Burundi : aider les enfants déplacés et affectés par les catastrophes naturelles à continuer d’apprendre
04 octobre 2022 par Secrétariat du GPE |
Lecture : 4 minutes
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Découvrez comment le GPE travaille avec le gouvernement du Burundi et l'UNICEF pour assurer que l'apprentissage des enfants ne soit pas interrompu par les catastrophes naturelles dues au changement climatique.

Cynthia Tumukunde
« Le matériel reçu m'a beaucoup aidé. Si je ne l'avais pas eu, je n’aurais pas pu continuer à prendre des notes en classe. J'aimerais aussi qu’on ait plus de salles de classe à l'école, surtout pour accueillir ceux qui reviennent des camps de réfugiés. »
Cynthia Tumukunde
Élève à l'ECOFO Kibonde

Le Burundi a connu un cycle de crises dont les impacts sont encore perceptibles dans différents secteurs, dont l’éducation.

Selon un Rapport de l’UNICEF, la population y est affectée par des catastrophes naturelles (liées notamment au changement climatique), auxquelles s’est récemment ajouté l’impact de la pandémie de COVID-19, en plus d’autres endémies récurrentes comme le choléra et le paludisme. Une situation qui entrave considérablement la scolarisation des enfants.

Plusieurs communes ont enregistré un nombre important de nouveaux arrivants ces derniers mois, des familles ayant fui les inondations dans leur zone de résidence, ou d’autres, de retour de l’exil auquel elles ont été contraintes à la suite des crises sociopolitiques qu’a souvent connu le pays.

Pour soutenir ses efforts à assurer la continuité de l’apprentissage dans les contextes d'urgence et reconstruire en mieux, tout en favorisant une meilleure intégration des enfants dans le système éducatif, le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) a alloué un financement accéléré de 9,38 millions de dollars au Burundi pour soutenir le Programme d’appui à la continuité des apprentissages dans les situations d’urgence (PACASU-TUBARAMIRE, en abrégé), mis en œuvre avec l’UNICEF comme agent partenaire.

Renforcer la résilience du système éducatif

Infrastructures scolaires ne répondant pas aux normes, difficultés d’accès à l’éducation, qualité limitée de l’éducation dans les situations d’urgence…, les défis du secteur sont légion.

Les besoins en infrastructures scolaires en particulier sont énormes : plus de 1 500 salles de classe ont été détruites par les intempéries pour la seule année scolaire 2021-2022. Selon un responsable du Ministère de l’Éducation nationale et de la recherche scientifique (MENRS), « le pays a besoin d’au moins 32 000 nouvelles salles de classe supplémentaires pour atteindre un ratio de 50 élèves par enseignant par salle de classe ».

La croissance démographique observée dans les communes d’accueil crée une pression sur les infrastructures scolaires et accentue le besoin de nouvelles infrastructures. Muheto Wintare Ferdinand, directeur de l’École fondamentale (ECOFO) de Bumwe, dans la commune de Buterere (près de la capitale Bujumbura) témoigne : « Cette zone est régulièrement touchée par les inondations qui contraignent parfois les enfants des localités environnantes à quitter leurs écoles pour venir dans la nôtre. Même nous, nous sommes parfois tellement affectés par les inondations que nous devons arrêter d'enseigner. »

D’où la pertinence de programme tels que le PACASU-TUBARAMIRE qui entend permettre à chaque enfant de continuer à jouir de son droit à l’éducation, quelle que soit l’urgence. Toutefois, construire des écoles est bien, mais créer des cadres d’apprentissage « amis de l’enfant » (où tout est fait pour que l’enfant se sente véritablement à l’aise, dans un environnement protecteur et sûr) est encore mieux.

Améliorer le cadre et assurer la continuité de l’apprentissage dans les contextes d’urgence

Construction et réhabilitation de salles de classe, aménagement de stations de lavage des mains et raccordement des écoles aux systèmes communaux d’approvisionnement en eau, font partie des activités financées par le programme.

Depuis son démarrage le 1er février 2021, 103 salles de classe ont déjà été construites (en plus de toilettes séparées pour filles et pour garçons dans chaque école) ; 750 salles de classe endommagées par les inondations et autres intempéries sont en cours de réhabilitation.

Un des bâtiments du Centre de référence pour l'éducation inclusive de Kigobe, à Bujumbura, nouvellement construit grâce aux fonds du GPE.
Un des bâtiments du Centre de référence pour l'éducation inclusive de Kigobe, à Bujumbura, nouvellement construit grâce aux fonds du GPE.
Credit:
GPE/Ingomag
Ferdinand Muheto Wintare
« Ces nouvelles salles de classe ont vraiment été utiles. Au-delà des inondations, ces écoles permettront de réduire le nombre d'enfants par classe car, jusqu’ici nous avions 100 élèves par classe. »
Ferdinand Muheto Wintare
Directeur, ECOFO de Bumwe

La plupart des écoles accueillant sans distinction des élèves avec ou sans handicap, des rampes d’accès sont prévues dans celles en construction.

De plus, pour assurer la continuité de l’apprentissage pendant la crise, 137 000 enfants ont reçu des fournitures scolaires, 2 000 enseignants ont reçu du matériel pédagogique et plus de 10 000 élèves ont bénéficié de cours de rattrapage.

34 500 enfants ont bénéficié de repas scolaires quotidien, 1 850 points focaux ont été formés et affectés dans les écoles pour assurer la prise en charge psychosociale des élèves et du personnel enseignant et près de 300 000 élèves et éducateurs ont été sensibilisés sur la santé mentale et le bien-être psychosocial.

Adapter la mise en œuvre du programme aux réalités locales

Des écoles construites ou en cours de réhabilitation font parfois face à des difficultés d’approvisionnement en eau. Les programmes de rationnement des eaux en vigueur dans certaines communes, par exemple, ne permettent pas un usage optimal d’infrastructures telles que les stations de lavage des mains. À l’ECOFO de Busoro, par exemple, l’eau n’est disponible que 3 jours par semaine.

De même, l’intégration des élèves déplacés dans leur nouvel environnement reste délicate. Dans les zones frontalières comme la commune de Busoni au nord du pays (à la frontière avec le Rwanda), le Directeur provincial de l’éducation, Léandre Nkunzimana, souligne : « Nous avons beaucoup de rapatriés et certains enfants qui reviennent ne comprennent pas correctement le kirundi parce qu'ils ont, pour beaucoup, commencé à apprendre en anglais. Cela rend l’apprentissage difficile tant pour eux que pour les enseignants. »

Pour surmonter ces défis, des mesures d’adaptation ont été envisagées. Dans la commune de Mutimbuzi par exemple, où l’école nouvellement construite n’est pas connectée au réseau d’eau de la ville, un système de récupération des eaux de pluies (grâce à des faîtières) a été prévu. Une citerne d’une capacité de 2 500 litres permettra d’utiliser l’eau ainsi récupérée pour alimenter les points de lavage des mains et les latrines.

Les cours de rattrapage organisés dans certaines écoles permettent aux enfants rapatriés intégrant le système éducatif de se mettre à niveau.

Les résultats obtenus jusqu’ici sont tributaires de l’approche partenariale adoptée par le GPE, l’UNICEF et les différents partenaires de mise en œuvre aux niveaux local et national. L'implication du ministère de l'Éducation, des autorités locales et la participation communautaire favorisent l’appropriation du programme et la prévention des conflits qui auraient pu apparaitre dans sa mise en œuvre.

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Je tiens à vous remercier pour l'aide cohérente et vital, que vous donnez aux enfants Burundais en général et groupes marginalisés/vulnérables afin d'assurer l'accès et la continuité d'apprentissage

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