Les enfants rohingyas veulent aller à l’école

Le gouvernement du Bangladesh, avec le soutien du GPE et d’autres partenaires internationaux, redouble d’efforts pour offrir une éducation aux enfants rohingyas dans les camps

Bilqis. Crédit: GPE/Fazle Rabbani

Bilqis, 10 ans, a marché pendant 6 jours avec sa maman pour fuir la violence. Aujourd'hui, elle fréquente un espace « ami des enfants » au Bangladesh, mais elle veut pouvoir aller à l'école et apprendre.

Credit: GPE/Fazle Rabbani

Bilqis, 10 ans, et sa mère ont marché pendant six jours pour atteindre la rive de la rivière Naf, où elles ont pris un bateau pour passer la frontière du Bangladesh le 27 septembre 2017. Elles sont arrivées dans un camp où des milliers de personnes se sont rassemblées après avoir fui les violences.

Dans le chaos de leur arrivée au camp, Bilqis a perdu sa mère et n’a pu la retrouver que trois jours plus tard.

Depuis près d’un mois maintenant, Bilqis fréquente un espace « ami des enfants » géré par Save the Children avec l’aide de l’UNICEF. C’est là que l’ont rencontrée les membres de la mission du Secrétariat du GPE. Ces lieux offrent aux filles et aux garçons un espace de jeu et d’apprentissage ludique des règles sanitaires et d’hygiène élémentaires.

Bilqis veut aller à l’école et apprendre à lire et à écrire. À l’avenir, elle aimerait devenir couturière et confectionner des robes pour ses amies et elle-même. Mais il n’y a malheureusement aucune école dans le camp.

Le Bangladesh redouble d’efforts pour aider les enfants réfugiés

Bilqis est l’une des centaines de milliers d’enfants dans les camps qui méritent une éducation. Heureusement, le gouvernement du Bangladesh a décidé d’agir.

Mi-décembre, le ministère des Finances du Bangladesh a informé le Secrétariat du GPE qu’il avait décidé de consacrer à l’éducation des enfants rohingyas 8,33 millions sur les 100 millions de dollars du financement accordé par le GPE pour le programme de développement de l’enseignement primaire du pays. Une équipe nationale des pouvoirs publics spécialement dédiée a pu ensuite faire bénéficier les enfants rohingyas d’une « éducation informelle » dans leurs installations de fortune.

C’est une décision courageuse, et le Secrétariat du GPE se réjouit que le gouvernement souhaite garantir aux enfants ces droits humains élémentaires.

Le GPE joue un rôle de liaison pour répondre à l'urgence

Le Secrétariat du GPE étudie les possibilités d’aide à la population rohingya depuis le début de l’année 2016. Il a organisé de multiples débats avec l’UNHCR, l’UNICEF, la Banque mondiale, L’Éducation ne peut attendre et d’autres partenaires locaux. Suite à l’aggravation de la crise en août 2017, Julia Gillard, Présidente du Conseil d’administration du GPE, et Alice Albright, Directrice générale du GPE, ont saisi la moindre occasion pour plaider en faveur d’une aide à l’éducation pour les enfants rohingyas, notamment en marge de l’Assemblée du Conseil en décembre dernier.

Ce plaidoyer a permis de renforcer les efforts de sensibilisation des partenaires locaux tels que l’UNICEF, l’UNHCR et Save the Children, qui fournissent déjà des espaces provisoires dédiés aux apprentissages dans les camps, ainsi que ceux de la Banque mondiale, agent partenaire du financement du GPE au Bangladesh.

Des centaines de milliers d’enfants ont encore besoin d’aide

À Cox’s Bazar, il y a désormais plus de 370 000 enfants rohingyas de trois à 17 ans, qui vivent dans des camps et ont besoin d’aide pour pouvoir bénéficier d’une éducation. Selon l’analyse du Groupe de coordination intersectorielle, il y a également plus de 140 000 enfants bangladais de ce groupe d’âge dans les communautés d’accueil. Mais depuis le 3 décembre 2017, seuls 58 500 enfants ont pu bénéficier de cette aide.

Des enfants chantant au Centre d'apprentissage pour enfants de Projapoti géré par l'UNICEF

Des enfants chantant au Centre d'apprentissage pour enfants de Projapoti géré par l'UNICEF

Crédit photo : GPE/Daisuke Kanazawa

Les enfants rohingyas ont besoin de davantage de lieux, d’enseignants et de matériels pédagogiques. Le programme d’apprentissage devrait être révisé afin d’offrir la possibilité d’acquérir les compétences de base en langue et en mathématiques, ainsi que pour la vie pratique. Un plus grand soutien est également nécessaire pour les enfants des communautés d’accueil, afin que ces derniers puissent poursuivre leur apprentissage.

Le Secrétariat du GPE étendra son soutien au gouvernement du Bangladesh et à ses partenaires, engagés dans le développement d’un programme afin d’utiliser les fonds réattribués aussi rapidement et efficacement que possible. Nous poursuivrons également nos efforts de plaidoyer en faveur d’un financement accru de pour garantir la possibilité d'apprendre à tous les enfants concernés.

Entre mars et décembre 2018, on estime qu’il faudra plus de 31 millions de dollars pour faire face aux besoins en matière d’éducation. Veillons à ne pas laisser ces enfants de côté.

Asie du Sud: Bangladesh

Auteur (s)

Spécialiste senior en éducation, Partenariat mondial pour l'éducation
Fazle Rabbani est responsable pays des programmes du Partenariat mondial pour l’éducation au Kenya, en Ouganda, au Soudan du Sud, en Érythrée et au Lesotho. Ses domaines de prédilection sont la gouvernance...
Spécialiste sénior de l'éducation, Partenariat mondial pour l'éducation
Daisuke travaille depuis septembre 2015 dans l'équipe de soutien aux pays du Secrétariat du Partenariat mondial pour l'éducation, en tant que responsable pays en charge de neuf pays. De 2006 à 2015, il a...

Derniers blogs

A l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés ce 20 juin, nous partageons des faits qui nous rappellent l'importance de veiller à ce que tous les enfants, y compris les réfugiés, aient accès à l'...
Comment pouvons-nous intégrer l'ODD 4 dans les cycles nationaux de politique et de planification ? La promotion de mécanismes de dialogue sectoriels efficaces et l'intégration de l'ODD 4 dans l'...
Des niveaux d'apprentissage inégaux constituent une menace pour l'éducation dans le monde. Alors, quelles approches adopter pour mesurer si les enfants ont la possibilité d'avoir des chances égales d...