Davantage de filles et de femmes dans les filières scientifiques pour libérer le potentiel socioéconomique de l’Afrique

Le 12 août, nous célébrons les jeunes et, en particulier, toutes celles et tous ceux qui s’impliquent dans des initiatives pour repenser l’éducation dans le monde à l’heure de la pandémie.

13 août 2020 par Alice Mukashyaka, Starlight
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Lecture : 4 minutes
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Les élèves discutant entre eux lors d'une séance de travail dans le cadre d'un atelier organisé par Starlight et Career Girls, à Kigali, au Rwanda.
Les élèves discutant entre eux lors d'une séance de travail dans le cadre d'un atelier organisé par Starlight et Career Girls, à Kigali, au Rwanda.
Crédit photo : Christian Rebero

La planète compte actuellement 1,8 milliard de jeunes âgés de dix à 24 ans. C'est la plus grande proportion de jeunes au sein de la population totale jamais enregistrée. Toutefois, plus de la moitié des enfants et adolescent.e.s âgé.e.s de six à 14 ans sont à peine capables de lire et d’effectuer des opérations arithmétiques de base, alors que la majorité d’entre eux va à l’école.

Cette crise mondiale de l’apprentissage est un frein potentiel à la réalisation des objectifs du Programme 2030 et de l’Agenda 2063 de l’Afrique.

« L’engagement des jeunes pour une action mondiale », thème choisi pour l’édition 2020 de la Journée internationale de la jeunesse, met en évidence la manière dont la mobilisation des jeunes à tous les niveaux, local, national et mondial, enrichit les institutions et les processus nationaux et multilatéraux. Cette journée est aussi l’occasion de réfléchir, à la lumière de l’expérience, aux solutions permettant de renforcer significativement la représentation des jeunes dans l’élaboration des politiques.

Le défi de la participation des filles aux filières scientifiques (STIM)

Le lien entre développement du capital humain, avenir du travail et science, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) est aujourd’hui un enjeu mondial qui revêt une importance particulière en Afrique. Pour l’Union africaine, ces filières constituent également un levier essentiel pour favoriser une croissance économique durable et le progrès social sur le continent. Elles figurent à ce titre dans les priorités de son Agenda 2063.

Face à l’évolution du contexte international et à la révolution des STIM, le développement centré sur l’individu, l’égalité hommes-femmes et l’autonomisation des jeunes devraient jouer un rôle clé. Pour prospérer dans cette nouvelle économie mondialisée et un monde du travail toujours plus dépendants des nouvelles technologies, le continent doit impérativement renforcer les compétences de sa population.

Une jeune fille passe en revue la planimétrie d'un bâtiment lors d'une leçon organisée par Starlight.
Une jeune fille passe en revue la planimétrie d'un bâtiment lors d'une leçon organisée par Starlight.
Crédit photo : Alice Mukashyaka

Dans de nombreux pays en développement, les normes sociales et les valeurs culturelles traditionnelles constituent les principaux obstacles à l’inscription des femmes et des filles dans les filières STIM. Les pratiques sociétales dissuadent souvent les filles de se lancer dans ces études, considérées comme la chasse gardée des garçons et des hommes.

Des perceptions confortées par le nombre restreint de femmes qui parviennent à s’imposer dans ces domaines et qui pourraient plaider pour l’éducation scientifique des filles et accompagner celles qui optent pour ces filières.

De fait, selon le Rapport mondial 2016 sur la parité entre hommes et femmes du Forum économique mondial, les femmes continuent d’être sous-représentées parmi les diplômés des filières STIM, où l’écart entre les hommes et les femmes s’élève à 47 %, avec 30 % d’hommes diplômés pour seulement 16 % de femmes.

Pour inciter les filles à s’inscrire dans des filières STIM, il faut notamment les aider à surmonter leurs appréhensions et à avoir confiance dans leurs capacités. Les systèmes éducatifs doivent améliorer les services d’information et d’orientation professionnelles et promouvoir des figures susceptibles de servir de modèle, afin qu’elles puissent choisir leur voie en toute sérénité.

Souvent, les filles décident d’embrasser une carrière scientifique pendant leurs études secondaires. Mais, une fois à l’université, il devient trop tard pour s'attaquer au problème de leur participation au marché du travail après leurs études. Des actions doivent être menées en amont, à la fois pour les encourager dans cette direction et pour mettre en avant l’intérêt de ces métiers.

Stimuler l’intérêt des filles pour les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (STIM)

« Tout le monde naît scientifique. Chaque enfant éprouve ce sentiment d’émerveillement et d’admiration typique des scientifiques. Le problème, c’est de conserver cet état d’esprit à l’âge adulte ! »

Carl Edward Sagan, astronome américain

Malgré la hausse attendue des investissements dans les technologies de l’information et de la communication (TIC), l’enseignement de la science, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques dans les établissements d’enseignement primaire et secondaire ne privilégie pas les aspects pratiques d’une part, et n’est pas centré sur la résolution de problèmes concrets d’autre part (en dépit des preuves de l’efficacité de ces approches pour rendre les études scientifiques plus attrayantes).

Pour 49 % des élèves de moins de 14 ans, l’apprentissage ces matières (STIM) se limite à la lecture de manuels en classe et à la mémorisation de notions scientifiques. Il n’est jamais question d’approches interactives orientées vers les besoins de l’industrie. Toutefois, des jeunes commencent à se saisir du problème, en proposant des solutions novatrices.

Le gouvernement du Rwanda a pour ambition de faire du pays un pôle technologique régional. Dans cette optique, il a mis en œuvre un plan stratégique pour le secteur des TIC pour la période 2018-2024, qui a attiré des investissements étrangers. Dans la lignée des objectifs définis, des structures comme Starlight apportent leurs contributions pour transformer cette nation agricole en une économie du savoir.

Cette organisation, dirigée par des jeunes et s’adressant aux femmes et aux filles, s’est attelée aux inégalités entre les sexes dans les filières relevant des STIM. Elle a mis au point un programme d’apprentissage global, axé sur le développement de carrières, la mise en avant de modèles de réussite, les compétences pour la vie et les projets pratiques, à l’image de kits solaires conçus pour familiariser les élèves à différents principes scientifiques, de manière ludique et interactive. Le processus est pensé pour stimuler la créativité et l’imagination des élèves, et susciter leur intérêt pour ces matières fondamentales.

Alice lors d'un atelier organisé à Kigali par l'African Leadership University.
Alice lors d'un atelier organisé à Kigali par l'African Leadership University.
Crédit photo : Nadine Bananeza

La présence de femmes dans les filières des STIM est un impératif

Pour avoir toutes leurs chances sur le marché du travail, les jeunes doivent acquérir des compétences pratiques dès le cursus élémentaire et secondaire. Ils doivent maîtriser les outils numériques mais également bénéficier d’une éducation et d’une formation techniques et professionnelles qui leur donneront les moyens de s’adapter à une économie en constante évolution et aux attentes de demain.

Résolution de problèmes, pensée critique, créativité, communication, gestion du temps et connaissances financières sont autant de compétences à maîtriser impérativement pour tracer sa voie dans ce 21e siècle.

Contrairement aux garçons et aux hommes, les filles et les femmes tendent à accorder plus de valeur au capital social. C’est particulièrement vrai dans les pays en développement, où elles entretiennent des rapports authentiques avec les membres de leur communauté, ce qui leur permet de percevoir clairement les problèmes les plus aigus. Un capital social mieux valorisé, conjugué à un souci de la justice sociale, une éducation en rapport les STIM et l’entrepreneuriat social sont autant d’éléments susceptibles d’accroître le bien-être dans la société.

Plus il y aura de femmes à même de résoudre les problèmes et d’induire des changements, plus les maigres ressources disponibles pourront mieux être redistribuées au sein de la collectivité. Dans un monde imprégné de technologie, la juste répartition des ressources pour résoudre les problèmes qui méritent de l’être devient un enjeu primordial. Le moment est venu de libérer le potentiel scientifique des filles et des femmes !

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Égalité des genres, TIC
Afrique sub-saharienne: Rwanda

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