L'éducation en République centrafricaine

La crise de 2013 a eu des effets extrêmement négatifs sur le système éducatif. En 2015, selon le rapport d’évaluation du Cluster Education, les taux d’inscriptions ont connu une chute de 6 % par rapport à 2012, du fait que les écoles n’étaient pas fonctionnelles. Parmi les raisons de ce non fonctionnement, l’on note principalement l’absence d’enseignants (49 % des cas), les déplacements des populations (31 %), la destruction des locaux (21 %) et l’insécurité (26 %).

Par ailleurs, le nombre total des cas d’attaques rapportés contre le système éducatif depuis 2017 est de 815. Les enseignants qualifiés qui fuient les combats dans les zones rurales sont souvent remplacés par des "maîtres-parents" peu ou pas qualifiés, les écoles publiques comptant 61 % de ces "maîtres-parents".

Le Plan de Transition 2015-2017 visait à organiser le retour progressif vers un déroulement normal des activités scolaires, en particulier pour le cycle primaire, et un fonctionnement régulier du secteur, permettant de reprendre le chemin du développement. Trois objectifs spécifiques y étaient attachés :

  • accompagner le retour à un fonctionnement normal des écoles en facilitant la transition entre les activités d’urgence et les conditions ordinaires d’enseignement.
  • retrouver d’ici 2017 le niveau quantitatif et qualitatif des établissements d'enseignement primaire et secondaire d’avant 2013 et les tendances au développement des écoles que le pays avait atteintes avant la crise.
  • mettre les autorités sectorielles en position de formuler de nouvelles prévisions sectorielles à long terme.

Le pays a décidé de prolonger le Plan de Transition sur les années 2018 et 2019. Cette prolongation s’inscrit, par ailleurs, dans le cadre du Plan de Renforcement et de Consolidation de la Paix en Centrafrique (PRCPCA) pour permettre une pérennisation des acquis.

Blogs et actualités

Des enfants feuilletant avec fierté leur manuel scolaire. RCA 2015. Crédit: UNICEF/KIM
10 décembre 2018
Afin d’accroître le nombre d’enfants scolarisés et améliorer la qualité de l’éducation en République centrafricaine, le GPE et l’UNICEF ont récemment lancé un programme d’appui au secteur de l’...
Le programme de financement accéléré du GPE a donné espoir à de nombreux enfants en RCA qui souhaitent continuer à apprendre malgré la crise. CAR, 2015. Crédit: UNICEF/KIM
23 septembre 2018
Dans une interview récente, la représentante de l’UNICEF en RCA a tenu à rappeler que le programme financé par le GPE l’année dernière a contribué à reconstruire, réhabiliter des écoles, les...
Des enfants dansent et chantent dans une école d'un camp de réfugiés à Cox's Bazar au Bangladesh. Crédit : GPE / Daisuke Kanazawa
20 septembre 2018
En réponse aux crises humanitaires sévissant au Bangladesh et en République centrafricaine, le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) va fournir 14,6 millions de dollars de financement d’urgence...

Dernier financement

Une jeune élève attendant patiemment que l’enseignant annonce la réponse à une question en cours de mathématiques. RCA, 2015.

CREDIT: UNICEF/KIM
Objectif de développement: améliorer l’accès à l’éducation dans un environnement d’apprentissage protecteur pour les enfants en âge du préscolaire et du cycle primaire, notamment pour les filles et les enfants en situation précaire ; fournir une formation initiale et continue aux enseignants et cadres de suivi pédagogique ; améliorer la gouvernance financière, administrative et pédagogique du MEPSTA.
Allocation:6 320 000 $US
Années:2018 - 2019
Agent partenaire:UNICEF

En septembre 2018, le Conseil du GPE a approuvé un financement accéléré de 6,3 millions de dollars en faveur la République Centrafricaine, afin de permettre au pays de mener une variété d’interventions auprès des élèves de maternelle et du primaire, notamment l’instauration de salles de classe dans les zones où sont situées les familles déplacées, la fourniture de matériels pédagogiques d'apprentissage, de repas, d’infrastructures d’accès à l’eau, d’assainissement et d’hygiène. Les enfants déplacés et ceux des communautés voisines bénéficieront de ce soutien.

Pour appuyer la mise en œuvre du Plan de Transition révisé, le projet comprend quatre composantes :

La composante 1, visant à améliorer l’offre scolaire et l’environnement d’apprentissage pour un meilleur accès à l'enseignement maternel et primaire, comprend trois sous-composantes qui seront mises en œuvre avec l’appui des ONG. La sous-composante 1 prévoit la construction de 50 nouvelles salles de classes de type hangar pour améliorer les conditions d’apprentissage ; de 100 salles de classe de maternelle semi-permanentes sous des tentes dans les écoles ne disposant pas de maternelle ; et d’infrastructures d’eau, d’assainissement et d’hygiène (réhabilitation/construction de 70 blocs de latrines et construction de 16 forages) pour augmenter la proportion des filles scolarisées. Les sous-composantes 2 et 3 prévoient respectivement : d’équiper les écoles ciblées par le projet de tables-bancs, et pour soulager les familles ; de fournir aux enfants présents à l’école un repas et de doter les filles de kits d’hygiène. La sous-composante 3 incluera également une campagne de scolarisation.

La composante 2 comprend quatre sous-composantes pour s'assurer que tous les enfants ont accès à un service éducatif inclusif, de qualité et protecteur pendant les situations d’urgence. Pour assurer une offre éducative d’urgence en faveur des enfants en rupture scolaire, la sous-composante 1 prévoit la mise en place des Espaces Temporaires d’Apprentissage et de Protection des Enfants (ETAPES) dans les sites de déplacés, et de renforcer les capacités d’accueil des écoles des communautés hôtes. Cette sous-composante prévoit également : une formation de 6 jours pour les maîtres parents intervenant dans des ETAPES ; la dotation des maîtres-parents d'une prime mensuelle de 35,000XAF ; une formation des encadreurs du préscolaire des ETAPES et la dotation des ETAPES de mobilier adapté au préscolaire ; des activités de sensibilisation des préadolescents et adolescents pour réduire les risques liés aux abus sexuels, aux différents types d’exploitations, et autres comportements à risques ; un appui psychosocial pour les enfants affectés par les conflits. Avec la sous-composante 2, 48 000 kits écoliers seront disponibles dans les lieux décidés en concertation avec le Cluster éducation et la cellule Urgence du MEPSTA. Les capacités du MEPSTA seront renforcées par rapport à la gestion de l’urgence et le gouvernement sera appuyé dans la mise en œuvre de la déclaration sur les écoles sécurisées à partir des sous-composantes 3 et 4.

La composante 3 a pour objectif d’améliorer la qualité de l’enseignement primaire et maternelle. Avec la sous-composante 1, le financement va permettre de poursuivre les activités mises en œuvre avec le financement précédent du GPE, qui incluait notamment : la prise en charge de la formation initiale de deux cohortes d’enseignants (3ème année de la 2ème cohorte de 500 enseignants et 2ème année de la 3ème cohorte de 500 enseignants) ; et formation continue d’environ 600 enseignants sur les techniques pédagogiques pendant 6 jours. Les enseignants qui participeront à la formation continue vont aussi bénéficier d’un suivi par les chefs de secteur. La sous-composante 2 prévoit d’une part la formation des enseignants de la maternelle nouvellement recrutés dans les classes créées par le projet et de doter les grandes sections de guides pédagogiques ; et d’autre part de fournir un kit préscolaire dans chacune des classes créées. Il est également prévu de subventionner les 100 enseignants maîtres-parents intervant dans les classes de maternelle après leur formation. La sous-composante 3 prévoit une dotation des enseignants en liseuse qui a été introduite depuis 2015 avec Expertise France, Bibliothèques sans Frontières, l'Alliance française de Bangui et l'UNICEF.

Avec ses 3 sous-composantes, la composante 4 prévoit : d’équiper les directions clés du Ministère en matériel roulant, d’appuyer le fonctionnement du Secrétariat Technique Permanent dans son rôle de coordination, d'effectuer de légères réhabilitations des Centres Pédagogiques Régionaux (CPR) ; d’appuyer l’organisation d’atelier sur des thématiques clés et de missions conjointes interdirectionnelles ; de développer des programmes pédagogiques diffusables sur la radiotélévision scolaire ; et de renforcer les capacités sur le SIGE.

Financements

Tous les montants sont en dollars US.

Type de financement Années Allocations Décaissements Agent partenaire  
Mise en œuvre d'un programme 2018-2019 6 320 000 UNICEF
2014-2018 15 510 000 15 510 000 UNICEF
2013-2015 3 690 000 3 690 000 UNICEF
2009-2015 37 800 000 37 596 702 BIRD Rapport d'achèvement
Préparation d'un plan sectoriel 2014 14 350 9 559 UNICEF
2012 126 600 36 801 BIRD
Préparation d'un programme 2012 196 000 77 109 BIRD
  TOTAL 63 656 950 56 920 171    

Évolution du secteur éducatif

Les graphiques ci-dessous montrent l'évolution générale dans le secteur de l'éducation du pays. Pour les résultats plus détaillés de l'appui du GPE, veuillez consultez les rapports d'avancement dans la section sur les financements.

Accès

Taux d’achèvement du primaire

Taux d’achèvement du 1er cycle du secondaire

Taux d’enfants non scolarisés en âge du primaire

Taux d’adolescents non scolarisés en âge du 1er cycle du secondaire

Taux brut d’inscription au préscolaire

Indice de parité entre les sexes pour le taux d’enfants non scolarisés – Primaire et 1er cycle du secondaire

Dépenses publiques pour l’éducation en % du PIB

Dépenses publiques pour l’éducation en % des dépenses publiques (%)

Ratio élèves/enseignants formés

Enseignants formés

Source : Banque mondiale - Données sur l'éducation
Les données sur l'éducation sont compilées par l'Institut de statistique de l'UNESCO à partir des réponses officielles à des enquêtes et à partir de rapports fournis par les autorités de l'éducation de chaque pays.

Dernière mise à jour 15 novembre 2018