L'éducation inclusive commence par la planification
Huit pays se sont entretenus au cours d’une table ronde, afin de s'assurer que les systèmes éducatifs répondent aux différents besoins des apprenants.
Lors d'une table ronde technique relative à la planification de l'éducation inclusive pour les enfants porteurs d’un handicap la semaine dernière, huit pays se sont réunis pour discuter des défis et des opportunités propres à ce secteur.
1 août 2018 par Mark Waltham, UNICEF, and Jim Ackers, IIEP/UNESCO|
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Un enfant lisant en Braille dans une école au Niger.
CREDIT: GPE/Kelley Lynch

Après que Fred Haga ait perdu la vue lorsqu'il était adolescent au Kenya, personne ne pensait qu’il pourrait continuer ses études. « C’était une difficulté à laquelle les gens ne pensaient pas vraiment », dit-il. Pendant sept ans, il a quitté le système éducatif, jusqu'à ce qu'il trouve un lycée qui lui permette de terminer ses études.

Cette expérience l'a conduit à ce qu'il fait depuis quinze ans : faire en sorte que les enfants handicapés aient accès à l'éducation.

Aujourd'hui, il est directeur intérimaire de l'éducation spécialisée au ministère de l'Éducation du Kenya. L'éducation inclusive gagne en popularité dans son pays, reflétant l'élan grandissant au niveau mondial. Davantage d'enseignants sont formés à l'éducation inclusive et en mai 2018, le gouvernement a adopté une nouvelle politique en faveur des apprenants porteurs d’un handicap.

Huit pays s’entretiennent au cours d’une table ronde

M. Haga a récemment partagé les travaux en cours mené par le gouvernement kenyan sur l'éducation inclusive au cours d'une table ronde technique relative à la planification de l'éducation inclusive pour les enfants porteurs d’un handicap. Coorganisé par l'Institut international de planification de l'éducation de l'UNESCO (IIPE-UNESCO) et l'UNICEF, l'événement a réuni des partenaires de développement, des associations de personnes handicapées et des représentants de gouvernement de huit pays.

Durant ces trois jours, avec les représentants kenyans, les principales parties prenantes du Cambodge, d'Éthiopie, de Fidji, du Ghana, du Népal, d'Afrique du Sud et du Vietnam ont discuté des défis qu’ils rencontrent et ont réfléchi aux moyens de renforcer à l’avenir la planification en faveur d’une éducation inclusive. Une phase de discussion en ligne de deux semaines a également eu lieu avant la réunion à l'IIPE à Paris.

Définir la portée de l'inclusivité

L'éducation inclusive signifie que tous les enfants – peu importe leur identité – peuvent apprendre ensemble dans une même salle de classe.

Cela doit aller au-delà de la simple intégration. Des changements doivent être apportés à l’ensemble du système éducatif et l'école doit répondre aux divers besoins de tous les apprenants, leur permettant d'atteindre leur plein potentiel et de contribuer au développement communautaire et national. Rares sont les personnes qui contestent ce principe, mais dans de nombreux pays, le mettre en pratique à grande échelle (notamment dans des systèmes où les ressources sont insuffisantes) représente un défi de taille.

Dans le but d’aider à relever ce défi, les participants se sont penchés sur la possibilité d’un cadre en faveur de l'éducation inclusive. Bien qu'il soit encore à l'état de projet, le cadre – conçu par l'IIPE et l'UNICEF – couvre d'abord l’environnement dit propice et nécessaire pour que l'éducation inclusive devienne réalité.

Ce cadre comprend un ensemble de lois et de politiques visant à guider les mesures, un système de collecte de données solide pour identifier et répondre aux différents besoins des apprenants, un leadership et une gestion solides, ainsi qu'un financement durable pour une éducation englobant une perspective inclusive. Il passe ensuite à la prestation de services, couvrant différents aspects en matière d’offre, de qualité et de demande.

Les participants ont également avancé des idées à inclure au fur et à mesure que les discussions sur l'éducation inclusive continuent d’évoluer :

  • Transformer les écoles spécialisées en centres de ressources, afin de servir un réseau plus large d'écoles publiques pour que l'expertise des besoins en matière d’éducation spécialisée soit partagée plus largement, permettant à davantage d'enfants d'apprendre.
  • Tirer parti des nouvelles technologies et des modalités de financement innovantes, par exemple, encourager le secteur privé à aider au dépistage des handicaps des enfants ainsi qu’à la fourniture de matériel d'assistance.
  • Reconnaître que l'éducation inclusive est un processus continu ; cela peut sembler décourageant au début, mais la plupart des pays progressent ; s'assurer également que les programmes pilotes sont rigoureux et que les programmes réussis sont appliqués à grande échelle.
  • Veiller à ce que le but de la collecte de données soit bien compris pour que l'analyse des données renseigne la pratique, l'allocation des ressources et le soutien.
  • Veiller à ce que les gouvernements et toutes les parties prenantes puissent rendre des comptes sur l’exercice de leurs responsabilités en termes d'éducation inclusive.
  • S'attaquer aux autres causes de marginalisation, notamment celles relatives au genre, à la localisation géographique, à l’appartenance ethnique, à la langue ainsi que celles dues aux zones de conflit et/ou de catastrophes naturelles, qui touchent également les enfants handicapés.
  • Travailler dans tous les secteurs et en collaboration avec d'autres ministères, ainsi qu'avec la communauté dans son ensemble, les personnes handicapées et les parents. 

Un appel à l'action

Le manque de données, la discrimination et la stigmatisation autour des handicaps ont conduit les enfants handicapés à faire partie des groupes les plus exclus de l'éducation. La participation et l'engagement d'un large éventail de parties prenantes ainsi que des programmes de sensibilisation à grande échelle feront de l'éducation inclusive une réalité. Nous devons être tous ensemble pour y arriver. Car, comme l'a dit Fred Haga, « aucun enfant ne devrait avoir à quitter l'école parce qu’un handicap est survenu ».

Alors que la majorité des personnes s’accorde sur la nécessité d'une éducation inclusive, le principal défi a été de traduire l'engagement en plans qui sont mis en œuvre à l'échelle des pays pour pouvoir atteindre toutes les personnes handicapées. Les expériences partagées et les conclusions de la table ronde seront intégrées dans un programme de formation que l'IIPE et l'UNICEF commenceront à proposer en 2019 sur l'éducation inclusive. Cela fera partie d'une réponse globale en partenariat avec d'autres, afin de veiller à ce que les enfants et les personnes handicapées ne soient plus négligés. Pour en savoir plus sur l'événement, vous pouvez lire cette interview.

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Enfants handicapés
Afrique sub-saharienne: Kenya

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