L’éducation pendant et après la crise de la COVID-19 : le rôle de la société civile

Réflexions sur la manière dont les organisations de la société civile peuvent travailler pour s'assurer que les gouvernements saisissent les opportunités de transformer positivement le secteur de l'éducation pendant et après la pandémie de COVID-19.

04 août 2020 par GCE Secretariat, Global Campaign for Education
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Lecture : 4 minutes
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Un travailleur portant un équipement de protection désinfecte un local
Un travailleur portant un équipement de protection désinfecte un local.
REUTERS/Siphiwe Sibeko

L'impact de la COVID-19 sur le droit à l'éducation se fait ressentir partout dans le monde. De 1,5 milliard d'apprenants non scolarisés en mars, près de 1,1 milliard d'apprenants dans 146 pays sont encore touchés aujourd'hui. Comme de nombreux pays ont entamé des processus de réouverture de leurs écoles par étapes, il est temps pour les organisations de la société civile (OSC) de faire une pause et de réfléchir à ce qui s'est passé jusqu’ici.

Quelles leçons avons-nous apprises jusqu'à présent ? Comment transformer le secteur de l'éducation de manière positive pendant et après cette pandémie de COVID-19 ? Deux questions fondamentales pour guider les programmes et actions des OSC.

Elles sont pertinentes parce que les actions collectives et inclusives doivent être renforcées pour s'assurer que les progrès accomplis vers la réalisation des objectifs de développement durable (ODD), et l'ODD 4 en particulier, ne soient pas mis à mal.

Elles apparaissent fondamentales parce que la société civile doit rester unie autour de la promotion du droit à une éducation publique gratuite, de qualité et inclusive pour tous.

Dans toutes les régions du monde, la pandémie de COVID-19 accroît les inégalités

« Mes parents se disputent régulièrement à propos de leurs revenus. Le mouvement ne devrait pas être restreint par le gouvernement car nous, les pauvres, sommes de toute façon en train de mourir, que ce soit à cause du virus ou à cause de la faim. » Bir Danuwar, jeune népalais de 16 ans.

La pandémie de COVID-19 affecte de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables, les plus pauvres, les enfants et les jeunes réfugiés et migrants. Elle exacerbe également les inégalités entre les sexes, avec une augmentation des cas de maltraitance d'enfants, de violences sexistes, de mariages forcés d'enfants, de grossesses d'adolescentes et de mutilations génitales féminines.

Les filles et les garçons atteints d’un handicap et vivant souvent dans certaines des familles les plus pauvres et sont confrontés à la discrimination dans leurs communautés, ne sont généralement pas prioritaires en matière d'éducation. Pendant la crise, ils font face à un risque d'exclusion encore plus élevé.

Étant donné qu’en temps normal, les enfants handicapés sont déjà plus susceptibles d'abandonner l'école que leurs pairs valides, il existe un risque supplémentaire que ceux qui quittent l'école aujourd’hui n’y retournent jamais.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, les inégalités au sein et entre les pays se sont creusées. De nombreux apprenants ne bénéficient plus de leur déjeuner quotidien à cause de la fermeture des écoles, de nombreux pays n'ayant pas réussi à fournir des solutions efficaces à court, moyen et long terme.

Un nombre important de filles, de garçons et d'adolescents issus de familles à faible revenu et des zones rurales ne peuvent pas bénéficier de l'enseignement à distance, notamment parce qu’ils n’ont pas accès à des ordinateurs et à Internet.

Pour relever ces défis et bien d'autres, il faut mettre en place des initiatives équitables et inclusives qui se basent sur le contexte et tiennent compte des réalités des familles. Cela suppose de combiner l'utilisation de la radio, de la télévision, de documents imprimés et de l'apprentissage sur Internet.

En Afrique, l'éducation a été l'un des secteurs les plus touchés par la COVID-19. Afin d'atténuer l'impact à court et à long terme des fermetures d'écoles sur les apprenants et d'assurer un apprentissage continu, de nombreux pays ont adopté des mécanismes d'apprentissage à distance, mais les résultats sont loin d'être reluisants car, les cours à distance ne sont pas accessibles à la majorité des apprenants.

C'est principalement le cas des enfants vivant dans des zones rurales reculées qui n'ont pas accès à Internet, à la télévision et parfois même pas à la radio. Dans de nombreux pays africains, l'apprentissage à distance a été jusqu'à présent plutôt hypothétique.

Christelle, 3 mois. Gonzagueville en Côte d'Ivoire, 2020
Christelle, 3 mois. Gonzagueville en Côte d'Ivoire, 2020.
UNICEF/UNI316644/Frank Dejongh

Une initiative notable a émergé des ministres africains des technologies de l'information et de la communication (TIC) qui ont récemment accepté de promouvoir l'accès gratuit au contenu éducatif pour soutenir les étudiants touchés par les mesures de confinement dues à la COVID-19 à travers le continent.

L'Union africaine a également été félicitée pour sa coordination et son soutien aux stratégies de réponse à la COVID-19 menées à l’échelle du continent.

Pas de retour en arrière : le financement de l'éducation doit rester une priorité pour atteindre l'ODD 4

Plus que jamais, un financement adéquat et suffisant de l'éducation sera nécessaire.

Les militants pour le droit à l’éducation doivent rester vigilants et veiller à ce que les gouvernements ne détournent pas les ressources allouées à l’éducation à d’autres fins, et que l’aide allouée au secteur soit maintenue.

Des mécanismes puissants tels qu’une fiscalité équitable et l'annulation de la dette doivent également être explorés. Alors qu’il ne reste plus que dix années pour atteindre les objectifs fixés dans le cadre des ODD, il est plus que jamais urgent de prendre des mesures essentielles à la réalisation de l'ODD 4.

En outre, une attention particulière doit être accordée à la question de la dette. De nombreux pays en développement déjà exposés au risque d'endettement compteront sur le soutien international pour déployer d'urgence les ressources financières nécessaires pour faire face aux conséquences de la crise.

Cela s’avère particulièrement important car, l'impact de la COVID-19 sur l'éducation a déclenché un nouvel élan autour du slogan « Ne laisser personne de côté » et des fonds devraient être mis à disposition pour répondre aux besoins spécifiques des plus vulnérables et marginalisés, en particulier en temps de crise.

Unifier les voix de la société civile pour transformer positivement les systèmes d'éducation publique

L’impact de la pandémie sur l’éducation a exigé une attention particulière et une action collective de la part de tous les gouvernements, parties prenantes et communautés. La réponse des acteurs de l'éducation à travers le monde, ainsi que des coalitions nationales et régionales de l'éducation, était opportune.

La Campagne mondiale pour l'éducation (CME) a lancé un appel aux gouvernements et aux donateurs pour qu'ils s'assurent que leurs réponses à la COVID-19 soient équitables, inclusives et fondées sur les droits.

Des messages de plaidoyer et de sensibilisation ont été diffusés à travers le réseau pour faire pression sur les gouvernements et les donateurs pour qu'ils accordent la priorité à l'éducation pendant la crise de la COVID-19, faisant écho aux préoccupations mondiales concernant la continuité et l'accessibilité de l'apprentissage.

La solidarité entre les pays, les régions et les secteurs a occupé le devant de la scène et est devenue un symbole déterminant dans le mouvement en faveur de l’éducation pendant la pandémie.

C'est cette solidarité, qui se manifeste à travers le partage d'idées, de ressources et de messages innovants qui a conduit le mouvement à rester résolu et uni pour garantir le droit à l'éducation pour tous pendant la crise.

Ce blog a été inspiré par une série de blogs sur la pandémie de COVID-19 écrits par des membres de la CME. Ces blogs mettent en évidence les problèmes touchant l'éducation, les apprenants et les activistes du secteur de l'éducation à travers le monde.

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