L'impact du COVID-19 et d'autres épidémies de maladies infectieuses sur les étudiants internationaux

Comment permettre aux étudiants de poursuivre leurs études en temps de crise sanitaire mondiale ? Changer la structure et le format de l'éducation pourrait être une solution.

20 mars 2020 par Peter Anti Partey , Institute for Education Studies
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Lecture : 4 minutes
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Le Dr Evans Aggrey-Darkoh, Professeur de science politique à l'Université du Ghana, pendant un cours à Accra.
Le Dr Evans Aggrey-Darkoh, Professeur de science politique à l'Université du Ghana, pendant un cours à Accra.
Dominic Chavez/Banque mondiale

Il existe une grande différence en termes de qualité de l'éducation entre les pays. Même à l’intérieur d'un pays, les disparités entre les milieux ruraux et urbains sont l'une des principales raisons des mobilités internes observés chez les apprenants.

Cela explique pourquoi les étudiants des pays en développement vont souvent poursuivre leurs études supérieures dans les pays développés. Dans certains pays comme le Ghana, il existe des politiques délibérées visant à parrainer certaines catégories d'étudiants afin qu'ils aillent étudier à l’étranger, permettant ainsi le transfert de connaissances entre les régions.

L'objectif premier de l'internationalisation de l’éducation est d'élargir les connaissances et le capital culturel, en apprenant à connaître les lieux et les cultures tout en acquérant des compétences interculturelles.

On ne saurait faire le tour des avantages sociaux et économiques de l'internationalisation de l’éducation tant pour les pays d'accueil que pour les pays d'origine des étudiants.

Des épidémies de maladies infectieuses

Les efforts déployés par les pays pour attirer les étudiants étrangers sont fortement menacés par l’apparition récurrente d’épidémies de maladies infectieuses à travers le monde. Au fil des ans, certaines de ces épidémies ont tué de nombreuses personnes et ont conduit les pays à fermer leurs frontières, à appliquer des politiques d'immigration strictes et à déconseiller les voyages transfrontaliers.

Ce 21ème siècle a débuté par l'épidémie de SRAS en 2002, qui s'est propagée dans 29 pays, a infecté plus de 8 000 personnes et en a tué 774 (OMS, 2010).

L'épidémie d'Ebola de 2013, décrite comme l’épidémie d’Ebola s’étant le plus propagée dans l'histoire, a infecté 28 616 personnes et tué plus de 40 % des personnes infectées (11 310 décès - OMS, 2016).

L'épidémie la plus récente est le nouveau Coronavirus (COVID-19), qui a été détecté à Wuhan, en Chine, et signalé à l'Organisation mondiale de la santé en Chine le 31 décembre 2019. Sa vitesse de propagation est devenue si alarmante que la plupart des pays prennent désormais des mesures et des précautions sans précédent pour assurer la sécurité de leurs citoyens et réduire le taux de nouvelles infections.

Ces épidémies ont eu de graves conséquences sur l'éducation à travers le monde. Par exemple, en Afrique de l'Ouest, durant l'épidémie d'Ebola en 2013, plus de 10 000 écoles au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée ont été fermées pendant toute une année scolaire. Cette mesure a été rendue nécessaire par l'interdiction des rassemblements publics, qui a invariablement affecté la scolarisation.

Selon une étude de la Banque mondiale, la réouverture des écoles a offert un nouveau départ à la plupart des élèves, même si la majorité d'entre eux avait oublié ce qui leur avait été enseigné les mois précédents.

La question qui se pose cependant est celle de savoir dans quelle mesure la propagation de ces maladies potentiellement mortelles affecte-t-elle l'éducation à travers le monde, et que doivent faire les pays pour continuer à tirer parti de cette internationalisation de l’éducation en ces temps d’épidémies ?

L’impact du COVID-19 et l'éducation à travers le monde

La Chine est le troisième pays au monde en termes de nombre d'étudiants étrangers, derrière les États-Unis et le Royaume-Uni (UNESCO, 2019). Comme pour la plupart des pays d'Afrique, selon les données disponibles, environ 5 516 ghanéens étudient actuellement en Chine, dont 1 006 bénéficiant de bourses du gouvernement chinois. Le Ghana a été classé premier pays africain pour le nombre d'étudiants envoyés en Chine pendant trois années consécutives.

On ne peut sous-estimer l'impact de l'épidémie du coronavirus sur ces étudiants, en particulier ceux d'Afrique et d'autres pays en développement. Les questions relatives à l’interdiction de voyager, de se rassembler et aux mises en quarantaine ont un impact significatif sur l'éducation à tous les niveaux, tant national qu'international.

Les étudiants qui se trouvent actuellement dans les pays touchés auront un calendrier scolaire altéré et, dans certains cas, pourraient devoir abandonner leurs études jusqu'à ce que le pays hôte soit en mesure de contrôler la propagation de l'épidémie.

Les pays en développement dont les systèmes éducatifs sont moins solides risquent de connaître une baisse du niveau d’éducation à tous les niveaux, tandis que le désir de la plupart des jeunes Africains de poursuivre leurs études à l'étranger sera anéanti.

Le coronavirus au Ghana

Au 18 mars, 7 cas de coronavirus étaient enregistrés au Ghana. Le président s'est adressé à la nation le 15 mars et a ordonné la fermeture de toutes les écoles jusqu'à nouvel ordre. Cette décision a été suivie de réactions mitigées de la part des différentes parties prenantes.

La fermeture du système éducatif est préoccupante non seulement pour tous les enfants, mais aussi pour les étudiants de l'enseignement supérieur, le Ghana accueillant un certain nombre d'étudiants internationaux.

Entre 2007 et 2015, le Ghana a pu augmenter le nombre d'étudiants étrangers sur son territoire de 838 %, passant de 1 899 à 17 821 étudiants (World Education Services, 2019).

Les étudiants internationaux des différents campus universitaires qui ont été fermés sont enjoints de rester dans leurs résidences universitaires respectives jusqu'à nouvel ordre.

L’avenir passe par la technologie

Le remède le plus immédiat pour sauver la situation sera l'adoption de technologies éducatives. Les établissements d'enseignement devraient utiliser des systèmes d'apprentissage en ligne et des mesures plus sophistiquées pour dispenser l'enseignement.

Cours en ligne, webinaires et classes inversées peuvent constituer un bon moyen de maintenir de services éducatifs, aujourd'hui et à l'avenir, lorsque de telles épidémies se produiront à nouveau. Les institutions de formation pourraient avoir recours aux technologies modernes et aux innovations pour offrir un enseignement de qualité à leurs citoyens et à leurs étudiants étrangers.

Diverses plateformes de technologies éducatives sont déjà disponibles pour cela. On peut citer Formative, Flipgrid, InsertLearning et Google Docs entre autres. Ces plateformes devraient être optimisées et devenir une alternative à l'enseignement en présentiel.

Là encore, les établissements d'enseignement supérieur des pays développés doivent être encouragés à conclure des accords de collaboration formel avec leurs homologues dans les pays en développement. Cela permet aux étudiants internationaux d'accéder, depuis leur pays, à un enseignement de qualité dispensé par ces établissements de pointe. Même si cette pratique n'est pas nouvelle, il est important que les universités des pays en développement poursuivent cette politique d’affiliation.

Il est temps que l'éducation adopte une structure, un format et une dimension différents en cette ère de progrès technologique, en particulier pour les pays en développement.

Les établissements d'enseignement devraient se métamorphoser question d'être en même de dispenser un enseignement virtuel de qualité, parallèlement à leur offre de cours en présentiel. Cela permettrait aux apprenants de poursuivre leur apprentissage, même dans des moments difficiles comme ceux que nous connaissons aujourd'hui.

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TIC, Santé scolaire
Afrique sub-saharienne: Ghana

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