Les partenaires de l’éducation se retrouvent en Éthiopie pour planifier l’avenir à partir des leçons du passé
La revue sectorielle conjointe (RSC) du secteur de l’éducation en Ethiopie a récemment réuni quelque 70 participants qui se sont engagés dans un dialogue ouvert et ont partagé leurs expériences et leçons apprises pour une meilleure planification du secteur de l'éducation.
18 juillet 2019 par Nooruddin Shah, Global Partnership for Education Secretariat et Carolina Valenzuela, Global Partnership for Education|
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La revue sectorielle conjointe de l'Ethiopie a réuni quelque 70 participants qui ont partagé expériences et leçons apprises pour une meilleure planification du secteur de l'éducation.
CREDIT: GPE/Kelley Lynch

La revue sectorielle conjointe (RSC) du secteur de l’éducation en Ethiopie a récemment réuni quelque 70 participants, dont le ministre de l'éducation du pays, M. Tilaye Gete, ainsi que des ministres d'État, des ambassadeurs, des représentants d’agences de développement, d’organisations de la société civile et des membres du groupe local des partenaires de l'éducation. Son but : examiner et évaluer la situation du secteur de l'éducation dans le pays.

La réunion a porté sur deux éléments clés à savoir : la réflexion sur les défis et les progrès réalisés à ce jour, tels que présentés dans l'examen à mi-parcours de l’actuel plan sectoriel de l'éducation d’une part, et le projet de feuille de route pour l'éducation et la formation à l’horizon 2030, encore en cours d'élaboration, qui propose une série de réformes pour transformer le système éducatif du pays.

Étant donné que l’Éthiopie n’a pas mené de RSC depuis 2016, celle-ci a été une occasion pour toutes les parties prenantes d’engager un dialogue ouvert et de partager leurs expériences et leçons apprises jusqu’ici, afin d’informer la planification future. Mme Sai Väyrynen, coprésidente du groupe de travail technique sur l’éducation de l’Éthiopie (ETWG), qui a réuni les partenaires autour des priorités du secteur, a renforcé l’attention portée à la réunion.

Dr. Sai Väyrynen, coprésidente du groupe de travail technique sur l’éducation de l’Éthiopie (ETWG), lors de son allocution d'ouverture. Crédit: PME/Kelley Lynch
Dr. Sai Väyrynen, coprésidente du groupe de travail technique sur l’éducation de l’Éthiopie (ETWG), lors de son allocution d'ouverture.
CREDIT: GPE/Kelley Lynch
« Les institutions éducatives ne sont pas des organisations dans lesquelles l’on apprend, et elles devraient l’être. L’apprentissage ne se réfère pas seulement aux élèves et étudiants, mais aussi au personnel - enseignants, chercheurs, administrateurs, chargés de cours, professeurs et coordinateurs. Si les organisations n’apprennent rien, il est peu probable que des changements se produisent. Aujourd'hui, nous sommes ici pour apprendre et réfléchir de manière critique sur le passé et l'avenir. Comprendre le passé est beaucoup plus facile que d’imaginer le futur. »

La ministre de l'Éducation a ensuite souhaité la bienvenue aux participants et passé en revue les principales réalisations et les principaux défis décrits dans la feuille de route de l'éducation pour 2030, tels que :

  • L’augmentation du nombre d'écoles primaires de près de 12 000 en 2001/2002 à 38 000 en 2017/2018.
  • L’augmentation du taux net de scolarisation dans le primaire de 54 % en 2002/2003 à plus de 94 % en 2014/2015.
  • L’augmentation de l'indice de parité hommes-femmes de 0,7 en 1999/2000 à 0,93 en 2014/2015.
  • L’élaboration d’un cadre politique national pour la protection et l’éducation de la petite enfance et le lancement des programmes de formation des enseignants à l’éducation et la protection de la petite enfance (EPPE).
  • L’augmentation du nombre d’écoles secondaires de 278 à 3 500 au cours des 20 dernières années.

En dépit de ces grandes réalisations, plusieurs problèmes ont également été mis en lumière, notamment les taux d'abandons scolaires élevés, les faibles taux d’obtention de diplômes, les faibles taux d’inscription des groupes défavorisés (incluant notamment les enfants handicapés) dans l'enseignement primaire, les résultats d'apprentissage médiocres, l’absence de programme national normalisé. Parmi les recommandations visant à relever ces défis figurent l’amélioration des compétences des enseignants, la garantie d’un enseignement primaire gratuit et obligatoire, et la création d’un environnement sûr pour les enfants scolarisés.

Le Dr Tilaye Gete, Ministre éthiopien de l’Éducation, s’adressant aux participants de la revue sectorielle conjointe. Crédit: PME/Kelley Lynch
Le Dr Tilaye Gete, Ministre éthiopien de l’Éducation, s’adressant aux participants de la revue sectorielle conjointe.
CREDIT: PME/Kelley Lynch

Un dialogue fructueux entre partenaires

Les participants à la RSC ont été divisés en groupes pour partager leurs réflexions sur la stratégie et réfléchir à la manière dont le gouvernement éthiopien peut améliorer davantage sa collaboration avec les partenaires de développement, afin d'obtenir de meilleurs résultats en matière d'éducation.

Les participants ont été profondément engagés dans le dialogue et ont formulé plusieurs idées et recommandations. Ils ont notamment estimé que :

  • La feuille de route de l'éducation pour 2030 est très ambitieuse et définit de nombreuses priorités. Donner la priorité à certaines interventions pourrait rendre la stratégie plus ciblée et réalisable ;
  • Il serait utile de préciser davantage en quoi les réalisations et les défis du passé ont éclairé les décisions et les réformes proposées ;
  • Les OSC devraient être plus activement engagées pour mieux soutenir la feuille de route de l'éducation à l'horizon 2030.

Plus d'enfants scolarisés certes, mais faudrait élargir l'accès à l’EPPE et à l’enseignement secondaire

La revue à mi-parcours a analysé les progrès réalisés au cours des trois premières années de la mise en œuvre du plan sectoriel de l’éducation. Il a permis d'identifier les principales réalisations et difficultés empêchant les progrès en matière de qualité, d'accès, d'équité et d'efficacité, ainsi que de présenter des recommandations pour surmonter ces obstacles.

L’examen à mi-parcours s’appuyait sur des recherches quantitatives et qualitatives approfondies utilisant les données du SIGE, des rapports d’application des projets GEQIP I et II[1], des rapports officiels annuels et biannuels, des conclusions de groupes de discussion, ainsi que des rapports de partenaires de développement du secteur de l’éducation, entre autres.

M. Elias Wakjira, Directeur de la planification et de la mobilisation des ressources au Ministère de l’éducation, a présenté le rapport de l’examen à mi-parcours. Les principales réalisations soulignées sont les suivantes :

  • 15 millions de nouveaux élèves dans l'enseignement primaire, ce qui montre l'engagement du gouvernement à élargir les possibilités en matière d'éducation.
  • Les taux d'abandon scolaire par les enfants des niveaux 1 à 8 ont diminué et sont passés à moins de 10 % en trois ans.
  • L'accès à l'enseignement secondaire a connu une amélioration significative, passant de 25 % à 47,5 % entre 2014 et 2017.

S'agissant des défis à relever dans un proche avenir, plusieurs ont été mentionnés, notamment que les progrès en matière d’EPPE étaient à la traîne par rapport aux autres secteurs. Il est également nécessaire de continuer à construire de nouveaux établissements d’enseignement secondaire pour répondre à la demande croissante et répondre aux besoins des élèves déplacés internes, des réfugiés et des enfants sans domicile.

Plusieurs recommandations ont été discutées, telles que le lancement de programmes de sensibilisation sur l’importance de l’EPPE à l’attention des parents et de la communauté ; l’amélioration de l’éducation dans les situations d’urgence ; et la construction de nouveaux établissements d’enseignement secondaire dans tout le pays.

Les commentaires recueillis auprès des parties prenantes lors de la réunion seront utilisés pour éclairer la préparation du prochain plan sectoriel de l’éducation et du plan de travail annuel. Il sera également utilisé pour examiner les stratégies et les politiques actuelles en matière d’éducation, afin d’obtenir de meilleurs résultats. En outre, un rapport contenant les principales conclusions et recommandations sera rédigé à la suite de l’issue de cette revue sectorielle.

Les participants partagent leurs réflexions sur la revue sectorielle

Plusieurs participants ont expliqué à quel point les RSC constituaient un forum important pour améliorer le dialogue entre les partenaires et le gouvernement, ainsi que pour examiner les progrès et planifier l'avenir :
 

Le soutien du PME à l’Éthiopie

Des financements du PME accordés à l'Éthiopie pour un montant total de 368 millions de dollars ont permis de soutenir les réformes visant à améliorer la qualité de l'enseignement et de l'apprentissage dans environ 40 000 écoles à travers le pays. Les fonds du PME contribuent au Programme d’amélioration de la qualité de l’enseignement général (GEQIP), un fonds commun créé en 2008 avec le soutien du PME, aux côtés de l’IDA, du DFID, de la Finlande, de l’Italie, de la Norvège, de l’UNICEF et de l’USAID, afin de mieux s’aligner sur les priorités du pays en matière d’éducation.

  1. Le GEQIP est un fonds commun financé par le PME, l'IDA, le DfID, la Finlande, l'Italie, la Norvège, l'UNICEF et l'USAID. Il vise notamment à améliorer la qualité de l’enseignement dans toutes les écoles du pays
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Commentaires

BONJOUR EST IL POSSIBLE DE JOINDRE VOS EQUIPES AFIN DE PARTAGER NOS EXPERIENCES MAROCAINES DANS LA GOUVERNANCE DU SYSTEME EDUCATIF?????

Bonsoir, Je vous prie de vouloir vous souvenir de planifier en faveur des enfants en situation de handicap qui sont exclus de plusieurs interventions humanitaires en rapport avec l'éducation en Afrique et en République Démocratique du Congo en particulier.

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