Une approche pragmatique et unifiée pour mesurer l’apprentissage dans le monde
Comment pouvons-nous mesurer l'apprentissage au niveau mondial ? L'ISU présente quatre options pour mesurer de façon comparable l'apprentissage dans différents pays, en présentant les avantages et inconvénients de chacun et en proposant une voie pragmatique.
13 août 2017 par Silvia Montoya, UNESCO Institute for Statistics
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Lecture : 8 minutes
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Des élèves de CE 1 pendant un test de numératie à l'écolé de Chiyeke en Zambie. Crédit: GPE/Carine Durand
Des élèves de CE 1 pendant un test de numératie à l'écolé de Chiyeke en Zambie.

Le mois dernier a vu une grande avancée en matière de communication des données relatives aux acquis scolaires au niveau mondial (quels sont les enfants qui apprennent efficacement, ceux qui n’apprennent pas et pourquoi).

Au cours d’une assemblée convoquée par l’Institut de la Statistique de l’UNESCO (ISU) à Washington D.C. le 26 juin, des partenaires représentant des évaluations de l’apprentissage régionales et internationales, ainsi que des partenaires de développement se sont engagés à œuvrer ensemble pour traiter le besoin urgent de données relatives aux acquis scolaires comparables au niveau mondial.

Avec l’Objectif de développement durable relatif à l’éducation (ODD 4), la communauté internationale a convenu d’un agenda ambitieux en matière d’éducation afin d’en suivre les progrès. Partout dans le monde, le domaine de l’évaluation de l’apprentissage s’est fortement développé et amélioré. Pourtant, il reste aujourd’hui impossible de fournir, au niveau mondial, un aperçu de ce que les enfants apprennent, et ce, pour plusieurs raisons :

  • Toutes les régions n’organisent pas d’évaluations.
  • Il n’existe aucune mesure unique ni définition de niveau de compétence minimum en termes d’apprentissage quel que soit le niveau de scolarité.
  • La qualité et la portée des évaluations nationales varient.
  • Les évaluations actuelles sont basées sur différents cadres méthodologiques susceptibles de générer des résultats non comparables.

Exploration des options permettant de mesurer l’apprentissage au niveau mondial

Tout en abordant un vaste ensemble de questions, l’assemblée du mois de juin s’est spécifiquement concentrée sur ces questions de comparabilité. Il existe essentiellement quatre options :

Option 1: Chaque pays soumet les données sur la base de son propre choix d’évaluation et de définition des niveaux de compétence minimums. Cela signifie que les résultats utilisés pour le suivi de l’ODD 4 ne seront pas comparables au niveau international.

Option 2: Chaque pays soumet des données sur la base de son propre choix d’évaluation, mais la communication des données relatives à l’ODD 4 comprend également des informations sur la qualité des données et montre comment les résultats se situent par rapport à une échelle élargie en termes d’apprentissage. Avec ces données conceptuelles, il est possible d’établir certaines comparaisons entre les pays.

Option 3: Les parties prenantes œuvrent ensemble pour relier les différents items des différents types d’évaluations. Cette option permet une plus grande rigueur que les options précédentes, ainsi que la possibilité de développer de meilleures passerelles vers une échelle commune que l’option 2.

Option 4: Créer une masse de données comparables soit en encourageant davantage de pays à adopter les évaluations régionales ou internationales existantes, soit en développant une nouvelle évaluation pour les pays qui n’en possèdent pas.

Nous devons être pragmatiques

Comme nous l’avons expliqué dans des blogs précédents, les meilleures mesures et méthodologies au monde seront peu utiles si les pays sont dans l’incapacité de les produire. Nous devons donc adopter une approche pragmatique, qui pourrait consister en un mélange d’options.

Certains aspects restent toutefois non négociables. Les pays ont surtout besoin d’un certain niveau de comparabilité pour effectuer le suivi de leur progrès sur la voie de l’ODD 4 et le référencer. L’option 1 n’est donc pas envisageable.

À court terme, l’option 2 offre une voie intermédiaire de communication des données relatives à l’ODD 4. Elle serait relativement simple à appliquer et offrirait un aperçu mondial de l’apprentissage tandis que les travaux en matière de développement proposent une vue plus nuancée.

À moyen terme, l’option 3 est la plus prometteuse. Aux côtés de l’ACER, l’ISU prépare déjà le terrain pour relier les différentes évaluations en identifiant les items communs et en développant une échelle élargie en termes d’apprentissage.

Simultanément, les pays et les partenaires de développement peuvent adopter l’option 4. Tandis que le développement d’une nouvelle évaluation nécessiterait un temps et des ressources considérables, des efforts sont entrepris par le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) et d’autres pour aider davantage de pays à participer aux évaluations existantes. Cela ne signifie pas que les initiatives régionales ou internationales peuvent remplacer les évaluations nationales, qui offrent des données riches et détaillées nécessaires à l’orientation des décisions et de la planification politiques, possédent une légitimité et remportent l’adhésion au niveau local.

Les évaluations internationales complètent les évaluations nationales tout en contribuant à la production de mesures de l’apprentissage au niveau mondial relatives à l’ODD 4. Elles aident également les pays à renforcer leurs capacités à développer leur propre système national d’évaluation.

Accord sur une approche par tremplins

Cette approche par tremplins a été largement approuvée par les parties prenantes participant à l’assemblée du mois de juin. Elle comprend les enjeux politiques, les questions techniques et la nécessité de trouver un équilibre entre pragmatisme et exactitude.

Il nous faut reconnaître que les indicateurs de l’ODD 4 sont des baromètres qui montrent quels pays (et pour une question d’équité, idéalement, quels segments de quels pays) sont en progrès et lesquels ont besoin d’aide.

Au lieu de cibler les méthodologies les plus rigoureuses, nous sommes susceptibles de mieux servir le monde en adoptant une approche pragmatique afin de produire des mesures au niveau mondial tout en aidant les pays à améliorer la qualité et l’exploitation de leurs données nationales.

Nous avons proposé des échéances assez serrées lors de l’assemblée de juin, notamment celle concernant une réunion plus longue dans le but de régler les questions techniques et de confirmer une feuille de route pour l’établissement de liens entre les évaluations, au plus tard à la mi-septembre 2017.

Pendant ce temps, nous avons besoin d’un modèle de financement à présenter aux partenaires de développement, à l’aide de plusieurs leviers, afin d’étendre leur soutien à travers les évaluations régionales et internationales. Nous avons également besoin de l’implication active des pays et d’un modèle de partenariat afin de renforcer les capacités statistiques de ces derniers pour continuer à avancer ensemble dans la même direction.

Nous avons du pain sur la planche, mais avec ce nouvel engagement à l’action unie, nous sommes confiants dans le fait que la production de données relatives aux acquis scolaires comparables au niveau mondial est enfin à portée de main.

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