Histoires des héros méconnus de l’éducation
La Journée mondiale des enseignants est l’occasion de célébrer les enseignants qui jouent un rôle de premier plan dans la réalisation du droit des enfants à l’éducation. Découvrez certaines de leurs histoires, comme celle de Bin Nou au Cambodge, Lalao à Madagascar ou Yusuf au Soudan.
5 octobre 2018 par Secrétariat du GPE|
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Un bon enseignant peut changer beaucoup de vies. Même avec les écoles les mieux équipées ou les meilleurs manuels scolaires, sans enseignants, les enfants ne pourront pas apprendre et progresser. Néanmoins, les enseignants sont souvent les héros méconnus de l'éducation, avec des salaires bas et une faible reconnaissance de leur travail dans trop de pays.

Au GPE, nous pensons que les enseignants sont au cœur du processus d’apprentissage et jouent un rôle essentiel dans l’amélioration des résultats de l’apprentissage. C’est pourquoi tous les financements en cours accordés à nos pays partenaires incluent un soutien à la formation des enseignants.

Alice Albright, Directrice générale du GPE, a déclaré :

L'interaction humaine entre des enseignants qualifiés et dignes de confiance et les enfants est au cœur de l'apprentissage. Il est essentiel de placer le soutien accru aux enseignants - pour leur formation et leur matériel essentiel - au centre de notre travail.
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Bin Nou - Cambodge

Bin Nou - Directrice de l'école primaire Ta Tum à Siem Reap, au Cambodge. Crédit photo : Claire Eggers
Bin Nou - Directrice de l'école primaire Ta Tum à Siem Reap, au Cambodge

Bin Nou est la directrice de l'école de Ta Tum dans le district de Bantheay Srey à Siem Reap, au Cambodge. Elle a été formée pour identifier les élèves ayant des problèmes oculaires, afin d'éliminer les obstacles à la participation effective et la réussite scolaire. « Nos villages n'ont pas facilement accès à des fournisseurs de soins oculaires et les lunettes ne sont pas disponibles à notre niveau. Par conséquent, les problèmes oculaires ne sont presque jamais traités », explique-t-elle.

Déterminée à faire une différence dans son école, Nou a réalisé des tests oculaires à tous les 205 élèves et a pu identifier que l'une d'entre eux, Matai âgé de 8 ans et en 3ème année, avait besoin de lunettes. Matai, qui avait à choisir des lunettes à partir d'un large éventail de différentes trames colorées, a porté son choix sur une paire de couleur jaune, sa couleur préférée.

Nou espère qu'avec une vue améliorée, les résultats de Matai seront meilleurs, ce qui est bien sûr inestimable; fruit d'une intervention très simple et à faible coût.

Lalao - Madagascar

Lalao Marie-Angèle, vit à Masindray, une zone rurale située à 15 kilomètres de la ville principale de Manazary, à Madagascar. En 2013, elle ouvre la première école communautaire de son village dans une vieille maison avec un sol en briques qui était auparavant utilisé comme un bureau pour l'administration du village. Les deux salles de classes ouvertes ont permis à 65 enfants d'être scolarisés et de s'instruire. Lalao était la enseignante et tenait les deux classes.

Quelques mois plus tard, une délégation du ministère de l'Éducation est venue visiter la région et a vu l'état de l'école. La forte motivation de Lalao et des parents a convaincu les responsables de financer la construction d'une nouvelle école dans son village. Dans la communauté, la nouvelle école de deux salles de classe a ouvert ses portes au cours de l'année scolaire 2015-2016. Il y avait de nouveaux bureaux, des tableaux noirs, des toilettes et même une rampe pour les fauteuils roulants.

En septembre 2016, l'école a reçu 54 nouveaux manuels grâce à un programme financé par le GPE et des trousses scolaires ont été distribuées aux 172 enfants inscrits pour l'année scolaire 2016-2017. Lalao est maintenant directrice de l'école et secrétaire du Conseil de gestion des écoles au niveau de la commune.

Tukur Yusuf - Nigeria

Tukur Yusuf entouré de ses élèves dans une école au Nigéria
Tukur Yusuf entouré de ses élèves dans une école au Nigéria

Tukur Yusuf est enseignant à l'école centrale de Miga, dans l'État de Jigawa, au Nigéria. Tukur admet qu’enseigner des filles dans sa culture pose de nombreux défis : « Beaucoup de filles ne viennent pas à l’école à temps. Les parents préfèreront plutôt leur faire vendre quelque chose - surtout de la nourriture - avant qu'elle n'aillent à l'école le matin. Alors, quand elles finissent et arrivent à l'école, elles sont généralement en retard de plusieurs heures. Gênées, elles auront honte d'entrer dans la salle de classe et resteront ainsi à l'extérieur. »

Un autre problème est qu'il ne peut pas enseigner les filles une à une car, c'est culturellement inacceptable. « Cela semblerait inapproprié et mettrait potentiellement [les filles] dans une position délicate », a-t-il expliqué. En conséquence, il organise généralement des révisions avec des groupes de filles chaque fois que certaines d’entre elles manquent des cours à cause de leur menstruation par exemple.

Pour rendre sa classe plus « conviviale pour les filles », Tukur affirme : « mes leçons sont très interactives. Je fais participer tout le monde et appelle tout le monde, garçons et filles. Je vérifie leurs livres à tous. En cas d'erreur, je fais la correction devant tout le monde, afin que cela leur profite à tous. »

Tulasha Malla Shah - Népal

Tulasha Malla Shah, enseigne les enfants malentendants du lycée de Thuma, à Bajura, dans les montagnes de l'extrême ouest du Népal. Malla a reçu une formation en éducation inclusive de HI et est très dévouée pour aider les enfants handicapés à lire et à apprendre. Crédit: © Pralhad GAIRAPIPLI/HI
Tulasha Malla Shah, enseigne les enfants malentendants du lycée de Thuma, à Bajura, dans les montagnes de l'extrême ouest du Népal. Malla a reçu une formation en éducation inclusive de HI et est très dévouée pour aider les enfants handicapés à lire et à apprendre.
CREDIT: Pralhad GAIRAPIPLI/HI

Tulasha Malla Shah est une enseignante dévouée. Elle enseigne les enfants mal entendants dans un établissement situé dans l'extrême ouest du Népal. Elle vit dans une région montagneuse isolée, inaccessible par la route plusieurs mois par an en raison des fortes chutes de neige. Le terrain difficile et le niveau élevé de pauvreté dans la région rend particulièrement difficile l'accès des enfants à l'éducation, les enfants handicapés en particulier.

Tulasha a déclaré : « Je suis devenue intéressée par l'enseignement des enfants malentendants après avoir suivi un cours de langue des signes organisé par le gouvernement du Népal en 2006. Ce cours m'a permis de voir comment je pouvais aider les enfants malentendants à apprendre plus facilement et à aider communiquer avec eux. »

Elle est devenue depuis lors plus confiante dans l'enseignement de la lecture et de l'écriture aux élèves malentendants. Elle nous a raconté son expérience et son dévouement à son travail, et pourquoi cela lui apporte un « bonheur sans pareil! »

Ogolli William Orem - South Sudan

Ogolli William Orem est professeur principal à l'école centrale d'Ayii, située à environ 100 km de la capitale Juba, au Soudan du sud. Ogolli est au service de l'école depuis 2008. Il comprenait très bien les besoins de son école et a réussi à acheter plus de 500 briques avec le soutien de la communauté pour commencer à construire des salles de classe.

Lorsque son école a reçu un financement du GPE, il a déclaré : « Je suis vraiment très heureux du programme du GPE qui a contribué à la construction de notre école. Au cours des années précédentes, le nombre d’inscriptions à l’école n’a pas dépassé 400 mais, au fur et à mesure de l’entrée en vigueur du programme du GPE, le nombre d’apprenants a augmenté. »

En plus d'un environnement scolaire adéquat, Ogolli a également reconnu que l'école avait constamment besoin de plus d'enseignants en raison du conflit en cours dans le pays. « J’encourage donc le GPE et ses partenaires à venir construire l’école et améliorer notre apprentissage », a-t-il souligné.

Jacqueline Jumbe-Kahura - Kenya

Jacqueline Jumbe-Kahura et ses élèves au Kenya. Crédit: Jacqueline Jumbe-Kahura/Facebook
Jacqueline Jumbe-Kahura et ses élèves au Kenya.
CREDIT: Jacqueline Jumbe-Kahura/Facebook

Jacqueline Jumbe est enseignante bénévole à l'école de Makonjemare dans le comté de Kilifi, au Kenya. Jacqueline a déclaré : « L'enseignement faisait partie de l'environnement dans lequel j'ai grandi. Mes parents ont enseigné et ma sœur aînée est devenue enseignante également. À la maison, on a beaucoup parlé d’enseignement et de la raison pour laquelle c’était la meilleure profession. J'ai développé l'envie d'enseigner d'autres jeunes à l'âge de 9 ans. »

Lorsqu'elle a rejoint la profession, elle a rapidement noté les facteurs d'inégalité et de démotivation, non seulement chez les élèves, mais aussi chez ses collègues éducateurs. Cependant, cela ne l'a pas empêchée d'enseigner. Elle a décidé de devenir « une enseignante différente » et a plus tard fondé une organisation appelée « Lifting the Barriers, Education and Development », qui sert de plateforme permettant aux enseignants de partager leurs points de vue sur la recherche ou les manquements propres à leur profession.

Son message aux enseignants est le suivant : « Nous sommes importants, nous comptons vraiment et notre rôle dans le développement humain ne peut être sous-estimé. J'encourage tous les enseignants à faire ce qu'ils peuvent pour trouver le vrai bonheur dans leur profession. »

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