Papouasie-Nouvelle-Guinée : quand le fonds à effet multiplicateur du GPE favorise un meilleur apprentissage
L’exemple de la Papouasie-Nouvelle-Guinée montre en quoi le fonds à effet multiplicateur du GPE constitue un moyen plus efficace de renforcer le système éducatif d’un pays.
10 avril 2019 par Theodore Talbot, Global Partnership for Education Secretariat, et Muhammad Tariq Khan, Global Partnership for Education
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Lecture : 3 minutes
Des élèves d'une école primaire à Port Moresby en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Crédit : GPE/Jeff Ramin
Des élèves d'une école primaire à Port Moresby en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Lors de sa première réunion de l’année, le Comité des financements et performances a examiné et recommandé pour approbation, un financement innovant visant à soutenir l’apprentissage au cours des premières années en Papouasie Nouvelle Guinée (PNG). Le Conseil d’administration du GPE a approuvé ce financement la semaine dernière.

Comme tout financement du GPE, celui-ci contribuera à soutenir les efforts de l’État pour scolariser les enfants, les maintenir à l’école et veiller à ce qu’ils apprennent tout au long de leur scolarité.

Dans ce cas précis cependant, le financement classique du GPE a été complété par un financement additionnel issu de son fonds à effet multiplicateur, un instrument de financement innovant, qui a permis de libérer d’autres fonds, en guise de cofinancement, auprès de l’État japonais.

Pour bénéficier d’un fonds à effet multiplicateur, les pays ayant d’autres bailleurs mobilisent de nouvelles ressources à investir dans leur plan sectoriel de l’éducation tout en obtenant des fonds supplémentaires auprès du GPE. Il s’agit tout simplement d’une nouvelle approche du financement classique.

L’exemple de la PNG montre comment le fonds à effet multiplicateur permet de mobiliser davantage de fonds, booster les partenariats et limiter les risques d’éparpillement – une façon plus efficace de soutenir le plan national géré par un pays.

Des progrès et des défis au niveau national

La Papouasie-Nouvelle-Guinée prend l’éducation très au sérieux. La part du secteur dans le budget national (après service de la dette) a grimpé pour passer d’environ un cinquième des fonds publics en 2010, à près d’un quart en 2017 (24 %). Cet investissement, complété par les efforts essentiels des organisations confessionnelles, a permis d’augmenter le taux de scolarisation. Plus de trois enfants sur quatre en âge d’être à l’école primaire sont ainsi scolarisés.

Mais, beaucoup reste encore à faire. Après le cycle primaire, le taux de scolarisation chute brusquement pour les garçons, et davantage encore pour les filles. Plus largement, le système éducatif de la PNG a du mal à transformer les progrès relatifs à la scolarisation en apprentissage de meilleure qualité. Selon l’évaluation des capacités en lecture, écriture et calcul des îles du Pacifique, seul un élève de 5ème année sur cinq satisfait ou excède les compétences standard en matière de lecture et d’écriture, et un sur deux en mathématiques.

Scolariser les enfants ne se traduira pas complètement par du développement humain si ces derniers n’acquièrent pas des compétences en calcul, lecture et écriture, et pensée critique. La communauté internationale se trouve là face à une crise de l’apprentissage, et non de la scolarisation.

Le plan national de la PNG est de traiter le problème sur plusieurs fronts.

Les nouveaux financements soutiendront le pays dans l’amélioration des acquis scolaires au cours des premières années en maths et sciences, tout particulièrement dans les provinces affichant une faible performance.

Il s’agira pour cela de renforcer la formation des enseignants, et surtout des enseignantes, et de fournir très tôt des manuels de lecture aux enfants.

Un meilleur partenariat pour de meilleurs résultats

Le gouvernement du Japon a permis à la PNG d’accéder au fonds à effet multiplicateur du GPE, en complément d’un financement classique, en apportant 10,5 millions de dollars supplémentaires. Fondamentalement, tous les financements se combinent ainsi pour réaliser l’objectif national d’amélioration des acquis scolaires en soutenant un plan national cohérent.

Les plus de 20 millions de dollars investis collectivement par le Japon et le GPE ne constituent pas une faible somme. Mais, les gouvernements nationaux sont de loin les investisseurs de l’éducation les plus généreux et les plus importants. Cela signifie qu’il est essentiel de soutenir les plans nationaux de l’éducation, eux-mêmes étant fortement soutenus par un ensemble de partenaires du GPE.

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, il s’agit de l’Australie (à travers la DFAT) et d’organisations de la société civile, notamment Save the Children Australie, l’organisation sélectionnée pour gérer et décaisser le financement du GPE sur le terrain.

Tout cela comporte également une logique financière. Le Japon, en tant que bailleur, libère davantage de ressources multilatérales du GPE qui ne seraient pas autrement disponibles, et le GPE mobilise nos ressources limitées pour attirer des aides accrues et améliorées pour le pays.

Quelle est la prochaine étape ?

Aucun financement ou innovation ne suffit à transformer le système éducatif d’un pays. Tout d’abord, des données probantes montrent que les bénéfices d’une augmentation des intrants tels que les manuels scolaires sont positifs, mais au final, limités.

Nous espérons plutôt, jusqu’ici en Papouasie-Nouvelle-Guinée et ailleurs, que le fonds à effet multiplicateur continuera de faire émerger de nouveaux capitaux, partenaires et innovations en concentrant l’aide extérieure sur les priorités nationales, afin que les pays partenaires puissent récolter les fruits de sociétés plus productives, équitables et compétentes.

 

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