L'éducation à l’heure du COVID-19

Au 18 mars, 849 millions d'élèves et d'étudiants avaient déjà été contraints de quitter leur école ou leur université dans un total de 113 pays. Nous vous proposons ici trois recommandations sur la façon de poursuivre l'éducation en cette période de crise sanitaire mondiale et participer à la réduction de la transmission du virus.

18 mars 2020 par Justin van Fleet, Global Business Coalition for Education
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Lecture : 4 minutes
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Des jeunes filles écoutant leur enseignant à l'Ecole de Gourdjia Kwara, dans la région de Tilaberri au Niger
Des jeunes filles écoutant leur enseignant à l'Ecole de Gourdjia Kwara, dans la région de Tilaberri au Niger.
PME/Kelley Lynch

Cet article a été publié pour la première fois (en anglais) sur Devex le 16 mars 2020.

Alors que tous les pays se battent pour comprendre et limiter la propagation du nouveau coronavirus et que les gros titres se concentrent sur ces efforts, l’impact de cette pandémie sur l’éducation semble encore quelque peu ignoré.

Au 16 mars, 777 millions d'élèves et d'étudiants avaient déjà été forcés de quitter leur école ou université dans un total de 100 pays, 85 gouvernements fermant des écoles à l'échelle nationale et 15 autres imposant des fermetures d'écoles à des échelles locales, selon l'UNESCO. Une grande majorité d'entre eux - 670 millions - ont entre l'âge préscolaire et 18 ans. Ces chiffres ne devraient faire qu’augmenter dans un avenir proche.

Cela est juste stupéfiant et, avec de nombreux autres pays et municipalités susceptibles de faire pareil, l’impact sera profond sur les familles, les communautés et l'apprentissage partout dans le monde. Et tandis que des programmes provisoires d'enseignement à distance seront mis en place dans de nombreux endroits, les enfants les plus marginalisés, frappés par la pauvreté et vulnérables en seront les plus affectés.

Le COVID-19 amplifie en effet les difficultés auxquelles les enfants sont déjà confrontés pour recevoir une éducation de qualité. Même avant cette pandémie, on dénombrait déjà 258 millions d'enfants non scolarisés dans le monde, principalement en raison de la pauvreté, d'une mauvaise gouvernance ou du fait de vivre ou d’avoir fui une situation d'urgence ou un conflit. Bien qu'il existe des programmes visant à mettre fin à la crise actuelle de l'éducation dans le monde, l'escalade dramatique due au nouveau coronavirus soulève deux questions fondamentales et urgentes.

Premièrement, comment poursuivre l'éducation pendant une crise sanitaire mondiale et jouer un rôle dans la limitation de la propagation du virus ? Deuxièmement, quel est le rôle de l'éducation dans la prévention de futures pandémies ?

En réponse à l'épidémie mortelle d'Ebola en Afrique de l'Ouest en 2014, la Global Business Coalition for Education, une organisation fondée par Theirworld, avait proposé une réponse en trois volets du secteur de l'éducation, qui se concentrait sur l’offre de services éducatifs d'urgence, la réouverture des écoles sûres et le maintien des communautés saines. Celle-ci s'appuyait sur des principes applicables à presque toutes les crises de santé publique. Trois approches tout à fait pertinentes aujourd'hui :

  1. Assurer des services éducatifs d'urgence jusqu'à ce que les écoles puissent rouvrir en toute sécurité

Si les écoles sont fermées en raison d'une urgence de santé publique, les administrateurs doivent se rendre compte que l'enseignement et l'apprentissage ne doivent pas être interrompus. Ils peuvent se poursuivre par le biais de programmes utilisant des approches innovantes.

Il existe de nombreux exemples d'options sur lesquelles baser des programmes d'apprentissage telles que la radio, la télévision, le téléphone portable et Internet. L'UNESCO a récemment publié une liste de plates-formes et de programmes d'apprentissage en ligne qui pourraient être utiles aux écoles. Si l'enseignement à distance doit se faire sur le long terme, une attention particulière devrait être accordée à la langue d'enseignement, à l’évolution du contenu et à sa pertinence pour les élèves.

Il est également important de continuer à payer les enseignants et le personnel pendant la fermeture des écoles. Cela permet non seulement d'assurer leur stabilité économique pendant la crise, mais aussi de leur éviter de chercher un autre emploi et de quitter la profession.

  1. Réouvrir les écoles sûres

Les systèmes scolaires devraient mettre en place un plan transparent pour la réouverture des écoles aussi rapidement et de manière aussi responsable que possible. Il s'agira notamment de préparer la réouverture des écoles physiques, de fournir aux enseignants des informations précises et une formation sur la crise de la santé publique, d'utiliser les écoles comme un cadre pour surveiller et retracer rapidement toute situation de réémergence du virus, et de fournir tout soutien supplémentaire en matière de santé physique ou mentale dont les élèves pourraient avoir besoin, en particulier dans les zones à fort taux d'incidence.

  1. Maintenir les écoles et les communautés saines

Bien qu’il soit important d'utiliser les écoles comme moyen de mettre en œuvre des programmes de santé publique plus larges, il est tout aussi important d'élaborer des plans pour les urgences futures.

Alors que nous espérons que les enfants et les élèves des zones les plus touchées pourront bientôt retourner à l’école, et que les autres écoles ne seront pas affectées, faisons en sorte que l’éducation ne soit pas oubliée dans les plans à mettre en œuvre pendant ou après la crise. Investir dans l'éducation contribue à assurer non seulement une certaine normalité et une voie pour que nos jeunes participent pleinement à l'économie et à la société mais, cela alimente également l'innovation, les compétences et les talents qui seront nécessaires pour lutter contre la prochaine pandémie ou crise.

Dans les semaines et les mois à venir, de nombreux gouvernements devront faire des choix difficiles concernant leurs investissements dans l'éducation. La crise va certainement épuiser les ressources. Face à ces choix, il est impératif de se rappeler que les enfants d'aujourd'hui sont les infirmières, les épidémiologistes, les médecins, les chercheurs et les experts en santé publique de demain. Nous devons continuer d'investir dans l'apprentissage aujourd'hui, afin que le monde soit mieux préparé à résoudre les éventuelles épidémies et crises de demain.

Justin W. van Fleet, Ph.D., est président de Theirworld et directeur exécutif de la Global Business Coalition for Education.

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