Enseigner, c'est apprendre deux fois
Avec l'adoption de l'ODD 4 sur l'éducation et de la cible 4.c qui reconnait les enseignants comme étant indispensables à la réalisation du programme Éducation 2030, la Journée mondiale des enseignant(e)s est devenue l'occasion de mettre en lumière les progrès réalisés et de mener une réflexion sur les moyens de relever les défis persistants auxquels font face les enseignants.
7 octobre 2019 par Alphonse Sebaganwa, ADEA|
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Cette enseignante utilise le chant pour mieux dispenser son cours. Ecole de Kivukoni à Katavi en Tanzanie. Août 2019.
CREDIT: PME/Kelley Lynch

Cet article est le dixième d'une série de blogs publiée en 2019 dans le cadre d'une collaboration entre l'Association pour le développement de l'éducation en Afrique (ADEA) et le Partenariat mondial pour l'éducation (PME).

Célébrée le 5 octobre de chaque année depuis 1994, la Journée mondiale des enseignant(e)s commémore la signature de la Recommandation OIT/UNESCO concernant la condition du personnel enseignant de 1966.

Cette Recommandation définit les critères de référence relatifs aux droits et aux responsabilités des enseignant(e)s ainsi que les normes fixant leur formation initiale et continue, leur recrutement, leur emploi et les conditions d’enseignement et d’apprentissage. La Recommandation concernant la condition du personnel enseignant de l’enseignement supérieur, adoptée en 1997, complète la Recommandation de 1966 pour y adjoindre le personnel de recherche et d'enseignement de l'enseignement supérieur.

Avec l'adoption de l'Objectif de développement durable 4 sur l'éducation et de la cible 4.c qui reconnait les enseignants comme étant indispensables à la réalisation du programme Éducation 2030, la Journée mondiale des enseignant(e)s est devenue l'occasion de mettre en lumière les progrès réalisés et de mener une réflexion sur les moyens de relever les défis persistants auxquels font face les enseignants.

Les obstacles aux bonnes performances des enseignants

Les enseignants sont confrontés à un certain nombre de difficultés, allant de leurs expériences en classe telles que les méthodes d’enseignement et d’évaluation de l’enseignement au comportement des élèves, de la capacité à utiliser les langues étrangères comme moyen d’enseignement et à enseigner toutes les matières, que les enseignants soient compétents ou pas. Parmi les autres problèmes, on peut citer la perception négative de la profession, les possibilités limitées en termes de formation continue et de progression de carrière, ainsi que les mauvaises conditions de travail.

Certains enseignants déplorent souvent le peu de temps qui leur est imparti pour préparer, planifier et exécuter toutes les tâches qui leur sont demandées, telles que la mise à jour de présentations et de documents, la correction de matériel ancien et l’adaptation des sujets à une nouvelle cohorte d’élèves.

En outre, de nombreux enseignants estiment que l’administration de leur école (ou de leur district) leur en demande toujours plus. On leur demande par exemple de soutenir de manière continue les élèves, de maintenir une communication ouverte avec les parents, d’apporter une aide davantage personnalisée aux élèves qui ont besoin de plus d'attention pour réussir, etc. Bien que ces derniers souhaitent soutenir au mieux leurs élèves, ils affirment ne pas recevoir assez de temps rémunéré pour le faire. L'accès à du personnel spécialisé et à davantage de temps en dehors des cours figure parmi les moyens suggérés pour améliorer le soutien et répondre à ces attentes croissantes.

Quelles sont les solutions à ces défis ?

On peut facilement identifier des solutions à ces défis :

  • Améliorer la formation des enseignants de sorte que chaque élève soit capable de parler couramment une langue étrangère (c’est-à-dire l’anglais ou le français). Les performances scolaires et, par conséquent, les normes éducatives dans leur ensemble, s’amélioreraient ;
  • Doter les enseignants des compétences pour gérer la discipline des élèves et donc réduire/abolir les châtiments corporels ;
  • Améliorer la pédagogie pour dispenser un enseignement adapté aux besoins de la communauté, répondant aux préoccupations exprimées par les parents et les associations qui travaillent en faveur des familles ;
  • Améliorer les installations et les conditions d’enseignement et contribuer ainsi à l’amélioration des normes d’éducation ;
  • Améliorer l’offre de l’éducation de l'enseignement global en classe par l’enseignement de la matière, en particulier dans l'enseignement secondaire ;
  • Fournir un soutien professionnel par des enseignants-ressources travaillant avec des enseignants engagés.

Le rôle du PQIP de l’ADEA sur l’enseignement et l’apprentissage

Un Pôle de qualité inter-pays (PQIP) est une plateforme dont l'ADEA facilite la création. Elle est accueillie par un pays qui promeut l’échange d'expériences et une communauté de pratiques autour de défis communs en matière d'éducation et de formation. Ces difficultés sont formulées selon des domaines thématiques.

Les PQIP regroupent des représentants de ministères de l’Éducation de différents pays et des experts en éducation, créant ainsi un réseau d’acteurs autour d’une question thématique centrale. Les pays tirent des enseignements des expériences partagées pour améliorer leurs propres politiques et pratiques en matière d’éducation.

Organisé et piloté par le Rwanda, le PQIP sur l'enseignement et l'apprentissage (PQIP-EA) est un forum intergouvernemental pour le dialogue sectoriel et l'action collaborative entre les ministres africains de l'Éducation et les partenaires de coopération stratégique pour le développement. Il vise à améliorer la qualité de l'enseignement et l'apprentissage au Rwanda et en Afrique.

L’approche collaborative et la mise en réseau faciliteront l’échange de connaissances sur les concepts, les résultats de recherche et le renforcement des capacités, afin de répondre aux besoins des divers contextes dans lesquels les programmes d’enseignement et d’apprentissage sont mis en œuvre.

L’objectif général du PQIP est d’aider les ministres de l’éducation à jouer un rôle moteur dans l’élaboration et la mise en œuvre de politiques et de stratégies pour un enseignement et un apprentissage efficaces en Afrique. Le PQIP se concentre sur le développement professionnel des enseignants et d’autres domaines d’apprentissage liés au continuum de l’enseignement (programmes, matériels d’enseignement et d’apprentissage et évaluation des résultats d’apprentissage).

En 2019, le PQIP-EA a pleinement participé - grâce à sa section Livres et Matériels éducatifs - à une série d'ateliers sur les politiques du livre et de la lecture pour l’Afrique, à une édition collaborative au Nigéria et à une formation des écrivains en langues nationales sur le logiciel d’édition Bloom au Burkina Faso entre autres activités au niveau national. Tous ces événements clés aux niveaux national et continental faisaient partie du partenariat en cours entre la Global Book Alliance (GBA - en anglais) et l’ADEA, soutenu par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).

En cette journée spéciale, nous voudrions également rappeler qu’enseigner c’est apprendre deux fois. En effet, il est essentiel d’investir à tous les niveaux de la profession d’enseignant, car « un bon enseignant peut inspirer l’espoir, stimuler l’imagination et susciter le goût de l’apprentissage », comme l’a affirmé Brad Henry.

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