Créer une culture d’inclusion : l’expérience de Zanzibar
Le thème de la journée mondiale des handicapés de 2015 est : l'importance de l'inclusion
21 décembre 2015 par Lucinda Ramos, GPE Secretariat
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Lecture : 9 minutes
Un enfant malvoyant lit un texte en Braille à l'école secondaire Chake Chake de Pemba à Zanzibar. Credit: GPE/Lucinda Ramos

Partout dans le monde, parmi les principaux obstacles auxquels sont confrontées les personnes handicapées, il y a l'attitude négative qui leur est réservée et le manque de conscience de leurs droits et besoins. Stigmatisation, discrimination, ségrégation, isolement et image négative sont par trop courants.

À Zanzibar, l’introduction de l’éducation inclusive et les activités de sensibilisation mises en place par le ministère de l'éducation et la société civile semblent faire évoluer positivement les comportements chez les parents et les enseignants, ainsi qu’au sein de la communauté.

Établir le lien entre les établissements scolaires et les communautés et puiser dans les ressources communautaires n’est pas chose aisée, mais s’avère essentiel pour faire évoluer comportements et mentalités. Aujourd’hui, 28 % des 426 écoles de Zanzibar proposent une éducation inclusive.

Créer un environnement d’apprentissage inclusif

Le programme de Zanzibar modifie la façon dont les enfants marginalisés sont perçus, desservis et inclus dans le système éducatif. Il s’agit de s’engager à « créer un environnement d’apprentissage sécurisé qui soutienne tous les élèves selon leurs besoins », tel que le stipule le plan Éducation inclusive et compétences pratiques pour la vie (Inclusive Education and Life Skills – IELS).

une enseignante et ses élèves à l'école primaire Kijito Upele près de Stonetown, Zanzibar

Près de 2600 élèves vont à l'école primaire Kijito Upele près de Stonetown à Zanzibar

Crédit: GPE/Lucinda Ramos

Un financement de 5,2 millions de dollars du Partenariat mondial pour l’éducation contribue à former des centaines d’enseignants à l’orientation et au conseil, à la détection des besoins spécifiques, aux compétences nécessaires pour favoriser l’inclusion dans la classe, et à la gestion des cas de mariage et de grossesse précoces. Plus de 250 000 ouvrages destinés à l’apprentissage pour l'éducation inclusive ont été distribués aux écoles, et les enfants en ayant besoin ont pu bénéficier de lunettes et de prothèses auditives.

Tout ceci est le fruit des efforts unis des décideurs politiques de l’Unité du plan IELS du ministère de l’éducation et de la formation professionnelle de Zanzibar, des éducateurs, du Partenariat mondial pour l’éducation et d’autres parties prenantes clés telles que l’Ambassade de Suède et l’UNICEF.

Satisfaire les besoins au-delà de l’équipement et de la formation

Il serait si simple que l’éducation inclusive ne repose que sur ce type d’activités pour rendre le système éducatif plus adapté à une population d'élèves diversifiée. Un équipement adéquat, des enseignants formés et des systèmes d’évaluation diversifiés pour tester les enfants aux compétences et capacités spécifiques sont essentiels, mais cela reste cependant insuffisant.

Pour offrir une opportunité d’éducation aux enfants exclus et handicapés, il faut également un système de données solide, une action coordonnée à l'extérieur du système éducatif, ainsi qu’une évolution des comportements et des mentalités envers les personnes handicapées.

À Zanzibar, les données de 2008 indiquent que le taux d’alphabétisation des personnes handicapées était de 52 %, comparé à 75 % pour les personnes sans handicap. Le taux net de scolarisation parmi les enfants handicapés était de 38 % comparé à 74 % pour les enfants non handicapés. Les données les plus récentes n’ont pas encore été analysées pour permettre d’évaluer les avancées.

Impliquer agences publiques et acteurs non publics

Zanzibar applique une Politique révisée en matière de handicap et possède un Conseil national pour les personnes handicapées (National Council for People with Disabilities - NCPD), ainsi qu’un service chargé des questions de handicap (Department of Disability Affairs - DDA) au sein du Cabinet du Premier Vice-président.

Il existe également près de 13 organisations de personnes handicapées (OPH) sous l'égide d'un organe de la société civile, la Fédération des OPH de Zanzibar, bien placée pour coordonner les efforts en matière de plaidoyer et de programmes.

Les bureaux tels que le service chargé des questions de handicap permettent d’établir des points focaux pour le handicap dans les différents ministères afin de garantir la prise en compte des droits et des besoins des personnes handicapées dans les plans, stratégies et programmes.

Pourvu de ressources suffisantes, un solide service chargé des questions de handicap pourrait également mener l’analyse des questions de recensement relatives au handicap et réunir des données sur les maladies psychologiques telles que la dépression, l’anxiété et les autres types de troubles mentaux légers à modérés. Ceci permettrait d’estimer l’ampleur des questions de handicap afin de pouvoir les traiter.

Un système national de suivi, d’évaluation et d’information pour des interventions en matière de gestion des questions liées au handicap permettrait une évaluation d’impact et des prestations de services plus efficaces.

Tous les enfants sont capables d’apprendre

Trop longtemps, les systèmes éducatifs ont desservis ceux qui s’y adaptaient aisément, considérant les autres comme incapables de recevoir une éducation, du moins en compagnie des premiers.

Des générations entières de jeunes ont donc été exclues de l’éducation, privant ainsi des sociétés de leur dynamisme, de leur créativité ou de leur intelligence.

Les politiques et programmes en faveur de l’éducation inclusive exigent de la part des écoles qu’elles reconnaissent que tous les enfants peuvent apprendre, ont le droit d’apprendre et apprennent de façon différente.

Ces politiques et programmes peuvent contribuer à mobiliser les communautés et les familles afin qu'elles s'impliquent dans le développement éducatif des jeunes enfants. Ces politiques doivent également comprendre l’éducation inclusive très tôt dans le système scolaire.

Une forte inflexion sur l’inclusion dans les premières années peut être très utile en garantissant la précocité de la détection et de l’intervention. Le jeu, la stimulation précoce, le développement personnel et les compétences pratiques de la vie doivent être reconnus comme éléments aussi importants que les compétences en calcul, lecture et écriture.

Les politiques d’éducation inclusive peuvent permettre de garantir que les programmes de formation initiale et continue des enseignants intègrent la notion d’éducation inclusive en leur sein.

Au cours de leur formation, les enseignants doivent se familiariser avec l’existence de services de soutien pour les élèves handicapés et se voir proposer de nombreuses opportunités d’apprentissage pratique en matière d’inclusion.

Focalisation de la stratégie du GPE sur l’éducation inclusive

Le Partenariat mondial pour l’éducation soutient les pays en développement partenaires dans l’adaptation de leur système éducatif afin que celui-ci soit plus équitable et inclusif.

Un des piliers de nos efforts est d’aider les pays à améliorer leurs systèmes de données et de mesures pour déterminer si les enfants, y compris les enfants handicapés, ont des opportunités égales et si des ressources leur sont allouées. L’éducation inclusive est un objectif clé du Plan stratégique du GPE pour les 5 prochaines années.

Créer une culture d’inclusion nécessite des partenariats

La Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé estiment que les personnes handicapées représentent près de 15 % de la population mondiale. Comment chaque pays s’assure-t-il que sa plus grande minorité fait partie intégrante de la société au même titre que les autres ?

L’expérience de Zanzibar nous rappelle que la collaboration et la recherche de partenariats au sein et à l’extérieur du secteur éducatif peut contribuer à offrir à tous les enfants un avenir plus souriant.

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Special education is expensive. Secondly teacher education programs or training workshops are not addressing classroom learning challenges. Therefore most training knowledge is not translating into action. My suggestion is to provide teaching stratgies to teschers for quality learning outcomes.

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