Investir dans l'éducation des filles pour un monde post-COVID-19 meilleur

Dans certains pays, des millions de filles peuvent ne pas retourner dans les écoles après leurs réouvertures, faisant ainsi perdre aux plus pauvres d’entre elles la moitié du total de leurs années d'éducation. Voici quelques mesures que nous pouvons mettre en place dès maintenant pour faire en sorte que l'éducation des filles figure au rang des priorités de l'agenda mondial post-COVID-19.

11 juin 2020 par Suzanne Ehlers, Malala Fund
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Lecture : 3 minutes
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Une écolière dessinant sous le regard de son enseignante à l'école maternelle Bartolome de las Casas à Matagalpa, au Nicaragua.
Une écolière dessinant sous le regard de son enseignante à l'école maternelle Bartolome de las Casas à Matagalpa, au Nicaragua.
PME/Carolina Valenzuela

Le COVID-19 a perturbé l'éducation de 1,2 milliard d'élèves, et des recherches du Fonds Malala (en anglais) montrent que jusqu'à 10 millions de filles en âge de fréquenter le premier cycle du secondaire ne retourneront jamais à l’école.

Dans certains pays, les filles les plus pauvres pourraient perdre la moitié du total de leurs années d'éducation. Lorsqu’elles ne vont pas à l’école, les filles sont plus vulnérables aux mariages et grossesses précoces, et subiront davantage de pressions salariales dans le milieu du travail. Lorsque les écoles rouvriront finalement, des millions d’entre elles pourraient ne pas y retourner en raison de normes néfastes liées au genre et des contraintes liées aux dépenses aussi bien des ménages que des gouvernements.

Aider les systèmes éducatifs à se remettre sur pied

Nous devons agir maintenant pour mieux faire face à cette crise de l'éducation qui se profile à l’horizon. Nous devons assurer aux filles un enseignement à distance accessible à toutes à partir de technologie de base et les protéger d’éventuelles sévices. Nous devons planifier un retour rapide et complet à l'école en mettant en place des systèmes pour surveiller leur réinscription, recueillir des données ventilées par sexe et inciter celles les plus à risque à retourner à l’école.

Deuxièmement, nous devons faire plus pour permettre aux systèmes éducatifs de se remettre sur pied. Face à la crise financière à laquelle ils sont confrontés, les gouvernements nationaux ne devraient pas détourner les financements mais, continuer à viser à consacrer 20 % de leurs budgets ou 6 % du revenu national brut à l'éducation. La communauté internationale peut aider à alléger la pression sur les budgets, grâce à des actions coordonnées comme l'allégement de la dette et les droits de tirage spéciaux.

Remettre les systèmes éducatifs à flot nécessite plus de financement

Pour répondre à une demande de soutien d'urgence sans précédent, les bailleurs de fonds devraient financer des fonds comme le Partenariat mondial pour l'éducation. Le Canada aide l'UNICEF à distribuer des trousses éducatives d'urgence et le Royaume-Uni a rapidement contribué à l'appel contre le COVID-19 lancé par Education Cannot Wait. Toutefois, il ne s'agit ici que des premières étapes et les donateurs doivent faire beaucoup plus.

Les activistes locaux - premiers intervenants dans la crise de l'éducation - travaillent déjà à assurer la continuité de l’apprentissage des filles. Le Fonds Malala a intensifié son soutien à ses ambassadeurs de l'éducation, des leaders de 8 pays au cœur de notre travail à travers le monde.

Haroon Yasin (en anglais) a traduit le programme d'études du Pakistan en une série de dessins animés, dans le but d’atteindre un million d'enfants grâce à une application mobile. Au Nigéria, Kiki James (en anglais) travaille avec des enseignants pour diffuser des programmes radio d'enseignement à distance dans 12 États.

Pour les gouvernements, les récessions sont redoutables et les coupes dans les dépenses sociales peuvent sembler la seule solution pour faire face à la baisse des revenus. C'est à la fois une vision à court terme et une mauvaise approche.

Le retour sur investissement dans l’éducation des filles est énorme, tant pour la planète que pour notre prospérité.

Des recherches de 2018 ont révélé que, si chaque fille dans le monde bénéficiait de 12 années d'une éducation de qualité, elles pourraient contribuer à hauteur de jusqu'à 30 billions de dollars dans l'économie mondiale.

Une autre étude montre que l'éducation et la santé des filles sont la sixième solution la plus efficace pour réduire les émissions de carbone dans l'environnement, bien mieux classées que des solutions telles que les énergies solaires ou les véhicules électriques.

Des leaders comme Haroon et Kiki savent que le monde peut mieux se reconstruire après le COVID-19. Nos systèmes éducatifs peuvent être plus résilients aux chocs futurs, mieux financés et guidés par une volonté de faire de l'égalité des sexes une réalité.

Les gouvernements, les bailleurs de fonds et les bénéficiaires, peuvent proposer des solutions plus intégrées et holistiques grâce à leur financement. Les filles peuvent montrer la voie dans la reconstruction d'économies vertes et prospères.

Mais pour ce faire, nous devons être assez audacieux pour investir dans des mécanismes pouvant nous permettre de mieux sortir de cette crise, et notamment dans l’éducation.

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Lire les blogs de notre série sur le financement de l’éducation pendant et après la pandémie de coronavirus

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