Lettre des jeunes aux parlementaires norvégiens : vous nous avez promis des lendemains meilleurs
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Des élèves de CM2 dans une l'école publique de Vincent Town au Libéria. Crédit : GPE/Kelley Lynch

En tant qu'électeurs, défenseurs de l'éducation et jeunes du monde entier, nous écrivons cette lettre pour exprimer notre profonde inquiétude et notre profonde déception face à la Norvège qui ne tient pas sa promesse en matière d'éducation.

Lors du Sommet mondial sur l'éducation de juillet 2021, nous avons, de concert avec le monde entier, loué et applaudi la Norvège pour son leadership et son engagement en faveur de l'éducation dans le monde.

Vous avez saisi l'opportunité, unique en son genre, de participer à la transformation de l'éducation. La Norvège, en s'engageant à verser 3,7 milliards de couronnes norvégiennes au cours des cinq prochaines années au Partenariat mondial pour l'éducation, aurait contribué de manière significative à doter les enfants des outils les plus puissants dont ils ont besoin pour servir leurs communautés : des connaissances et des compétences.

Avec la promesse ambitieuse de la Norvège, la promesse de la communauté internationale d’assurer l’éducation de davantage de jeunes semblait réalisable. Elle aurait contribué à faire apprendre 175 millions de filles et de garçons.

Mais ce n'est pas tout. Investir dans le GPE dote également chacune des priorités de la politique étrangère de la Norvège d’un effet multiplicateur efficace - générant un héritage et un impact pour des générations.

Des systèmes éducatifs solides stimulent les économies, favorisent l'égalité des genres et aident à construire des sociétés plus inclusives, contribuent à améliorer la santé, la nutrition et le bien-être, et renforcent la résilience face aux chocs liés au changement climatique, aux situations de conflits et à la pandémie de COVID-19.

Toutefois, quel que soit le potentiel de l’investissement, nous ne devons pas seulement mesurer la valeur de l'éducation en termes d'opportunités, de raisonnements et de perspectives économiques. D’ailleurs, l'éducation et la scolarisation sont des droits humains inconditionnels qui n'exigent précisément rien en retour.

Aujourd'hui, nous sommes profondément déçus d'apprendre que le nouveau gouvernement norvégien prévoit de ne pas respecter les normes que le pays s’était fixé jusqu'à présent. Cette coupe budgétaire est inacceptable. Réduire les fonds destinés aux enfants des pays les plus pauvres du monde - les filles, les enfants handicapés et les plus marginalisés - est une approche erronée.

À l’heure où des millions d'enfants ne sont pas scolarisés en raison de la pandémie de COVID-19, il est temps de reconstruire en mieux, et non de fuir ses responsabilités. Ces enfants ont besoin d'une éducation pour bâtir un avenir meilleur, pour eux-mêmes, leurs familles et le futur de notre planète.

Si la Norvège ne tient pas sa promesse et la réduit de moitié, 2,4 millions d'enfants ne bénéficieront pas d'enseignants formés, 3 445 salles de classe manqueront d’être construites et 22 millions de manuels scolaires ne parviendront pas aux apprenants. Cela équivaudrait à près de la moitié de la population norvégienne.

Nous ne pouvons pas accepter une telle situation, en tant que jeunes, de la Norvège au Nigéria en passant par le Népal ou le Danemark, nous avons eu la chance de terminer nos études, ce qui a changé nos vies, ainsi que celles de nos familles et nos communautés.

Alors que la prochaine génération est confrontée aux conséquences d'un changement climatique rapide, d'une pandémie mondiale, et de la persistance de la pauvreté et de la faim dans le monde, l'éducation est essentielle pour l'aider à faire face aux crises qu’elle devra surmonter. Nous devons lui donner les outils dont elle a besoin pour changer le monde.

C'est pourquoi nous faisons appel à votre responsabilité et à votre engagement pour établir des normes et progresser. N’ôtez pas à nos frères et sœurs la clé qui leur permettrait de se réaliser et d'apporter une valeur ajoutée à leurs communautés respectives.

Tenez votre promesse envers le Partenariat mondial pour l'éducation, restez un partenaire fiable sur lequel nous pouvons compter et ne négligez pas des centaines de millions d'enfants.

Nous vous prions d'agréer, Mesdames et Messieurs les député.e.s, l'expression de notre considération distinguée.

  • Angel Warira, Kenya
  • Anthony Were, Kenya
  • Armel Azihar sly-vania, Comores
  • Ashlegh Pfunye, Zimbabwe
  • Ayesha Farah, Royaume-Uni
  • Bridget Akurut, Ouganda
  • Cynthia Nyongesa, Kenya
  • Diana Ayala, Honduras
  • Duong Phuong AnhAnh, Viêt Nam
  • Fatu Sewanatu Mansaray, Sierra Leone
  • Felize Weckner, Allemagne
  • Hiyona Otake, Japon
  • Jacob Blasius, Danemark
  • Josephine Kamara, Sierra Leone
  • Kamilla Elisabeth Engebretsen, Norvège
  • Martine Billing, Norvège
  • Maryam Rehman, Canada
  • Maryjacob Okwuosa, Nigéria
  • Mukthar Halilu Modibbo, Nigéria
  • Nivaal Rehman, Canada
  • Ola Abagun, Nigéria
  • Ruszlan Biwoino, Allemagne
  • Selina Nkoile, Kenya
  • Shradha Koirala, Népal
  • Sikemi Okunrinboye, Royaume-Uni/Nigéria
Des élèves de CM2 dans une l'école publique de Vincent Town au Libéria. Crédit : GPE/Kelley Lynch
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