Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas investir dans l’éducation des filles
Le GPE a participé à Addis Abeba à la 31ème réunion consultative de la Campagne « Le Genre : Mon Agenda » (GIMAC) avant le sommet de l’UA
La 31ème réunion consultative de la Campagne « Le Genre : Mon Agenda » (GIMAC), qui s’est tenue les 20 et 21 janvier 2018 à Addis Abeba, a souligné l'impact négatif de la corruption sur les femmes, les filles et les jeunes vulnérables dans un large éventail de secteurs, y compris l'éducation.
7 février 2018 par Jane Davies, Global Partnership for Education Secretariat|
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Une élève en Ouganda.
CREDIT: GPE/Livia Barton

À la veille du 30ème Sommet de l’Union africaine, la 31ème réunion consultative de la Campagne « Le Genre : Mon Agenda » (GIMAC), qui s’est tenue les 20 et 21 janvier 2018 à Addis Abeba, a attiré l’attention sur la corruption sous toutes ses formes et appelé les femmes à faire valoir leurs droits en mettant les États face à leur responsabilité dans l’éradication de ce fléau.

Faisant écho au thème de l’année du Sommet de l’UA, la conférence a souligné les impacts néfastes de la corruption sur les femmes, les filles et les jeunes vulnérables dans tout un ensemble de secteurs, qu’il s’agisse de la santé, des droits fonciers, de l’exploitation des ressources naturelles, des processus politiques et de paix, ainsi que de l'éducation. Le sommet a mis en avant des recommandations en termes d'action pour les dirigeants de l’UA, pour dire : « Ça suffit ».

L’éducation des filles peut contribuer à lutter contre la corruption

Pour le GPE, il est prioritaire de veiller à ce que les ressources soient identifiées, allouées et utilisées efficacement pour assurer un apprentissage équitable – chaque dollar sortant du système est un dollar de moins pour l’éducation, de l’argent détourné qui aurait pu faire la différence pour une fille supplémentaire en lui permettant d’aller à l’école et de changer sa vie, et d’avoir un impact positif sur sa famille, sa communauté et son pays.

La réunion rassemblait des organisations de la société civile, des groupes de femmes et de jeunes, des organisations internationales et des ONG de tout le continent en vue de créer de la solidarité et renforcer leur voix collective pour interpeler les dirigeants du Sommet de l’UA : l’heure est venue d'en finir avec la corruption !

La conférence a montré que l’émancipation des femmes était déterminante pour mettre fin à la banalisation de la mauvaise gouvernance. Il est primordial d’éduquer les filles d’Afrique afin que celles-ci fassent valoir leurs droits et constituent une génération de femmes émancipées qui mèneront la bataille pour le changement.

Les femmes éduquées peuvent demander des comptes aux États

La responsabilité était un des thèmes clés des débats. Il est prioritaire de renforcer les capacités des groupes de femmes et de jeunes à demander des comptes aux États afin que ceux-ci identifient les ressources qui permettront la prestation des services. Les ressources doivent être également allouées de façon à promouvoir une meilleure équitabilité pour tous en termes de bénéfices, grâce à un suivi conjoint de leur utilisation et à l’étroite surveillance des résultats obtenus.

En écho à ce message, la présentation du GPE a légèrement réorienté le débat sur l’efficacité du financement de l’éducation pour les femmes, les enfants et les jeunes. J’ai présenté l’approche du GPE, qui consiste à bâtir des systèmes éducatifs robustes grâce à une approche de partenariat comprenant des processus de planification, budgétisation et suivi participatifs et inclusifs afin de garantir la responsabilisation mutuelle en matière de résultats.

Avec près de 50 millions filles non scolarisées en Afrique subsaharienne, il est temps de changer de mentalité. Les arguments habituels selon lesquels les ressources manquent pour l’éducation ne tiennent pas.

L’éducation, en particulier pour les filles, constitue un investissement stratégique plutôt qu’un coût – par exemple, des données probantes montrent que, dans les pays à faible revenu, 1 dollar investi dans une année de scolarité supplémentaire, en particulier pour les filles, engendre une valeur de 10 dollars en gains et bénéfices sanitaires.

À l’inverse, le manque d’éducation ralentit les progrès en termes de développement économique et social, de durabilité environnementale et de paix et de stabilité durables. Par exemple :

  • Le coût du non apprentissage des bases par 250 millions d’enfants équivaut à une perte de 129 milliards de dollars par an
  • Certains pays perdent plus d’1 milliard de dollars par an en n’éduquant pas les filles au même niveau que les garçons
  • L’éducation des filles a permis d’éviter plus de 30 millions de décès d’enfants âgés de moins de cinq ans et 100 millions de décès chez les adultes
  • Le ralentissement des progrès en matière d’éducation pourrait produire une augmentation de 20 % par décennie des décès liés aux catastrophes
  • Dans les pays ayant deux fois plus d’inégalités en matière d’éducation, la probabilité de conflit est multipliée au moins par deux.

(Pour les sources, rendez-vous sur notre page consacrée aux données de l’éducation)

On estime qu’une augmentation du taux de scolarisation dans le secondaire de 30 % à 81 % réduit les risques de guerre civile de près de deux-tiers. (Pour les sources, rendez-vous sur notre page consacrée aux données sur l'éducation)

Les pays ne peuvent pas se permettre de ne pas investir dans l’éducation

Nous pouvons donc remettre en question l’argument selon lequel les États n'ont pas les moyens d'investir dans l’éducation et démontrer le contraire, puisqu’en réalité, nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas investir. Tout est question de priorités. L’investissement dans l’éducation, surtout dans l’éducation des filles, est un investissement pour un avenir prospère, pacifique et durable.

Les participants aux débats ont souligné le fait que les femmes qui ne savent pas lire ne participent pas aux prises de décision et ne connaissent pas leurs droits. Elles n'ont donc pas l'assurance et les compétences qui leur permettraient de résister à l’intimidation et sont donc particulièrement vulnérables à la corruption.

Le message est clair – émanciper les femmes pour lutter contre la corruption sous toutes ses formes dépend de l’éducation : il faut s’assurer que les filles peuvent aller à l’école et que le système scolaire soutienne leur apprentissage et leur capacité à participer pleinement dans la vie sociale, économique et politique. Le GPE a entrepris de relever ce défi en se dotant d’une politique et stratégie sur l’égalité entre les sexes et en soutenant les pays en développement partenaires dans l’élaboration de plans sectoriels de l’éducation favorisant cette égalité.

Nous nous joignons à l’appel de la société civile pour exiger que les gouvernements garantissent non seulement l’identification des ressources destinées à l’éducation, mais également leur allocation et leur dépense, afin que soit entièrement mise en œuvre la vision d’une éducation de qualité équitable, inclusive et gratuite pour tous, ainsi que des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie.

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commentaires

Bonjour Madame Davies, Je reçois quotidiennement les bulletins d'infos et je suis accroché à la pertinence de vos analyses. Votre article. On ne peut pas se permettre de ne pas investir dans l'éducation des filles le montre à suffisance, à savoir la relation entre éducation des filles et atteinte des objectifs de développement durable. Je me nomme Lucien Blaise KOONA, Psychologue Conseiller d'orientation, Promoteur de l'EDD au Cameroun, Expert en éducation au développement durable, Co fondateur du RAEDD, réseau africain pour l'EDD. Mes références sont à votre disposition. Je suis dans l'attente EE travailler avec vous. Durablem

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