Un nouveau fonds lancé en riposte à la crise mondiale de l’éducation

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logo du fonds Education Cannot Wait fund

Grâce au fonds Education Cannot Wait, 13,6 millions d’enfants et de jeunes vivant dans des situations d’urgence ou de crise prolongée pourront avoir accès à une éducation de qualité sur les cinq prochaines années

ISTANBUL, 23 mai 2016 – Un groupe d’organismes mondiaux et nationaux lance aujourd’hui un nouveau fonds destiné à mieux coordonner les aides et encourager les investissements dans l’éducation au profit des enfants et des jeunes touchés par des urgences humanitaires ou des crises prolongées.

Aujourd’hui, un enfant d’âge scolaire sur quatre dans le monde – soit près d’un demi-million – vit dans un pays touché par des crises. Sur ce nombre, environ 75 millions sont d’ores et déjà privés d’éducation, ou bien reçoivent une instruction de qualité médiocre ou risquent d’arrêter l’école purement et simplement.

Le fonds Education Cannot Wait (l’éducation n’attend pas) pour l’éducation  dans les situations d’urgence, dont la création a été annoncée durant le Sommet humanitaire mondial à Istanbul, vise à faire bénéficier d’une éducation de qualité plus de 13,6 millions d’enfants et de jeunes vivant dans des situations de crise, qu’il s’agisse de conflits, de catastrophes naturelles ou d’épidémies, sur les cinq prochaines années, et 75 millions d’enfants et de jeunes en ayant cruellement besoin d’ici 2030.

Dubai Cares, l’Union européenne, les Pays Bas, la Norvège, le ministère du Développement international du Royaume-Uni et le gouvernement des Etats-Unis ont tous annoncé des contributions financières pour abonder ce nouveau fonds.

Aux quatre coins du monde, des conflits armés violents, des catastrophes naturelles ou des urgences sanitaires mettent en pièces les systèmes éducatifs, volant aux enfants les compétences dont ils auront besoin, une fois adultes, pour bâtir des communautés et des économies solides et assurant leur sécurité.

En moyenne, moins de 2 % de l’aide humanitaire sont injectés dans l’éducation. En outre, il est impossible de construire des systèmes éducatifs outillés pour faire face à des crises prolongées lorsque l’on ne peut compter que sur des ressources de court terme – et imprévisibles. Le fonds Education Cannot Wait, qui table sur 3,85 milliards de dollars de financements sur cinq ans, a pour vocation de combler le vide entre les interventions humanitaires en temps de crise et les actions de développement à long terme qui leur succèdent en procurant des financements prévisibles.

« Il est urgent de veiller à ce que les enfants qui sont forcés à devenir des réfugiés ne soient pas privés d'éducation. Education Cannot Wait peut nous aider à développer  les outils dont nous avons besoin pour leur fournir cette éducation, et offre la promesse de débloquer de nouvelles sources de financement ", a déclaré Gayle Smith, Administrateur de l'Agence américaine pour le développement international.

« Aujourd’hui, 37 millions d’enfants vivant dans des contextes de conflit ou de crise ne sont pas scolarisés. Le manque d’instruction de cette génération sacrifiée ne présage rien de bon pour leur avenir, ni pour la paix et la stabilité. Leur éducation ne peut pas attendre, alors n’attendons pas pour apporter notre aide », a déclaré Justine Greening, secrétaire d’État britannique au Développement international. « Le Royaume-Uni est en première ligne pour riposter à ce problème mondial. Nous avons mis sur pied avec l’UNICEF le programme No Lost Generation (pas de génération perdue) pour dispenser une éducation aux enfants réfugiés syriens, mais ils ne représentent qu’une petite partie des millions d’enfants touchés sur la planète. C’est pourquoi le Royaume-Uni s’est engagé à appuyer l’initiative Education Cannot Wait à hauteur de 30 millions de livres sterling. Le Royaume-Uni souhaite voir la communauté internationale redoubler d’efforts pour que chaque enfant ait accès aux études dont il a besoin pour se construire un avenir meilleur. »

Pour Gordon Brown, Envoyé spécial des Nations Unies pour l’éducation mondiale : « Le nombre d’enfants touchés est tel qu’il y a maintenant urgence. La privation d’études dont tous ces jeunes sont victimes est en train de devenir une véritable crise internationale qui va peser sur le monde pendant des générations ».

« Le nouveau fonds permettra de faire la soudure entre l’aide humanitaire et le développement à long terme de manière que l’éducation des enfants ne soit pas oubliée », s’est réjouie Julia Gillard, présidente du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE). « Le GPE soutient totalement l’initiative Education Cannot Wait et fera tout pour assurer son succès, afin que les enfants puissent continuer à aller à l’école en cas de conflit, de situation d’urgence ou de crise prolongée ».

« À l’heure actuelle, 75 millions d’enfants sont privés de leur droit à l’éducation du fait de situations d’urgence humanitaire ou de crises. L’éducation est cruciale si nous voulons donner un avenir à ces enfants. Le moment de lancer le fonds Education Cannot Wait ne pouvait être mieux choisi », a ajouté Lilianne Ploumen, ministre néerlandaise du Commerce extérieur et du Développement.

« La création de ce fonds répond à un réel besoin et vient à point nommé. Nous devons intensifier nos efforts pour garantir une éducation de qualité aux enfants et aux jeunes vivant dans les zones de conflit ou de crise. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser des millions d’enfants sans instruction », a souligné le ministre norvégien des Affaires étrangères, Børge Brende.

« Les enfants n’ont pas besoin d’éducation même en situation d’urgence ; ils ont besoin d’éducation surtout en situation d’urgence », a insisté Anthony Lake, le directeur général de l’UNICEF. « Sans éducation, comment acquerront-ils les connaissances et les compétences nécessaires pour dessiner leur propre avenir – et contribuer plus tard à édifier des sociétés sous le signe de la paix et de la stabilité ? Et comment pouvons-nous espérer atteindre nos objectifs mondiaux de développement en matière d’éducation si nous ne nous préoccupons pas des enfants pris au piège de situations d’urgence humanitaire – qui représentent près de la moitié du total des enfants non scolarisés aujourd’hui ? »

 

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Pour plus d'informations, veuillez contacter :

Rose Foley UNICEF Media in Istanbul at World Humanitarian Summit, Mobile: + 917 340 2582, rfoley@unicef.org

Georgina Thompson, UNICEF New York, Tel : + 1 917 238 1559, gthompson@unicef.org

Alexandra Humme, Partenariat mondial pour l'éducation, Washington. Tel : 202 458 5511 ahumme@globalpartnership.org

 

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