Pourquoi l’éducation ne peut-elle vraiment plus attendre ?

Les efforts pour faire décoller L'Éducation sans délai (ce fonds visant à répondre aux besoins en éducation des enfants en situation d’urgence humanitaire), sont mis en œuvre à une vitesse et une urgence sans précédent.

19 août 2016 par Charles Tapp
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Lecture : 8 minutes
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Sa’a, jeune nigériane de 9 ans, vit dans un camp pour personnes déplacées, après avoir fui la menace de Boko Haram

Lorsqu’il s’agit de l'éducation des enfants vivant dans un contexte de crise humanitaire, il n'y a pas de temps à perdre.

Les bouleversements, le chaos et les tragédies personnelles auxquels ces enfants et leurs familles sont confrontés rendent difficile la scolarisation dont ils ont besoin, au moment même où ils en ont besoin.

Considérant que dans les pays à faible revenu, les conflits durent environ 12 ans en moyenne, et les déplacements causés par les crises prolongées peuvent aller jusqu’à 17 ans, les enfants pris dans le maelström d’une catastrophe naturelle, d’une guerre, d’urgences sanitaires ou de l’effondrement des structures de gouvernance peuvent être, totalement ou partiellement, privés de l'éducation dont ils ont besoin pour mener une vie prospère, paisible et saine.

Voilà pourquoi les efforts pour faire décoller L'Éducation sans délai (ce fonds créé afin de répondre aux besoins en éducation des enfants en situation d’urgence humanitaire), sont mis en œuvre à une vitesse et dans une urgence sans précédent.

Les partenaires impliqués dans l’opérationnalisation du fonds (dont le GPE est l'un des plus actifs) sont pleinement conscients que dans le monde actuellement, plus de personnes ont été déracinées que depuis la Seconde Guerre mondiale, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, et qu’environ 75 millions d’enfants (âgés de 3 à 18 ans) ne sont pas scolarisés dans 35 pays touchés par des crises.

Présenté officiellement en mai dernier au Sommet mondial sur l’action humanitaire à Istanbul, le fonds baptisé L’Éducation sans délai devrait recevoir des propositions de pays pour ses premiers investissements, annoncer des financements pour trois ou quatre candidats d’ici la mi-septembre et commencer peu après la mise en œuvre effective de ce soutien sur le terrain.

Alors que l’équipe dirigeante de ce fonds se met en place, des équipes dévouées soutiennent l'UNICEF en qualité d’hôte intermédiaire, travaillant à une vitesse olympique afin de déterminer les fonctions administratives, définir les politiques et le plaidoyer dont le fonds aura besoin pour fonctionner efficacement et atteindre ses objectifs. Même les start-ups les plus agiles de la Silicon Valley auraient du mal à avancer à un tel rythme.

Une collecte de fonds innovante et accélérée

Le comité de pilotage de haut niveau du fonds (dont la Présidente du Conseil du GPE, Julia Gillard, est l'une des membres) agit également avec diligence dans le but de lever un budget de 150 millions de dollars la première année, pour ouvrir la voie et obtenir les près de 3,8 milliards de dollars nécessaires pour venir en aide aux plus de 34 millions d'enfants dans le besoin, sur une période de cinq ans.

Les États-Unis, le Royaume-Uni, la Commission européenne, les Pays-Bas et la Norvège ont déjà pris des engagements, pour contribuer à l’obtention de ce budget la première année.

Après une série d'appels et de sensibilisation auprès de divers bailleurs de fonds, menée tant par les cinq bailleurs à l’origine de ce fonds que par le comité de pilotage de haut niveau, davantage de promesses devraient être enregistrées d’ici septembre.

Un certain nombre de ces engagements potentiels pourraient provenir de donateurs qui n’ont historiquement jamais contribué à l'éducation mondiale. Choqués par l'ampleur de la crise des réfugiés actuelle à l’échelle mondiale ainsi que par les autres tragédies humanitaires, beaucoup envisagent de puiser dans leurs budgets d'aide humanitaire pour soutenir spécifiquement l'éducation, reconnaissant l'importance du secteur dans l’établissement de sociétés plus stables et prospères. Le fonds se tourne également vers des entités de premier plan du secteur privé - fondations et entreprises - pour y trouver un soutien.

Voilà une percée importante et cruciale. Le secteur mondial de l'éducation a connu un franc succès au cours de la dernière décennie, réussissant à scolariser la moitié des enfants les plus faciles à atteindre.

La tâche des quinze prochaines années est de résoudre un problème beaucoup plus complexe : fournir une éducation aux enfants les plus difficiles à atteindre et au nombre impressionnant de ceux victimes de crises humanitaires, soit près de 30 % des 263 millions d'enfants et de jeunes en âge d’aller à l’école primaire et secondaire, qui actuellement ne sont pas scolarisés.

Le fonds a donc le potentiel de concentrer les ressources les plus nécessaires pour relever ce grand défi et nous rapprocher de la réalisation de la vision de la communauté internationale en termes d’une éducation inclusive, de qualité et équitable pour tous.

Un pont entre l’aide humanitaire et l’aide au développement traditionnelle

Parce que l'éducation a trop souvent été une moindre priorité dans les financements en matière d’aide humanitaire (moins de 2 % de l'aide humanitaire va à l'éducation), le fonds a donc le potentiel de briser les barrières historiques entre l'aide au développement traditionnelle et humanitaire en faveur de l'éducation, et de créer un pont entre l'aide d'urgence et le développement.

Dans un effort combiné avec les différents partenaires, le fonds sera également en mesure d'aider à obtenir un soutien plus prévisible, en particulier dans les situations de crises prolongées.

En outre le GPE est bien placé pour soutenir et renforcer ce pont. En effet en 2015, il a consacré plus de 60 % de ses financements pour la mise en œuvre de programmes en faveur des pays fragiles et touchés par un conflit, et soutient l'éducation à la fois dans les contextes de crise et de développement traditionnel.

L'Éducation sans délai est un fonds qui vient également renforcer les efforts déployés par le GPE, et diverses organisations militant en faveur de l'éducation mondiale ces dernières années, afin de démontrer comment l'éducation est un précurseur essentiel dans les progrès d'autres secteurs de développement, tels que la santé, le développement économique, l'amélioration du bien-être des filles et des femmes, ainsi que la réduction des conflits.

La pression est forte et les délais brefs pour quiconque est impliqué dans l’opérationnalisation de ce nouveau fonds. Mais, le temps avance inexorablement pour les enfants dont la vie a été bouleversée par une crise humanitaire. Ils ne peuvent attendre des années pour être éduqués, et la nécessité est trop grande pour être repoussée. Pour eux, et pour le monde, nous aussi, nous devons agir rapidement et résolument.

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Sans doute vous connaissez le projet OLPC - UELPE.
One Laptopschool Per Child - Une Ecole Laptop Par Enfant.

C'est un projet qui a vu le jour lors des Objectifs du Millénaire. OLPC est une ong qui fait en sorte que l'Humanité a à sa disposition un projet à communauté ouverte et libre qui fabrique un ordinateur, solaire, très résistant à des coups et fait pour être réparé. L'ordi est surtout destinés à des projets transformationnelle sociétale utilisant comme vecteur les enfants/jeunes et l'éducation afin d'atteindre les parents et ainsi provoquer une transformation dans une société entière.

Pour ceux qui ne connaissent pas:

Status:
1. Uruguay: tout les enfants on un OLPC
2. Plusieurs isles nations: Uruguay: tout les enfants on un OLPC (dont plusieurs iles francophones dans le Pacifique)
3. Peru: casi tout les enfants on un OLPC
4. Rwanda: casi tout les enfants on un OLPC
5. Chaque mois, qq. 10.000 OLPC sont déployés, pour la plupart en Australie et l''Amérique Latine
6. En Uruguay, il n'y a pas assez de professeurs d'Anglais, donc les enfants ont prix leurs OLPC et ont cherché trouvé des gens / professeur parlants l'Anglais prêt à leur apprendre. Maintenant ils suivent des cours donnés par des Philippinos, des gens de l'Amerique du Nord, etc.
7. En Uruguay, des jeunes "hacked" leurs OLPC et l'ont transformé en robot. Google: OLPC butia
8. Rwanda: des enfants avec leurs OLPC sont imprimés sur la note de 500 Francs Rwandais.

L'ordinateur OLPC est dispo maintenant à 27 euro/enfant.and, inclusif le panneaux photovoltaique portable que les enfants ramènent à la maison. Le OLPC peut contenir une 500 "eBook". Connaissez-vous un moyen moins couteux pour ammener ne fut-ce que les livres aux enfants et parents?

Une bon endroit pour vous insérer dans ce projet libre et ouverte:
http://wiki.laptop.org/go/Belgium

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