Les enfants doivent être en sécurité pour apprendre sans violence #SafetoLearn
L’UNICEF et le Partenariat mondial pour l’éducation travaillent sans relâche pour améliorer la qualité de l’éducation pour tous les enfants et leur garantir un apprentissage en toute sécurité et sans violence.
14 juillet 2019 par Henrietta Fore, UNICEF et Alice Albright, Global Partnership for Education|
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Sakinatu, Nafisa et Morinatu sont trois élèves du Lycée pour filles Nelson Mandela à Ouagadougou au Burkina Faso
CREDIT: GPE/Roland Zanre

Sakinatu, Nafisa et Morinatu sont élèves au Lycée Nelson Mandela, un lycée pour filles de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Ces trois adolescentes intelligentes ont probablement été exposées dans leur jeune existence à plus de difficultés que la plupart d’entre nous ne peut imaginer.

Elles sont issues de familles défavorisées qui peuvent à peine se permettre de les envoyer au lycée, un trajet quotidien long et dangereux. Elles ont également vu la pauvreté conduire certaines de leurs anciennes camarades de classe au mariage précoce et même à la prostitution.

Ces trois jeunes filles ne sont pas seules dans cette situation. Chaque jour, partout dans le monde, des filles sont confrontées à la violence et au harcèlement physiques, psychologiques et sexuels sur le chemin de l’école – et trop souvent, au sein même de l’école – qu’ils soient exercés par des hommes, des pairs, ou même des enseignants. Si les filles sont touchées de façon disproportionnée, les garçons font également l’objet de violences sexuelles, de punitions corporelles dans la classe et de harcèlement par d’autres élèves.

Des milliers d’enfants restent traumatisés suite à l’attaque de leur école par des groupes armés. Entre 2013 et 2017, plus de 12 000 élèves et enseignants ont été blessés dans plus de 12 700 attaques contre l’éducation, dans plus de 70 pays.

Chacun de ces cas incarne l’échec choquant des règles élémentaires de la morale, puisqu’il s’agit d’innocents ciblés par les parties d’un conflit. 

La triste vérité est que les écoles ne sont pas les sanctuaires sécurisés qu’elles doivent être et que nous souhaitons tous qu’elles soient.

Les enfants eux-mêmes sonnent l’alarme. Dans une récente enquête de l’UNICEF auprès des jeunes qui a reçu plus d’un million de réponses en provenance de plus de 160 pays, deux répondants sur trois expriment une crainte de la violence dans et autour de leur école.

Ceci est inacceptable.

L’élimination de la violence améliore l’apprentissage et renforce l’économie

L’UNICEF et le Partenariat mondial pour l’éducation, les organisations que nous représentons, travaillent d’arrache-pied pour améliorer la qualité de l’éducation pour tous les enfants et leur garantir un apprentissage en toute sécurité et sans violence. Nous savons qu’une éducation en toute sécurité et équitable, en particulier pour les filles, est essentielle pour réduire la pauvreté, les inégalités et la violence contre les enfants.

Par exemple, si toutes les filles bénéficiaient d’une éducation de qualité, le mariage d’enfants serait éradiqué et les revenus des femmes au cours de leur vie augmenteraient de 15 à 30 milliards de dollars dans le monde.

Nous savons par contre que la violence entrave l’apprentissage, sape les investissements dans l’éducation et est nuisible pour les enfants comme pour les adultes.

#SafeToLearn

Cette semaine marque un tournant important pour mettre l’accent sur ce problème crucial.

Le forum politique de haut niveau sur le développement durable qui se tient aux Nations unies à New York rassemble des ministres et dirigeants du monde entier en vue d’évaluer les avancées sur la voie des Objectifs de développement durable.

Seront examinés notamment l’Objectif de développement durable 4 relatif à une éducation inclusive, équitable et de qualité, et l’Objectif 16, qui incarne l’engagement du monde à mettre un terme à la maltraitance, à l’exploitation et à la traite, et à toutes les formes de violence et de torture dont sont victimes les enfants.

Or nous savons déjà par le rapport Respecter nos engagements, publié par l’UNESCO, que le monde est en retard pour la réalisation de l’objectif mondial d’éducation. En effet, au rythme actuel, un enfant sur six restera exclu de l’éducation en 2030.

De la santé à la protection, des questions liés au genre à la croissance économique, l’éducation est au cœur de l’ensemble des 17 ODD. L’échec de l’objectif d’éducation entravera notre capacité à les réaliser tous.  

Nous devons donc agir de toute urgence – maintenant. Nous appelons tous les États à écouter ce que nous disent les jeunes et à lutter contre le fléau de la violence à l’école.

Le 15 juillet, dans le cadre du forum politique de haut niveau, nous nous joindrons aux États et organisations internationales pour promettre notre soutien à #SafeToLearn — une initiative sur cinq ans, consacrée à l’éradication de la violence dans les écoles d’ici 2024. Cette campagne est inspirée par l’enquête mondiale de l’UNICEF et le Manifeste de la jeunesse #ENDviolence, préparé en Afrique du Sud en décembre dernier par 100 jeunes venus du monde entier.

#SafeToLearn appelle les États, les organisations de la société civile, les communautés, les enseignants et les enfants eux-mêmes à susciter des engagements et initier des actions. Tout cela pour contribuer à rendre les écoles plus sûres pour tous les enfants.

Un Appel à l’Action comprenant cinq volets a été formulé, précisant ce qui doit être fait pour mettre fin à la violence dans les écoles. Cet appel reconnaît que nous devons travailler dans de nombreux secteurs, notamment la santé et la justice, et avec tous les niveaux de l’ensemble de la communauté scolaire.

Des pays du monde entier s’y engagent formellement.

Nous serons présentes pour exprimer l’engagement de nos organisations et pour appeler les gouvernements et les communautés du monde entier à soutenir #SafeToLearn pour garantir aux enfants une scolarisation en toute sécurité et sans aucune violence.

Parce que les enfants doivent savoir que les écoles sont des sanctuaires sécurisés, lieux d’espoir et d’opportunités dans lesquels ils peuvent apprendre, progresser et s’épanouir en sécurité.

Donnons-leur cette opportunité.

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