Un rêve reporté : Mariam peut enfin devenir enseignante

Zoom sur l'égalité des sexes En Mauritanie, Mariam Mohamed Vall a dû mettre de côté son rêve de devenir enseignante pour s’occuper de sa famille. Maintenant, non seulement elle est en train de réaliser son rêve, mais elle reçoit la formation dont elle a besoin pour aider son pays a améliorer les résultats d'apprentissage des élèves.

28 mars 2018 par Secrétariat du PME
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Lecture : 6 minutes
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Mariam Mohamed Vall, 32 ans, étudiante en troisième année à l'Ecole Normale des Instituteurs de Nouakchott assise à la bibliothèque. Crédit: GPE/Kelley Lynch
Mariam Mohamed Vall, 32 ans, étudiante en troisième année à l'Ecole Normale des Instituteurs de Nouakchott assise à la bibliothèque.

Mariam Mohamed Vall, 32 ans, a toujours voulu devenir enseignante. Excellente élève dans le cycle secondaire, elle a tenté l'examen d'entrée à l'institut de formation des maîtres.

Mais ses difficultés en français l’ont empêchée de réussir. Elle a décidé de faire des études de droit à l’université. Au bout de deux ans d’études universitaires, sa vie a pris une tournure imprévue. « Ma mère vivait dans une zone rurale. Elle est tombée malade et n’a pas voulu venir ici, donc j’ai dû retourner chez elle pour m'occuper d'elle. »

La persistance porte ses fruits

Cependant, chaque année, Mariam retentait l’examen d’entrée pour la formation d’enseignante et échouait.

Après le décès de sa mère, Mariam est revenue en ville, et après 12 ans d'interruption de ses études, elle a décidé de renouer avec son rêve de devenir enseignante. Elle a passé l’examen d’entrée et, cette fois, l’a réussi.

À présent étudiante en troisième et dernière année à l’ENI-NKTT (École normale des Instituteurs de Nouakchott), le plus ancien et le plus grand institut de formation des maîtres de Mauritanie. Ouvert juste après l’indépendance de la Mauritanie en 1962, c’est l’un de seulement quatre instituts de formation pour les enseignants du primaire dans tout le pays.

Après des années de résultats d’apprentissage pas assez élevés, le gouvernement de Mauritanie savait qu’il fallait faire un changement.

Le soutien du GPE à la formation des enseignants

Avec un financement de 12,4 millions de dollars, le GPE œuvre aux côtés du gouvernement mauritanien pour améliorer la qualité de l’enseignement dans les écoles primaires, en particulier an améliorant la qualité de la formation des maitres.

Les interventions comprennent entre autres : la formation des enseignants aux techniques d’évaluation, l’enseignement des langues, la formation des chefs d’établissement à l’accueil des enseignants en formation, et la fourniture aux écoles normales de livres et matériels pédagogiques de référence.

Mariam participe à un programme de formation sur trois qui a été mis à jour. La première année comprend l’étude des langues (le français et l’arabe), les mathématiques et les matières scientifiques, parce que, selon Mohammed Ould Khalil, le directeur de l’ENI-NKTT, « ce sont trois matières qui sont fondamentales à l’enseignement primaire. »

La deuxième année, les étudiants approfondissent ces matières, et d’autres sont ajoutées, comme la religion, l’histoire, la géographie et la pédagogie. Enfin la troisième année, trois autres matières s’ajoutent : l’éducation physique, la technologie et le dessin, et la musique.

De la théorie à la pratique en classe

Maintenant en 3ème année, Mariam enseigne dans la classe de son fils à l’école primaire locale. Épouse et mère de quatre enfants, elle a un emploi du temps bien rempli.

« Je me lève à 5h ou 5h30. Après mes prières, je prépare mes affaires et je réveille mon fils aîné. Je lui prépare le petit-déjeuner et on s’habille pour quitter la maison à 7h. On prend un taxi, car on habite loin. Il va à l’école primaire (École Annexe). Pour nous deux, l’école commence à 8h et finit à 14h. Ensuite, nous prenons le taxi pour rentrer à la maison. Nous déjeunons, et puis je fais une sieste. Quand je me réveille, j’étudie, souvent jusqu’au soir. Avoir une famille ne me dérange pas vraiment. Ils m’aident. Ils comprennent que je suis étudiante et que j’ai besoin d'étudier. »

Regardez les photos ci-dessous pour en savoir plus sur l’histoire de Mariam.

Mariam et son fils sur le chemin de l'école. En tant que mère qui travaille, elle dit: « Les deux vont ensemble. Vous avez des enfants et vous devez les aider à grandir, vous devez les éduquer. En tant qu’enseignante, nous pouvons mener des activités ensemble. Et maintenant, surtout parce que nous sommes dans des écoles qui sont à côté les uns des autres, nous pouvons nous réunir et nous avons les mêmes vacances. C'est très important pour moi. »
« J'ai remarqué que dans les familles où les mères sont éduquées, les enfants sont mieux éduqués et se comportent mieux que dans les familles où la maman ne l’est pas. »
« Je suis si heureuse que de plus en plus de filles soient éduquées. D’après mon expérience, les femmes obtiennent de meilleurs résultats que les hommes lorsqu’ils se retrouvent à exercer les mêmes emplois. Elles sont très focalisées sur ce qu’elles font. Elles ne trichent pas, arrivent à l'heure et travaillent dur. »
« Il y a une chose que j'aurais souhaité : c’est que les filles soient enseignées par des enseignantes et des garçons par des hommes. Je pense que les filles pourraient avoir une meilleure éducation avec des femmes comme enseignantes parce que les femmes les comprennent mieux. Elles peuvent discuter avec elles de certaines choses dont elles ne peuvent pas discuter avec les hommes - et vice versa en ce qui concerne les garçons. »
« Dans une famille où la mère est éduquée, les enfants reçoivent de l’aide pour leurs devoirs. Leurs mères peuvent leur expliquer les leçons. Mais que se passe-t-il quand les enfants vont à l'école mais que dans la famille, la mère n'est pas éduquée ? Quand ils reviennent, elle ne peut pas voir ce qu'ils ont fait à l'école, elle ne peut pas mesurer leurs progrès et les soutenir dans leurs devoirs quand ils ont des difficultés. Donc, être enseignante, c'est vraiment être une mère. »
Mohammed Ali Ould Amar, le directeur de l'école primaire où Mariam achève sa formation affirme : « Avoir des enseignants stagiaires ici pousse les enseignants professionnels à s’améliorer, à faire de meilleures leçons et à mieux suivre les enfants. Ils enrichissent les méthodes d'enseignement parce qu'ils apportent de nouvelles méthodes et de nouvelles approches pédagogiques. »

Mohamed Boubacar Ould Khattary, directeur du ENI-NKTT, conclut :

« Nous tenons à remercier le GPE pour tout ce qu’il a fait pour nous aider à former nos enseignants et à offrir un enseignement de meilleure qualité en primaire. Ce programme nous a aidés à équiper les écoles de plusieurs instruments et programmes qui visent tous l'amélioration de la qualité de l'enseignement. Cela a eu un impact positif sur les résultats des enseignants que nous avons formés. »

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Education is a foundation for the development of a nation and a person! Education plays a vital role in the life of a human being! Statistics have shown that a well educated parent, his children are more likely to be educated too! And it becomes a continuity from generation to generation! I really appreciated your actions towards human beings! May God bless you Mr Moreau KOHOUNDE young junior statistician and Econometer

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