Comment le secteur de la philanthropie aide-t-il les pays à se remettre de la crise du COVID-19 : cas de la Sierra Leone et du Kenya ?

En Sierra Leone, au Kenya et d’autres pays où les réponses du secteur de l'éducation à la crise du coronavirus ont été soutenues par le GPE, le secteur de la philanthropie a joué un rôle crucial dans la réponse aux besoins, le soutien à la mise en œuvre accélérée des solutions d'apprentissage alternatives et à distance, le développement professionnel des enseignants et l’amélioration des approches qui fonctionnent pour les apprenants les plus à risque d'être laissés de côté.

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COVID recovery and the role of philanthropy: LessoHon. David M. Sengeh, ministre de l'Éducation de la Sierra Leone (en haut à gauche), E. Abdi, OGW, Secrétaire général du ministère de l'Éducation du Kenya (en haut à droite) et Alice Albright, Directrice générale du GPEs from Sierra Leone and Kenya
Hon. David M. Sengeh, ministre de l'Éducation de la Sierra Leone (en haut à gauche), E. Abdi, OGW, Secrétaire général du ministère de l'Éducation du Kenya (en haut à droite) et Alice Albright, Directrice générale du GPE, s'exprimant lors de la dernière des 8 discussions en ligne animée par le Groupe des bailleurs de fonds pour l'éducation internationale, le 16 juillet.

Le secteur de la philanthropie n'a pas hésité à soutenir les réponses des pays au COVID-19. Dans le secteur de l'éducation comme dans bien d'autres, les fondations, les fonds initiés par les donateurs et d'autres bailleurs privés ont rapidement mis au point des stratégies de réponses inédites pour soutenir leurs partenaires ou bénéficiaires. Beaucoup ont fait un effort supplémentaire et, au-delà de leurs fonctions habituelles, ont apporté un soutien financier et technique exceptionnel là où cela était le plus nécessaire.

En Sierra Leone, au Kenya et dans de nombreux pays dont les réponses du secteur de l’éducation ont été soutenues par le GPE, l'objectif principal a été de minimiser les perturbations de l'apprentissage.

« Ce qui est important pour le moment, c'est de veiller à ce que l'apprentissage se poursuive. »

Elyas Abdi Jillaow, OGW, Secrétaire général du ministère de l'Éducation, Kenya

La Sierra Leone et le Kenya partagent l’expérience de leurs réponses à la pandémie

Le 16 juillet, durant la dernière des 8 discussions en ligne facilitées par le Groupe des bailleurs de fonds pour l'éducation internationale, un groupe important et diversifié de fondations octroyant des financements en faveur de l'éducation et réfléchissant sur les efforts de coordination et de plaidoyer à mettre en œuvre à l’échelle mondiale en réponse au COVID-19.

Des conversations inspirantes et franches qui ont vu la participation de personnalités telles que M. David Moinina Sengeh, ministre de l'Enseignement primaire et secondaire, et chef de l'innovation pour le compte de la Sierra Leone ; et M. Elyas Abdi Jillaow, OGW, Secrétaire général du ministère de l'Éducation du Kenya et responsable du département en charge de la petite enfance et de l'éducation de base. Ces derniers ont présenté les contours des plans d’intervention d’éducation d’urgence dans leur pays. Alice Albright, Directrice générale du Partenariat mondial pour l'éducation s'est jointe à eux pour discuter des leçons clés à ce jour, en ce qui concerne les réponses du secteur de l'éducation de manière globale, le financement et les partenariats durant la pandémie et au-delà.

En Sierra Leone et au Kenya, les groupes nationaux de travail sur l'éducation d'urgence travaillent d'arrache-pied depuis mars pour imaginer et créer des solutions d'apprentissage continu, à distance et en ligne, allant de l'expansion de la diffusion des programmes éducatifs via la radio et la télévision à la numérisation de matériels d’apprentissage ou d’efforts de formation pratique en « littératie numérique » pour les 350 000 et 85 000 enseignants du Kenya et de Sierra Leone, respectivement.

À ce stade, aucun des pays n'est en mesure de rouvrir complètement et en toute sécurité ses écoles. Les fermetures d'écoles sont même susceptibles de durer jusqu'à début 2021 au moins au Kenya, pour le préprimaire, le primaire et le secondaire. Cela soulève des inquiétudes légitimes concernant les risques d'abandon, notamment parmi les enfants les plus vulnérables.

« Nous ne sommes qu'au début de la fin car les besoins vont continuer d’évoluer. Nous courons le risque que des millions d'enfants vulnérables ne puissent pas retourner à l'école au moment de leur réouverture. ».

Alice Albright, Directrice générale du Partenariat mondial pour l’éducation

Un rôle crucial pour le secteur de la philanthropie

Les bailleurs de fonds du secteur de l'éducation qui ont rejoint la session ont manifesté un vif intérêt à comprendre comment le secteur de la philanthropie peut être un allié pour mieux répondre aux besoins non satisfaits, soutenir le renforcement rapide des solutions d'apprentissage alternatives et à distance et le développement professionnel des enseignants, et améliorer les partenariats qui fonctionnent pour les apprenants les plus à risque d'être laissé pour compte.

Les salles de classe, les écoles et les systèmes éducatifs de demain ne devraient pas ressembler à ceux d'il y a trois mois. Les systèmes éducatifs auront besoin d'un redémarrage complet, car la crise de l'apprentissage pré-COVID risque d'être aggravée, en particulier pour les enfants les plus vulnérables.

En Sierra Leone, l’amère expérience des fermetures d’écoles pendant la crise d’Ebola, qui a indirectement entraîné des milliers de grossesses chez les adolescentes, est encore présente dans les mémoires.

Au Kenya, les décideurs politiques tirent déjà la sonnette d'alarme face à l’augmentation des cas de travail des enfants, des mariages précoces, de violences sexistes et d'autres problèmes liés à la protection de l'enfance.

S'il faut entrevoir une lueur d'espoir dans cette crise, c'est qu’elle constitue également l'occasion pour les systèmes éducatifs, les programmes et les dirigeants à tous les niveaux de redoubler d'efforts pour un apprentissage de qualité pour tous et d'initier des transformations plus équitables dans le secteur de l’éducation.

Le secteur de la philanthropie et les fondations ont un rôle à jouer en tant que partenaires de développement à part entière dans ces transformations. Leur agilité dans la programmation et le financement, ainsi que leurs engagements en faveur de l'inclusion, de la justice sociale et de l'équité ont été salués au cours de la session. Leur appétence pour l'innovation peut potentiellement soutenir les diverses réponses à la crise susceptibles de maintenir les apprenants de tous les âges engagés dans l’apprentissage, et de combler le fossé en matière de données en temps réel axées sur les politiques que le ministre Sengeh et le Secrétaire général Abdi ont réclamé.

« La COVID est bien là, les écoles ont été fermées, mais mon désir de transformer l'éducation et d’assurer un apprentissage de qualité à tous les enfants n'a pas changé, et cela ne peut pas s'arrêter. ».

David Moinina Sengeh, Ministre de l'éducation, Sierra Leone

En effet, ce qui a été accompli jusqu'à présent constitue une étape importante certes, mais il ne s’agit là que de la première étape. A mesure que la crise évolue, les restrictions budgétaires dans le secteur de l'éducation deviennent une nécessité, voire une urgence, et il faut agir maintenant.

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