L'éducation au Niger

Le gouvernement se concentre sur l'amélioration des performances à long terme du secteur de l'éducation à travers plusieurs grandes réformes.

Le secteur de l'éducation au Niger est confronté à différents défis qui affectent les progrès déjà réalisés. La couverture de l'éducation primaire universelle et l'achèvement du primaire sont entravés par une forte croissance de la population, un faible taux de scolarisation et un taux d'abandons élevé. Les taux d’accès et d'achèvement sont encore moins bons au sein des groupes vulnérables, notamment les filles dans les zones rurales, les enfants de nomades et les enfants handicapés. Les chocs climatiques fréquents affectent également le secteur de l'éducation au Niger.

Le Plan sectoriel de l'éducation et de la formation pour la période 2014-2024 réaffirme l'engagement du gouvernement à faire de l'éducation et de la formation une priorité.

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Dernier financement

Dans la classe de CE2 de l'école Patti, près de Makalondi, dans la région de Tilaberri au Niger, quatre filles peules sont serrées autour d'un seul manuel. Mais elles n'arrivent pas à bien lire les mots. Bien qu'on comprenne que les résultats scolaires soient affectés lorsque les élèves doivent partager un manuel, il ne s'agit pas ici d'un problème de manuel, mais plutôt d'un problème de langue.
Il y a 10 groupes ethniques au Niger, avec 10 langues locales différentes. Dans le cadre du programme primaire traditionnel, les élèves apprennent en français avec des enseignants qui ne parlent que le français, et pas les langues locales.
Le Niger a l'un des taux d'alphabétisation les plus bas au monde. Avec le soutien du GPE, le Ministère de l'éducation du Niger pilote un nouveau programme dans 500 écoles et trois régions du pays, dont Niamey, la capitale. Le programme utilise la langue locale presque exclusivement dans les premières années et introduit progressivement le français sur les six années d'école primaire.
Kadidia N'Diaye est enseignante de 2e année à l'école Madina III, l'une des 500 écoles pilotes. Elle est enseignante depuis 19 ans et, sauf pour les deux dernières années, elle a utilisé le programme francophone traditionnel: «C'était très difficile d'enseigner avec le système traditionnel», dit-elle. "Le nouveau programme rend l'enseignement beaucoup plus facile. »
Le nouveau programme et les manuels qui l'accompagnent sont plus pertinents pour les élèves qui les utilisent : « Avant, la plupart des situations présentées dans les manuels n'étaient pas quelque chose que nous trouvions dans notre propre environnement local, » dit Kadidia. « Mais maintenant les livres montrent ce que les enfants voient tous les jours, comme les marchés ou la leçon que nous faisons aujourd'hui, sur la forge. »
Un élève s'entraine à lire des mots de vocabulaire sur la forge dans la classe de Kadidia. « Aujourd'hui, j'ai vendu des choses et les clients sont venus m'acheter des choses », explique Faysel Sumeila, 7 ans. «J 'ai appris les mots 'râteau' en Zarma et 'pelle'. Je ne les connaissais pas, mais aujourd'hui je les ai apprises. »
Après avoir écouté plusieurs élèves au tableau, le reste de la classe s'entraîne à écrire les mots de l'histoire de la forge. « Parce que c'est pertinent et dans la langue locale, les élèves comprennent beaucoup plus facilement, et je peux utiliser la formation que j'ai reçue pour créer des récits similaires et rendre l'apprentissage amusant », explique Kadidia.
« C'est plus facile pour moi en tant qu'enseignante parce que je peux facilement transmettre l'apprentissage aux élèves, et c'est plus facile pour les élèves parce qu'ils reçoivent tout dans leur propre langue. Ils peuvent s'exprimer librement et comprendre ce dont on parle. Pour moi, la plus grande différence est que, dès la première année, les enfants savent lire, facilement et sans problème », explique Kadidia.
Les résultats sont déjà impressionnants. Des études comparant les résultats des élèves dans les écoles traditionnelles (francophones), les écoles franco-arabes et les écoles bilingues (où les élèves apprennent dans leur langue maternelle et le français) ont révélé que les écoles bilingues obtenaient les meilleurs résultats, et les écoles traditionnelles les moins bons.
Namata Roukeyetou, directrice de l'école primaire Madina III, a bien compris les avantages du nouveau programme. « Depuis que nous avons commencé la réforme il y a deux ans, le niveau de compréhension des élèves s'est beaucoup amélioré » , explique-t-elle. « Les élèves sont plus confiants, plus ouverts et s'expriment beaucoup plus couramment, même lorsqu'ils parlent en français. »
Objectif de développement: améliorer les taux de scolarisation, de rétention des élèves à l'école et la qualité de l'environnement d'enseignement et d'apprentissage au niveau de l'éducation de base.
Allocations: 84 200 000 $US
Années: 2014-2019
Agent partenaire: Banque mondiale
Décaissements: 80 046 124 $US

Le programme actuel du GPE a commencé en 2014 et se concentre sur l'amélioration de l'accès à la scolarisation, la rétention, ainsi que la qualité de l'enseignement et de l'apprentissage au niveau de l'éducation de base.

Le financement comprends trois principales composantes :

  1. Augmenter l'accès équitable et la rétention dans l'éducation de base en s’attaquant aux contraintes de l'offre et de la demande. Cela comprend le remplacement ou la construction de salles de classe, en ajoutant des infrastructures scolaires essentielles, la mise en œuvre de programmes d'alimentation scolaire, ainsi que des incitations pour l'éducation des filles.
  2. Améliorer la qualité de l'enseignement et de l'apprentissage dans les deux cycles de l'enseignement de base en augmentant la fourniture de matériels pédagogiques et didactiques, en révisant le programme scolaire, en offrant des formations initiales et continues aux enseignants, ainsi qu’en améliorant les résultats d'apprentissage en lecture et mathématiques.

Financements

Tous les montants sont en dollars US.

Type de financement Années Allocations Décaissements Agent partenaire  
Mise en œuvre du programme 2014-2019 84 200 000 80 046 124 Banque mondiale Rapport d’avancement
2009-2012 7 515 736 7 515 736 Banque mondiale Rapport de fin d'exécution
2005-2008 8 000 000 8 000 000 Banque mondiale  
2004-2005 5 000 000 5 000 000 Banque mondiale  
Préparation d'un plan sectoriel 2018 482 007 - UNICEF  
2013 249 650 237 792 UNICEF  
Préparation d'un programme 2013 124 440 123 927 Banque mondiale  
  TOTAL 105 571 833 100 923 579    

Le GPE a également octroyé à la Coalition Nigérienne des Associations Syndicats et ONG de Campagne EPT (ASO-EPT), un financement dans le cadre du Fonds de la société civile pour l’éducation, afin de soutenir son engagement dans le dialogue sur les politiques, notamment en termes de qualité, d’équité, de financement et de réforme dans le secteur de l’éducation.

Évolution du secteur éducatif

Les graphiques ci-dessous montrent les progrès globaux réalisés dans le secteur de l'éducation au Niger et les données du PME montrent les progrès réalisés par le pays pour 16 des indicateurs suivis dans le cadre de résultats du PME.

Primary Completion Rate (%)

Taux d’achèvement du 1er cycle du secondaire

Taux d’enfants non scolarisés en âge du primaire

Taux d’adolescents non scolarisés en âge du 1er cycle du secondaire

Taux brut d’inscription au préscolaire

Indice de parité entre les sexes pour le taux d’enfants non scolarisés – Primaire et 1er cycle du secondaire

Public Expenditure on Education as Share of GDP (%)

Ratio élèves/enseignants formés

Teachers Trained (%)

Source : Banque mondiale - Données sur l'éducation

Les données sur l'éducation sont compilées par l'Institut de statistique de l'UNESCO à partir des réponses officielles à des enquêtes et à partir de rapports fournis par les autorités de l'éducation de chaque pays.

Dernière mise à jour 06 février 2020