Tenir compte du multilinguisme et de la diversité dans les salles de classe pour mieux intégrer les enfants réfugiés et migrants
La journée internationale de l'alphabétisation célébrée ce 8 septembre est l’occasion de questionner les progrès accomplis vers la réalisation de l'Objectif de développement durable (ODD) 4 et d'évaluer les difficultés qui continuent d’empêcher certains enfants, jeunes et adultes d’apprendre à lire et écrire.
8 septembre 2019 par Anja Nielsen, UNICEF UK|
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Des élèves dans leur classe dans le camp de réfugiés de Kakuma au Kenya en octobre 2017. Le projet PRIEDE financé par le PME a distribué des manuels par le biais du HCR aux réfugiés et aux enfants déplacés du camp.
CREDIT: HCR/Samuel Otieno

La diversité linguistique est à célébrer. Pourtant, pour de nombreux enfants migrants, réfugiés et demandeurs d'asile, les défis linguistiques constituent de gros obstacles à l'éducation. En effet, 66 % des réfugiés (en anglais) se retrouvent dans de nouvelles communautés où les langues officielles ne sont pas celles parlées dans leur pays d'origine. Sans la clé de l'alphabétisation, les portes de l'avenir restent fermées pour de nombreux enfants.

La journée internationale de l'alphabétisation célébrée aujourd'hui est une occasion de réfléchir aux progrès accomplis dans la réalisation de l'Objectif de développement durable (ODD) 4 et d'évaluer les difficultés qui subsistent pour faire en sorte que tous les enfants, jeunes et adultes puissent lire et écrire.

Il s’agit précisément d’examiner l’objectif 4.6, qui prévoit de « veiller à ce que tous les jeunes et une proportion considérable d’adultes, hommes et femmes, sachent lire, écrire et compter » d'ici 2030.

Les enfants réfugiés et migrants rencontrent des difficultés dans leurs salles de classe

Le thème de cette année célèbre l’alphabétisation et le multilinguisme, encourage la « diversité linguistique dans l’éducation » et le rôle que cela peut jouer dans la réalisation des ODD.

La diversité linguistique, tout comme la diversité en général, doit être célébrée et encouragée, en particulier pour les enfants en mouvement. Cependant, cette diversité manque trop souvent du soutien nécessaire pour être concrétisée en opportunité.

Au Royaume-Uni, l’UNICEF a identifié les compétences linguistiques en anglais comme un défi majeur pour que les enfants et les jeunes réfugiés puissent s'épanouir dans l'éducation, en recommandant notamment une augmentation du nombre d'heures de cours d'anglais pour les locuteurs d'autres langues, fournis par le gouvernement central. En Grèce, l'UNICEF a signalé que la langue était l'une des principales raisons de l'absentéisme scolaire des réfugiés.

Le Rapport mondial de suivi sur l'éducation (RMSE) 2019 de l'UNESCO, intitulé Migration, déplacements et éducation : construire des ponts, pas des murs présente également plusieurs exemples de défis rencontrés par les réfugiés et les migrants liés à la langue. En Afrique du Sud, les problèmes linguistiques ont été cités parmi les raisons pour lesquelles les réfugiés hésitaient à entamer des conversations. Des problèmes de langage et de compréhension peuvent également expliquer pourquoi les enfants immigrés sont surreprésentés parmi les groupes les moins performants, ce qui les conduit parfois à être séparés de leurs pairs.

Les barrières linguistiques peuvent également poser des problèmes d'accès à l'information et à diverses opportunités. Les informations relatives à l'éducation ou à d'autres services peuvent ne pas être disponibles dans une langue accessible, ce qui signifie que les enfants restent exclus de l'aide dont ils ont besoin. Ces problèmes linguistiques doivent être surmontés pour que l'analphabétisme dans la langue de la communauté d'accueil ne soit pas un obstacle à l'éducation des enfants en déplacement.

Améliorer les vies grâce à l'éducation

Faire en sorte que les enfants réfugiés soient scolarisés est important, non seulement pour leur propre bien, mais également pour les communautés d'accueil. En termes simples, les systèmes éducatifs peuvent s’améliorer grâce à la diversité. Comme l'a noté l'OCDE, « les systèmes d'éducation et de formation peuvent jouer un rôle essentiel en aidant les pays à tirer le meilleur parti des avantages de la migration ». En reconnaissant les compétences et les réalisations déjà acquises par les jeunes dans leur pays d'origine et en les renforçant, l'éducation soutient davantage le développement et les opportunités économiques des jeunes et de leurs familles.

L'intégration des enfants réfugiés et migrants dans les écoles renforce la cohésion communautaire et sociale. Comme le note l’UNESCO, « les compétences en littératie soutiennent la communication sociale et interculturelle et le bien-être social, physique et économique des immigrants et des réfugiés ».

La diversité linguistique dans les salles de classe peut également susciter un intérêt pour différentes cultures et langues. Des enseignements tirés du cas de l'Allemagne dans le RMSE 2019 indiquent que l'augmentation du nombre de réfugiés syriens et irakiens a suscité un intérêt accru pour les cours de langue arabe. Les enfants en mouvement ont également parlé de manière positive d'apprendre de nouvelles langues et cultures dans un sondage mené en 2018 par le programme U-Report de l'UNICEF.

L'éducation des enfants en déplacement est un facteur extrêmement important, à la fois pour leur intégration et pour soutenir leurs communautés d'accueil.

Comme les flux migratoires devraient augmenter au cours des prochaines années du fait des changements climatiques, l'inclusion des enfants migrants dans les plans sectoriels nationaux de l'éducation restera une priorité absolue.

La communauté internationale se concentre parfois un peu trop sur les défis liés à l'éducation des enfants réfugiés et migrants, oubliant qu'ils ont aussi tant à apporter à leur pays d’accueil.

La diversité linguistique doit être célébrée et considérée comme une opportunité essentielle pour tous les apprenants - un avantage et non un problème lié aux migrations.

A l’approche du Forum mondial sur les réfugiés qui se tiendra en décembre il est grand temps de célébrer la migration et les nombreuses possibilités qu’elle offre. Nous pouvons et devons tous apprendre les uns des autres dans le langage de l'humanité.

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