4 ambassadrices de l'éducation des filles et des femmes en Afrique pendant la pandémie de COVID-19

À la suite de la Journée internationale de la femme, nous célébrons quatre femmes africaines qui mènent le combat pour que les filles et les femmes continuent à apprendre pendant et après la pandémie.

16 mars 2021 par Rita Bissoonauth, African Union International Center for Girls and Women’s Education in Africa, et Anoziva Marindire, African Union International Center for Girls and Women’s Education in Africa
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De gauche à droite : Prof. Sarah Agbor, Ann Nassanga, Catherine Nakabugo et Mebi Djam Espoir Achi.
De gauche à droite : Prof. Sarah Agbor, Ann Nassanga, Catherine Nakabugo et Mebi Djam Espoir Achi.

Au plus fort de la pandémie de COVID-19 en Afrique, 53 États membres de l'Union africaine (UA) ont fermé tous leurs établissements d'enseignement pour enrayer la propagation du virus. Cette mesure a touché plus de 250 millions d'élèves (en anglais) en Afrique subsaharienne, dont plus de la moitié étaient des filles.

Malgré la mise en place d'espaces d'apprentissage continu dans les États membres, des preuves montrent que les filles ont éprouvé des difficultés à accéder à ces structures d'apprentissage à distance dans le contexte de cette crise sanitaire ; et ont été davantage exposées aux mariages et aux grossesses précoces.

On estime que plus d'un million de filles en Afrique subsaharienne pourraient être exclues de l'école en raison de politiques et de pratiques qui interdisent aux filles enceintes et aux jeunes mères d'assister aux cours, selon une note (en anglais) publiée en février 2021 par l'Observatoire du partage de connaissances et d'innovations (KIX) du GPE sur les réponses à la COVID-19 dans les systèmes éducatifs africains.

En septembre 2020, le Centre international de l’Union africaine pour l’éducation des filles et des femmes en Afrique (UA/CIEFFA) a lancé une campagne visant à rallier les États membres de l'UA et les principales parties prenantes du secteur de l'éducation pour qu'ils prennent des mesures afin de garantir la continuité pédagogique des filles pendant la pandémie et leur retour à l'école après.

La campagne a recueilli les réponses des acteurs de l'éducation et des jeunes à travers l'Afrique, qui ont pris des engagements pour agir dans leurs communautés et leurs domaines d'influence, afin de veiller à ce que les filles retournent à l'école.

La campagne #AfricaEducatesHer a également été mise en avant lors du 5e dialogue de haut niveau sur le genre et l'éducation en février 2021, avec la participation des jeunes champions de l'UA-CIEFFA, de l'artiste Youssou N'dour et de la Secrétaire de Cabinet en charge du genre au Kenya, qui s'exprimait au nom du Président Uhuru Kenyatta.

Organisé conjointement avec le Partenariat mondial pour l'éducation (GPE), la Norvège, l'UNICEF, l'UNESCO et Save the Children, cet événement a été l'occasion d’aborder la question des financements intérieurs et extérieurs, ainsi que celle des investissements nécessaires pour permettre aux filles de retourner à l'école et de poursuivre leur apprentissage dans le cadre de la reprise post-COVID.

À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes dont le thème était « Leadership féminin : pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19 », nous célébrons quatre femmes africaines qui ont agi et travaillé avec acharnement pour que les filles et les femmes continuent à apprendre pendant et après la pandémie.

Prof. Sarah Agbor, commissaire à l'éducation, à la science, à la technologie et à l'innovation de l’UA

Prof. Sarah Agbor, AU’s Commissioner of Education, Science, Technology, and Innovation

La professeure Agbor est la commissaire de l'UA chargée des ressources humaines, de la science et de la technologie (HRST) et elle plaide sans relâche pour l'autonomisation des filles et des femmes par le biais de l'éducation. Sous sa direction, le département HRST est devenu une des voix les plus écoutées au sein de la Commission, faisant campagne pour le droit des filles et des femmes à l'éducation pendant et après la pandémie de COVID-19. Lorsque l'UA/CIEFFA a lancé la campagne #AfricaEducatesHer (en anglais), elle a été l'une des premières cheffes de file de l'UA à appeler les pays africains à se joindre à la campagne et à promouvoir des politiques qui permettraient aux filles de continuer à apprendre pendant et après la fermeture des écoles.

Afrie, artiste qui a été primée

Ann Nassanga

Ann Nassanga, dont le nom de scène est « Afrie », est une chanteuse, pianiste et réalisatrice ougandaise de 26 ans qui plaide en faveur de l'éducation des filles et des femmes. En tant qu’ambassadrice de l'UA/CIEFFA, elle utilise la musique et le cinéma comme des outils pour sensibiliser les jeunes femmes et les jeunes filles sur l'importance de l'éducation, en mettant l'accent sur la culture numérique. Elle a écrit la chanson thème de la campagne #AfricaEducatesHer intitulée « Let Her Know (I am an African girl) », dans laquelle elle encourage les filles du continent à aller à l'école. Par le biais d'Afriedom, un groupe de femmes cinéastes et artistes, elle forme les jeunes filles à la narration numérique et à la réalisation de films, afin qu'elles puissent faire entendre leur voix et raconter leurs histoires. La voix poignante d'Afrie a été l'hymne du 5e dialogue de haut niveau sur le genre organisé par l'UA-CIEFFA.

Mebi Djam Espoir Achi, militante pour l'éducation des filles

Mebi Djam Espoir Achi

Espoir est une militante récompensée pour son travail en faveur de l'autonomisation des filles et des femmes, qui a lancé deux projets dans le cadre de la campagne #AfricaEducatesHer visant à ce que les filles et les femmes retournent à l'école après la pandémie de COVID-19. Elle a obtenu le soutien de l'ambassade de France au Cameroun pour lancer sa campagne baptisée « Les filles retournent à l'école ». Dans le cadre de cette initiative nationale, Espoir et son équipe de jeunes volontaires ont parcouru le Cameroun pour sensibiliser le public aux instruments juridiques nationaux, continentaux et internationaux et aux lois qui garantissent le droit des filles à l'éducation et les protègent contre les violences sexistes. Dans le cadre du projet « Les hommes qui protègent les femmes », soutenu par l'ambassade d'Allemagne au Cameroun, elle produit de courts-métrages de plaidoyer pour mettre en évidence le rôle que les hommes peuvent jouer dans la protection des droits des filles et des femmes au Cameroun.

Catherine Nakabugo, enseignante et fondatrice de Direct Hand Foundation

Catherine Nakabugo

Catherine est l'une des 50 finalistes de l'édition 2018 du prix du meilleur enseignant au monde (en anglais) et fondatrice de Direct Hand Foundation, une organisation qui donne aux filles non scolarisées les moyens d'agir par la promotion de l'enseignement et de la formation techniques et professionnels et d'initiatives entrepreneuriales en Ouganda. Alors que les écoles rouvraient progressivement en 2020 après les fermetures liées à la COVID-19, Catherine a remarqué que beaucoup de filles hésitaient à retourner à l'école par peur de contracter le virus. Elle a conçu et promu un kit d'hygiène COVID-19 pour les filles, constitué d’un masque, d’un flacon de désinfectant pour les mains et de deux serviettes réutilisables. Ces kits ont été distribués aux écoles en Ouganda et son idée a été reproduite par les anciens de l'UA/CIEFFA dans d'autres régions d'Afrique.

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Commentaires

Une très, très bonne initiative à encouragée mais,entant qu' activiste pour la défense et la promotion de droits des peuples autochtones pygmées,les jeunes filles et femmes de cette communauté marginalisée vivant dans les campements ont été toucher par toutes ces campagnes de sensibilisations?

Je suis content des efforts menés par ses éminentes personnalités pour encourager les filles à l'education. Je suis recteur de l'Université Presbytérienne au Congo "UPRECO". Nous avons un programme qui encourage les filles à étudier. Nous en avons 35 qui étudient sans même payer des frais d'études. Question de les encourager. Conjuguons tous les efforts dans ce sens pour sauver la fille africaine.

Je felicite ces quatre dames et je suis heureux qu'elles soient prises lors de cette journée aussi importante pour la femme .Je tiens aussi d'ouvrir juste une petite parenthèse :il serait à mon avis important de faire face à l'Afrique de l'ouest plus précisément le Senegal oriental ,je suis enseignant et je temoigne beaucoup de difficulté que les filles rencontrent à l'ecole et dont les raisons sont le plus souvent la non-valeurisation de l'éducation des filles mais aussi des handicap liés à la pauvreté.Par conséquent si le GPE nous tend la perche alors des milliers de filles seront sauvées et participeront vivement à tous les domaines de vie comme le sexe opposé .

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