prix : les enfants vivant dans des contextes de crise veulent continuer à aller à l'école
Un nouveau rapport publié par Save the Children montre que les enfants vivant dans les endroits les plus difficiles du monde recherchent avant tout une chose : la possibilité de s'instruire.
24 septembre 2019 par Rasha Daya, Save the Children|
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Aminata* et sa mère ont dû fuir le conflit à Niafunké au Mali pour se réfugier dans une zone plus sûre de la région de Mopti. Elle a pu intégrer un projet éducatif et poursuivre ses études.
CREDIT: Save the Children

Depuis le début de la guerre en Syrie, j'ai été témoin de grands bouleversements dans mon pays. Pendant huit longues années, les Syriens ont fui une ville pour une autre, fuyant les attaques armées et la violence. Des millions de personnes se sont réfugiées dans les pays voisins, cherchant désespérément sûreté et sécurité. La situation est consternante et difficile pour toutes les personnes impliquées, mais nous gardons toujours l’espoir d’un avenir meilleur.

Je pense que mon avenir et celui de toutes les personnes déplacées dans le monde reposent sur l'éducation. C’est la meilleure stratégie qui jettera les bases solides d’un avenir meilleur pour mon pays. Malheureusement, il semble que chaque jour nous nous éloignons de cette stratégie.

Une visite affligeante dans un camp de réfugiés syriens

Au début de cette année, grâce à mon travail avec Save the Children, j'ai eu l’occasion de visiter un camp de réfugiés syriens au Liban. Des centaines de réfugiés syriens vivaient dans un baraquement surpeuplé et en construction, dans les pires conditions que je n’ai jamais vu. Les enfants jouaient en plein air dans un environnement très dur et difficile.

La visite m’a déchiré le cœur et m'a beaucoup inquiété. La plupart des enfants syriens vivant dans le camp n'ont pas pu accéder à une éducation formelle ou informelle, bien que ce soit leur plus grand souhait.

Les parents faisaient tout ce qu’ils pouvaient, se privant parfois de nourriture, pour pouvoir payer le coût du transport, afin que leurs enfants aillent à l’école où ils avaient obtenu une place. Une fois dans le camp, je me posais des questions telles que : comment ces enfants vont-ils survivre dans notre monde ? Quel avenir les attend et quel avenir attend notre pays ?

Ils voulaient avant tout aller à l'école. Exactement comme les enfants touchés par les crises humanitaires partout dans le monde.

Les enfants privilégient l'éducation

Pour les besoins du rapport intitulé ‘Education Against the Odds’ publiée aujourd’hui par Save the Children, j’ai passé en revue les résultats des études qui interrogeaient 1 215 enfants victimes de crises humanitaires sur leurs besoins prioritaires. Les enquêtes ont été menées auprès d'enfants qui vivent dans des situations de conflits en République démocratique du Congo ; d’enfants qui luttent pour survivre à la suite du typhon Haiyan aux Philippines ; d’enfants réfugiés non accompagnés de Syrie et d'Afghanistan ; d’enfants Rohingya dans les camps de réfugiés au Bangladesh ; et d’enfants déplacés dans leur propre pays à la suite des combats en Éthiopie et au Soudan du Sud.

Les résultats sont frappants et surprenants. Même lorsque les enfants étaient bouleversés par les situations de crise et les déplacements, près du tiers (29 %) ont répondu que l’éducation était leur priorité absolue. C’est plus du double de ceux qui ont indiqué que leur préoccupation principale concernait la nourriture (12 %), la santé (12 %) ou l’eau et l’assainissement (12 %).

Priorités des enfants en situation de crise

Le rapport montre que, une fois de plus, les enfants des régions les plus difficiles du monde veulent avant tout une chose : pouvoir aller à l’école.

Le rapport présente également des récits individuels d'enfants engagés dans cette lutte - de ceux qui vivent dans des zones de conflit ou qui sont confrontés à des catastrophes environnementales, à ceux qui sont forcés de fuir, de travailler ou de se marier, d'enfants handicapés ou vivant dans des régions éloignées. Vous pouvez découvrir leurs histoires extraites du rapport dans le diaporama ci-dessous.

* Les noms ont été changés pour protéger l'identité des enfants

Des fonds supplémentaires sont nécessaires pour soutenir l'éducation dans les situations d'urgence

Le rapport s'achève par une série de recommandations adressées aux gouvernements et à la communauté internationale, afin de concrétiser l'engagement mondial de faire en sorte que chaque enfant puisse apprendre, notamment en comblant le déficit de financement de l'éducation qui les empêche d'accéder à une éducation de qualité.

Nous savons maintenant que l’éducation est essentielle à la survie des enfants en situation d’urgence. Pourtant, nos efforts pour que les enfants en situation d'urgence puissent réellement accéder à une éducation sont limités par un manque de financement persistant. Malgré certains progrès et le leadership de bailleurs de fonds tels que l'Union européenne, l'éducation reçoit toujours moins de 2 % de l'ensemble des fonds humanitaires et l'aide au développement en faveur de l'éducation est en déclin.

Nous avons encore la possibilité de protéger les espoirs des enfants cette semaine à l’Assemblée générale des Nations Unies. Je suis ravi d'avoir l'occasion de parler de mon expérience de plaidoyer en faveur de l'éducation pour tous les garçons et toutes les filles réfugiés lors de l'événement intitulé Ne laissez personne de côté : accélérer les objectifs de développement durable grâce à une éducation de qualité organisé conjointement par le fonds Education cannot wait et la Commission sur l'éducation.

Il est essentiel que les gouvernements donateurs, les entreprises privées et les fondations augmentent de toute urgence leur financement en faveur de l'éducation dans les situations d'urgence par le biais du fonds Education cannot wait et que les gouvernements des pays partenaires du PME qui accueillent des enfants réfugiés ou déplacés les incluent dans leurs plans sectoriels de l’éducation.

Cette semaine, j'espère voir de nouveaux engagements financiers solides de la part des dirigeants mondiaux, qui changeront la vie des garçons et des filles réfugiés.

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