Des partenariats pour le progrès : l'importance des technologies éducatives dans les pays touchés par un conflit

Les technologies éducatives sont perçues comme un moyen pouvant aider à accélérer les progrès vers l’atteinte du quatrième objectif de développement durable. À travers "Can’t Wait to Learn", un programme d’apprentissage ludo-éducatif sur tablette, War Child Holland associe recherches expérimentales et de mise en œuvre participatives et politiques pour générer des connaissances et des preuves sur la manière d'adapter et d'étendre les programmes d’apprentissage basés sur les technologies éducatives dans les pays touchés par un conflit.

18 mars 2021 par Jasmine Turner, War Child Holland
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Lecture : 5 minutes
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UNICEF Soudan/Soudan/Bos/2019
Credit: UNICEF Soudan/Soudan/Bos/2019

Ce blog a été précédemment publié sur le site web de KIX.

Il est le premier d'une série de deux traitant des premières conclusions des projets soutenus dans le cadre de l'initiative de financements de projets à l'échelle mondiale de KIX et de la manière dont ils mobilisent les systèmes et les acteurs de l’éducation dans les pays concernés.

L’année dernière, le secteur de l'éducation a été perturbé à l’échelle mondiale comme jamais auparavant. On est passé de 258 millions à 1,6 milliard d’enfants non scolarisés à travers le monde. Un chiffre particulièrement inquiétant. Les technologies éducatives (« EdTech » du sigle en anglais), ont été largement présentées comme un moyen potentiel de stopper le recul des progrès vers l'atteinte du quatrième objectif de développement durable.

Face à ce constat, l'ONG War Child Holland a mis en œuvre un programme d’apprentissage par le jeu qui fonctionne sur tablette baptisé Can’t Wait to Learn. Cette innovation est en fait au coeur de notre partenariat avec le mécanisme de Partage de connaissances et d’innovations (KIX) du Partenariat mondial pour l’éducation.

À travers le projet baptisé Favoriser l’impact au moyen de technologies éducatives novatrices : forger des liens entre les politiques, la recherche et la pratique, financé par le KIX, War Child Holland combine recherche expérimentale et exécution, recherche participative et recherche des politiques pour générer des connaissances et des données probantes sur la façon d’adapter et d’étendre les programmes basés sur des technologies éducatives dans les pays touchés par des conflits.

Qu’est-ce que le programme Can’t Wait to Learn ?

S'appuyant sur près de dix ans de recherche, le programme Can’t Wait to Learn a été conçu pour la première fois en 2012, par l’Université Ahfad pour les femmes, War Child Holland et l'Organisation néerlandaise pour la recherche scientifique appliquée.

Le jeu Can’t Wait to Learn qui actuellement permet d'apprendre la lecture et la numératie propose un univers fait de jeu, de mini-jeux et de vidéos ludo-éducatives. Des vidéos aident les enfants à faire des progres dans les mini-jeux, qui consistent en des tâches et des défis variés qui leur permettent de déverrouiller les différentes étapes du jeu, d'obtenir des récompenses et de découvrir des histoires.

Le programme Can’t Wait to Learn a été initialement conçu pour les nombreux enfants non scolarisés, actuellement estimés à plus de 3 millions, que l'on recense au Soudan. Depuis lors, War Child Holland a travaillé avec les gouvernements, des organisations non gouvernementales nationales et internationales, des organismes communautaires et des agences du système des Nations Unies, afin que sa conception, son contenu et son modèle d’exécution puissent être équilibrés, adaptés et évolutifs.

Adapté aux rythmes et programmes scolaires, Can’t Wait to Learn s'intègre bien dans de nombreuses stratégies nationales en matière d’éducation. Il est actuellement mis en œuvre au Liban, en Jordanie, au Tchad, au Soudan et en Ouganda, dans le cadre de programmes d’éducation formelle et non formelle.

Le programme Can’t Wait to Learn au Soudan

Collaborer avec les gouvernements a toujours été fondemental dans la conception du programme Can’t Wait to Learn, de l’élaboration et l’approbation des programmes étudiés dans le jeu jusqu’à l’exécution des partenariats de recherche signés avec les autorités compétentes. Grâce au KIX cependant, nous cherchons à mieux nous enraciner pour promouvoir l’utilisation de preuves et de données dans l’élaboration et l’application de politiques et de pratiques éducatives.

Au Soudan, notre travail avec le KIX est soutenu par Dr. Hesham Elsunni, Ph.D, professeur assistant à l’Université de Khartoum et membre actif du comité en charge de l'usage des TIC dans l’éducation dirigé par le ministère de l’Éducation.

En seulement six mois, le plaidoyer passionné du Dr. Elsunni en faveur de politiques et de pratiques fondées sur des données probantes a déjà eu un impact significatif, notamment en assurant des sièges au conseil de la faculté de l’éducation de l’Université de Khartoum à deux membres du Conseil national pour l'alphabétisation et l'éducation des adultes. Leur présence au sein de ce comité facilitera la communication sur les priorités, les défis et les possibilités de collaboration entre le gouvernement et l’Université de Khartoum.

De manière générale, nous [leur] apprenons comment un établissement universitaire public peut mieux aider le gouvernement à déterminer les meilleurs investissements qu'il puisse faire pour parvenir à une éducation de qualité pour tous.

Le programme Can’t Wait to Learn en Ouganda

En Ouganda, nous avons une approche différente. Nous utilisons les fonds du KIX pour mettre au point et évaluer une intervention visant à renforcer la participation des personnes qui s’occupent des enfants et de la communauté dans l’éducation des enfants, notamment pour accroître l’équité en matière d’inscription, de fréquentation et de rétention des enfants dans le système scolaire.

Cela nous est apparu comme une priorité sur la base de recherches antérieures faites sur le programme Can’t Wait to Learn, qui a mis en évidence le faible taux de fréquentation et le taux élevé d’abandons scolaires comme des problèmes auxquels sont confrontés de nombreux pays. Ces facteurs limitent le potentiel du programme à stimuler les résultats d’apprentissage et constituent un obstacle important à l’optimisation des ressources.

Par ailleurs, nos recherches ont démontré qu’il existe une demande et un besoin importants pour une participation accrue des personnes qui s’occupent des enfants dans leur éducation, en particulier pendant la pandémie actuelle.

Si l'implication des parents est depuis longtemps reconnue comme un élément nécessaire à l’apprentissage des enfants, de nombreux gouvernements comptent désormais sur les parents pour assumer les rôles des enseignants en ces temps où les écoles sont encore fermées en raison de la COVID-19.

Le programme Can’t Wait to Learn fait partie de la stratégie de riposte du secteur de l'éducation à la pandémie de COVID-19 mise en œuvre par War Child Holland pour soutenir ces efforts. Les tablettes sont distribuées dans les foyers où vivent les enfants, parallèlement aux ressources destinées aux membres de la famille, pour aider les enfants à apprendre.

Les écoles en Ouganda étant fermées depuis plus de 12 mois, il est plus que jamais nécessaire de soutenir le rôle central des personnes qui interviennent dans l'éducation des enfants.

Le programme Can’t Wait to Learn au Tchad

Enfin, notre travail au Tchad, financé par le KIX, se concentre sur l’élaboration de normes minimales de qualité et de mécanismes d’assurance qualité, pour assurer au programme un impact durable, à grande échelle. Une approche tout à fait conforme à la stratégie de mise à l’échelle de War Child Holland.

Une évaluation récente d’une formation d’enseignants sur le programme Can’t Wait to Learn à Goz Beida, dans l’est du Tchad, menée en partenariat avec le Jesuit Refugee Service, a conduit à la mise au point d’outils qui mesurent les attitudes, les connaissances et les compétences des enseignants participant au programme.

En appliquant les leçons apprises d’un autre projet de recherche de War Child Holland (qui démontre la supériorité de la formation axée sur les compétences par rapport à la conception standardisée de la formation), nous explorons comment utiliser ces outils pour garantir que non seulement la formation et les compétences des enseignants qui en résultent répondent à des normes de qualité minimales, mais aussi comment ces outils peuvent être utilisés pour adapter la formation des enseignants, afin de combler les lacunes des participants en matière de connaissances ou de compétences.

Nos efforts pour accroître la qualité et l’efficacité de la formation des enseignants sont tout à fait conformes aux priorités du gouvernement national et des autres acteurs de l’éducation au Tchad, où les données les plus récentes (à partir de 2013) indiquent qu’un tiers des enseignants du primaire ne sont pas formés.

Nos recherches soutenues par le KIX visent à explorer, étendre et intégrer les rôles des multiples parties prenantes, telles que les personnes qui s’occupent des enfants, les collectivités, les enseignants et les éducateurs, les établissements universitaires, les organismes responsables de la mise en œuvre et les décideurs politiques, afin d’offrir une éducation durable et des programmes reposant sur des technologies éducatives basés sur des données probantes.

Dans l’ensemble, nous nous efforçons d'obtenir une compréhension holistique de ce qui fonctionne et de ce qui est encore nécessaire de faire, des politiques à la pratique, afin de répondre au besoin immédiat et à long terme d’une éducation sûre et de qualité pour tous.

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