Appel à l’action des chefs d’État sur le financement de l’éducation en amont du Sommet mondial sur l’éducation : campagne 2025 du GPE
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S.E Uhuru Kenyatta, Président de la République du Kenya
S.E Uhuru Kenyatta, Président de la République du Kenya

Préambule

  1. Nous, chefs d'État et de gouvernement bénéficiaires du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE), à l’approche du Sommet mondial sur l'éducation qui se tiendra à Londres les 28 et 29 juillet 2021 et qui est co-organisé par le Kenya et le Royaume-Uni, réaffirmons notre engagement à l’ODD 4, – Assurer une éducation inclusive et équitable de qualité et promouvoir des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous – et reconnaître le rôle que le Partenariat mondial pour l'éducation joue dans la réalisation de cet objectif.
  2. Nous reconnaissons que l'éducation est une base fondamentale pour atteindre tous les objectifs de développement, en particulier la santé, l'égalité des genres, la réduction de la pauvreté, la paix et la sécurité, la prospérité partagée, la résilience des économies et l’action climatique.
  3. Nous constatons avec inquiétude l'impact perturbateur de la pandémie de COVID-19 sur l'éducation, et reconnaissons que même avant la fermeture des écoles dans le monde due à la pandémie, plus de 250 millions d'enfants n'étaient toujours pas scolarisés et plus de la moitié de ceux qui l’étaient n'atteignaient pas le niveau de connaissances minimum. Nous savons en outre que la pandémie de COVID-19 a augmenté le déficit annuel de financement de l'éducation dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, qui passe de 148 milliards de dollars américains à près de 200 milliards de dollars, mettant en péril l'avenir de millions d'élèves.
  4. Nous reconnaissons la pression économique que la pandémie fait peser sur nos économies nationales et nos budgets, et nous savons que l'éducation est un élément clé de réponse et du rétablissement à long terme de l'économie. Sans réponses efficaces lors du retour des élèves à l'école, environ 10 trillions de dollars de gains au cours de la vie pourraient être perdus pour cette cohorte d'apprenants – en raison des opportunités d'apprentissage manquées dues à la fermeture des écoles et au décrochage qui en a découlé pour certains élèves.
  5. Nous savons que pour maintenir la dynamique de l'éducation générée au cours des deux dernières décennies par le biais de l’appui du GPE, et que pour assurer une éducation de qualité renforçant le capital humain et fournissant les compétences et les connaissances nécessaires pour saisir les opportunités du 21e siècle, nous devons répondre aux besoins dans leur globalité de tous les apprenants, notamment les plus vulnérables et les plus marginalisés.

Notre appel à l'action aux partenaires de développement

  1. Nous reconnaissons que le GPE est le seul partenariat et le seul fonds au monde entièrement dédié à ce que les enfants des pays à faible revenu puissent recevoir une éducation de qualité. Et nous exhortons les dirigeants du monde entier, les partenaires de développement et les bénéficiaires du GPE à être solidaires et à soutenir la campagne de reconstitution des ressources du GPE afin de réunir au moins 5 milliards de dollars pour les 5 prochaines années.
  2. Nous reconnaissons le rôle essentiel que jouent les partenaires de développement bilatéraux et multilatéraux ainsi que le secteur privé dans le renforcement des stratégies éducatives des gouvernements nationaux dans les pays bénéficiaires, et nous les exhortons à aligner leur soutien sur les plans nationaux d'éducation.
  3. Nous nous félicitons de l’appui renforcé du Conseil d'administration du FMI en faveur d'une nouvelle allocation significative de droits de tirage spéciaux (DTS) visant à répondre aux besoins de liquidités mondiaux à long terme. Nous exhortons les partenaires de développement à canaliser volontairement leurs DTS, y compris ceux de la nouvelle allocation, au profit des pays ayant besoin d’un appui en liquidités en ces temps exceptionnels, en particulier pour soutenir le financement de l'éducation. En outre, nous appelons à une action plus audacieuse et plus large en matière d'allègement et de traitement de la dette, au-delà de l'initiative de suspension du service de la dette du G20.

Notre engagement

  1. Nous reconnaissons que le financement national est et restera la forme la plus importante et la plus durable du financement de l'éducation. Il convient de noter que les pays dont les systèmes éducatifs sont performants ont alloué au moins 20 % de leurs dépenses annuelles à l'éducation, nous nous engageons à tendre vers et au-delà de 20 % au cours des 5 prochaines années. Nous affirmons que :
    • les pays qui ont consacré plus de 20 % de leurs dépenses annuelles à l'éducation continueront à montrer l'exemple et à protéger ce niveau d'investissement en maintenant les budgets de l'éducation à ce niveau.
    • les pays qui ont précédemment consacré moins de 20 % de leurs dépenses annuelles à l'éducation augmenteront progressivement leur financement au cours des cinq prochaines années pour atteindre le seuil de 20 %.
  1. Nous nous engageons à assurer l'équité dans l'accès à une éducation de qualité, et à faire en sorte que les ressources disponibles atteignent les enfants les plus marginalisés, en particulier les filles. Nous nous engageons à donner la priorité à l'équité entre les genres, avec un engagement spécifique visant à améliorer l'éducation des filles, et à augmenter les investissements en faveur de l'inclusion des enfants handicapés ou d'autres groupes historiquement exclus.
  2. Nous nous engageons à mettre davantage l'accent sur l'amélioration des résultats d'apprentissage dans nos systèmes éducatifs et à utiliser les nouvelles techniques et méthodologies qui ont été prouvées par les résultats des élèves. Nous prenons note du rôle de la technologie dans l'amélioration des résultats d'apprentissage et nous nous engageons à tirer parti de l'apprentissage assisté par la technologie pour améliorer l'équité dans l'accès à l'éducation et pour réduire la fracture numérique.
  3. Nous nous engageons en outre à garantir une utilisation efficace des ressources disponibles pour l'éducation en remédiant aux inefficacités des systèmes, notamment les taux élevés de redoublement et d'abandon scolaire, et aux inefficacités dans la gestion et la distribution des enseignants, ainsi qu’à améliorer la responsabilité et la transparence. Les économies réalisées grâce à une efficacité accrue, associées à un financement plus important contribueront au renforcement de la capacité organisationnelle de nos établissements d'enseignement et, ce faisant, à l’amélioration de la prestation des services.
  4. Nous applaudissons nos enseignants pour leur engagement et leur résilience incroyables dans le maintien de l'enseignement et de l'apprentissage pendant la pandémie. Nous nous engageons à continuer d'investir dans le renforcement de leurs capacités, en reconnaissant le rôle déterminant qu'ils jouent dans les résultats de l'apprentissage.

La voie à suivre

  1. Nous adoptons cet appel à l'action et levons nos mains en solidarité pour renforcer nos systèmes éducatifs afin d'assurer un avenir stable et prospère à nos enfants.

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Cette déclaration a été endossée par les chefs d'État et de gouvernement suivants :

S.E Uhuru Kenyatta, Président de la République du Kenya
S.E Uhuru Kenyatta, Président de la République du Kenya
Campagne 2025

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