Changer l’avenir de l’Afrique en investissant dans notre jeunesse

L’importance de l’éducation de la petite enfance

Des élèves du Centre Mnyimbi TuTu à Zanzibar. Crédit: GPE/Chantal Rigaud

Des élèves du Centre Mnyimbi TuTu à Zanzibar.

CREDIT: GPE/Chantal Rigaud

Ceci est le 16ème post d’une série de collaborations entre le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) et l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA)

Les premières années de vie sont une période d’immense espoir et de possibilités pour les jeunes enfants et leur famille, ainsi que pour l’ensemble de la nation. À l’inverse, il s’agit également d’une période particulièrement risquée pour les enfants vivant dans les circonstances les plus défavorables. La science du développement de la petite enfance, en constante évolution, nous explique que le cerveau du petit enfant est prévu pour se développer plus rapidement les 1 000 premiers jours qu’à tout autre moment au cours de sa vie.

Un ensemble de processus biologiques et d’expériences précoces influencent ce développement. Offrir à chaque enfant un bon départ dans la vie, pour qu’il s’épanouisse et réalise son plein potentiel, dépend de la façon dont ses besoins en termes d’affection, d'alimentation équilibrée, de santé, d’opportunités de jeu et d’apprentissage et de protection de la violence sont satisfaits dès le début. Des conditions défavorables tels que la négligence, les déficiences alimentaires, le stress nocif causé par la violence, le conflit et la pauvreté peuvent avoir des conséquences à long terme et tout au long de la vie.

Comment déployer des services de développement de la petite enfance de qualité ?

L’amélioration de la qualité de la vie des jeunes enfants a sans aucun doute bénéficié d’une attention politique plus soutenue au cours des dernières décennies, et le développement de la petite enfance est désormais une priorité qui occupe sa juste place au sein de l’Objectif de développement durable 4 en matière d'éducation, en particulier pour la cible 4.2, ainsi que dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Le prochain défi est le déploiement de services de Développement de la petite enfance (DPE) pour chaque enfant, défi encore plus grand parmi les populations les plus défavorisées et vulnérables des pays à faible revenu.

Un ensemble élargi d’actions sera nécessaire – à commencer par l’engagement de l’État pour un financement public accru et durable, le renforcement des capacités à concevoir des politiques et programmes cohérents œuvrant en synergie avec les acteurs clés pour offrir des services de DPE intégrés, et le suivi et évaluation des progrès pour le groupe d’âge 0-8 ans.

Nous devons faire face à la dure réalité selon laquelle plus de 250 millions d’enfants des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire (PFR-PRI) dans le monde doivent survivre sans les soins dont ils ont besoin, alors qu’ils sont les plus vulnérables. En Afrique subsaharienne, 51,7 % de la population croissante des enfants vivent dans une pauvreté extrême. Les enfants de moins de cinq ans nés dans cette région sont ceux dans le monde qui risquent le plus de souffrir d’un retard de croissance, cette statistique ne s’étant guère améliorée depuis 1990. Pour ces jeunes enfants, grandir sans les soins nécessaires peut avoir un effet négatif sur le développement de leur corps et de leur esprit, dont les conséquences irréversibles auront un impact sur leur chance de réussite scolaire, d’apprentissage tout au long de leur vie, de bonne santé et de bien-être. L’incroyable potentiel que chaque jeune enfant a de grandir et de s'épanouir en citoyen concerné, productif, capable de contribuer au bien-être de sa famille et de sa société, est perdu si nous ne prenons pas en compte l’ensemble des besoins des enfants.

Chacun d’eux doit avoir la meilleure chance possible de réaliser son potentiel et de contribuer au développement de notre continent. Des programmes de développement de la petite enfance de haute qualité peuvent participer de façon majeure à cette croissance. Apprendre ne commence pas lorsque les enfants entrent en première année de primaire, cela commence avec le développement du cerveau, le soin que l’on prend de nos plus jeunes enfants ; une prise en charge globale leur garantira une bonne préparation pour l’apprentissage scolaire, ce qui permettra aux écoles d’être, à leur tour, plus efficaces.

Tandis que les taux de scolarisation dans le cycle préscolaire en Afrique se sont améliorés, ces taux ne sont pas les mêmes partout, et vont de 19 % dans les pays à faible revenu à 86 % dans les pays à revenu élevé, le taux le plus élevé étant parmi les enfants des quintiles les plus riches.

Il n’est pas étonnant qu’en avançant dans les années du cycle primaire, les progrès en matière de réduction du nombre d’enfants non scolarisés ont ralenti depuis 2007, avec plus de la moitié des enfants non scolarisés du monde (33 millions) vivant en Afrique. Un trop grand nombre d'enfants scolarisés n'achèvent pas totalement le primaire et ne parviennent pas à acquérir les compétences de base en lecture, écriture et calcul. Les enfants qui entrent dans le système scolaire sans être préparés à apprendre, luttent souvent pour rester au niveau et sont à la traîne de leurs camarades plus chanceux.

Le rôle essentiel du PQIP de l’ADEA sur le développement de la petite enfance

Le Pôle de qualité inter-pays sur le développement de la petite enfance de l’ADEA (PQIP-DPE), en sa qualité d’ambassadeur du développement de la petite enfance sur le continent africain, s’engage à faire progresser les droits des jeunes enfants à bénéficier de soins et services. Son approche s’appuie sur le réseau des institutions et experts africains pour l’émergence d’un forum en faveur du renforcement des capacités, de l’apprentissage auprès des pairs et de la mise en commun des expériences réussies et des bonnes pratiques en soutien aux politiques de DPE.

Peu de pays sont parvenus à développer un personnel d’enseignants et d'accompagnateurs qualifiés et bien soutenus dédiés à la petite enfance. Sur le continent africain, le personnel du DPE a tendance à être dominé par les employés les moins qualifiés, au statut le plus bas, malgré le fait qu’ils soient admis que le développement au cours de ces premières années est essentiel pour l'apprentissage et le bien-être tout au long de la vie. Il y a désormais des convergences de vues selon lesquelles ce personnel est essentiel au déploiement des initiatives de DPE. Le PQIP-DPE, en collaboration avec le Réseau africain pour la petite enfance (AfECN), travaille sur ce sujet pour pouvoir aider les pays à fournir des programmes de DPE de haute qualité.

Nous pouvons faire la différence dans la vie des enfants dès maintenant. Investir dans l’éducation de la petite enfance changera l’avenir de notre continent.

 

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