Cambodge : comment une école a poursuivi ses activités d’apprentissage en pleine pandémie

Le GPE, en partenariat avec l'UNICEF, a travaillé avec le ministère cambodgien de l'Éducation pour fournir aux écoles un soutien permettant l'apprentissage à distance pour tous.

24 novembre 2021 par Theavy Leng, UNICEF Cambodia
|
Lecture : 4 minutes
|
UNICEF Cambodge/2021
Des élèves en rang dans la cour de leur école au Cambodge.
Credit: UNICEF Cambodge/2021

Presque tous les aspects de la société cambodgienne ont été mis à mal par la pandémie de COVID-19. Cependant, les écoles (au même titre que les hôpitaux et les centres de santé) ont peut-être été confrontées aux plus grandes difficultés. Elles ont dû fermer au moins deux fois et transformer toutes leurs méthodes de travail afin de permettre aux élèves d'apprendre à distance.

Au cours de l'année écoulée, nous avons entendu de nombreux récits d'initiatives individuelles extraordinaires, notamment d'enseignants qui ont parcouru de longues distances pour apporter du matériel pédagogique à leurs élèves, ou de directeurs d'école qui ont trouvé des moyens ingénieux de soutenir l’apprentissage à domicile. Mais aujourd'hui, nous voulons raconter l'histoire d'une école en particulier.

L'école primaire Wat Cheng de Battambang a obtenu le statut d'« école amie des enfants » en 2016, statut justifié par la mise en place d’un environnement propice au développement holistique des 493 enfants qui y étudient. Le comité de gestion, ainsi que le directeur de l'école et tous les enseignants, n’ont ménagé aucun effort pour y parvenir, mais ont été mis encore plus à l'épreuve par la pandémie.

M. Son Sambat est le directeur de l'école. Il affirme que, pour préparer la réouverture en toute sécurité : « l’école avait grand besoin de matériel d'hygiène, notamment de savon, d'alcool, de thermomètres et de masques. »

Il explique aussi que l'école avait besoin de ressources supplémentaires pour rendre l'apprentissage à distance possible pour les enfants qui n'avaient pas accès aux leçons en ligne : « Nous avions besoin de matériel supplémentaire, comme du papier et de l'encre pour photocopier les supports pédagogiques afin de soutenir l'apprentissage des enfants à la maison. Environ 40 % de nos enfants comptent sur ce matériel et viennent le chercher deux fois par semaine. »

UNICEF Cambodge/2021/Leng Theavy
Un enseignant tenant un des documents supplémentaires qui ont été imprimés et distribués aux élèves pour soutenir la continuité de leur apprentissage.
Credit:
UNICEF Cambodge/2021/Leng Theavy

Conscient du soutien supplémentaire dont les écoles comme celle de Wat Cheng avaient besoin, l'UNICEF a travaillé pendant la pandémie avec le ministère cambodgien de l'Éducation, de la Jeunesse et des Sports et des partenaires comme le GPE pour s'assurer que les écoles et les enseignants recevaient les ressources nécessaires à la continuité de l’apprentissage des enfants.

Dans le cadre de ce soutien, un financement global de 4,27 millions de dollars américains a été versé directement aux écoles en complément de leur budget de fonctionnement standard.

Ces fonds pouvaient être employés selon les besoins pour les dépenses liées à la COVID-19, comme les produits d'hygiène et de lavage des mains, le matériel pour imprimer les supports pédagogiques supplémentaires et l'équipement de base pour soutenir l'apprentissage à distance.

« S'ajoutant au budget de fonctionnement de l'école, le financement global du GPE a grandement contribué à répondre à nos besoins. »

M. Son Sambat, Directeur de l'école primaire de Wat Cheng

Il a également remercié le Ministère de l’éducation, l'UNICEF et d'autres partenaires de lui avoir permis d’obtenir du matériel et des ressources supplémentaires.

« En 2021, mon école a reçu de nombreuses ressources d'enseignement et d'apprentissage pour soutenir la continuité pédagogique. Il s'agissait notamment d'une série de vidéos sur l'enseignement et l'apprentissage des mathématiques et du khmer pour toutes les classes. Nous avons également reçu des devoirs pour tous les élèves. Le matériel est formidable, il plaît beaucoup aux enfants et favorise grandement leur apprentissage. Nos enseignants les ont utilisés comme matériel principal pour soutenir leur enseignement, en plus des manuels scolaires standard. »

M. Prom Sothon est l'un de ces enseignants, il tient une classe de CE 2 et affirme que ce soutien supplémentaire a été inestimable.

« J'enseigne principalement en ligne, par petits groupes », explique-t-il. « J'utilise les vidéos éducatives produites par le ministère de l’éducation comme principale ressource. Je les partage dans un groupe Facebook Messenger spécial, je demande aux élèves de les regarder, puis je leur envoie des exercices. Souvent, j'envoie des vidéos explicatives supplémentaires pour illustrer certains concepts, afin de m'assurer que tout le monde a compris la leçon. »

Cependant, tous les élèves n’ont pas accès à Internet, ce qui, loin de le décourager, pousse plutôt M. Prom à fournir des efforts supplémentaires. « Pour les enfants les plus difficiles à atteindre, je me rends chez eux et les rencontre par petits groupes, leur donne les documents, les leur explique, et leur demande de faire leurs devoirs. Dans l'ensemble, je pense que le partage des documents et l'apprentissage en petits groupes est un bon moyen d'atteindre tous les enfants, tout en minimisant le risque de transmission. »

UNICEF Cambodge/2021/Leng Theavy
Des élèves posant devant des documents imprimés qu'ils ont reçus pour soutenir la continuité de leur apprentissage pendant la pandémie.
Credit:
UNICEF Cambodge/2021/Leng Theavy

La plupart des enfants de l'école se sont montrés remarquablement disposés à s'adapter à un nouveau rythme de vie et à intégrer les leçons dans leur environnement familial.

Chorng Niwat, 12 ans, élève en CM 2, utilise le smartphone de son père pour regarder des leçons vidéo et faire des exercices à la maison. Il remercie ses enseignants pour leur soutien complémentaire qui rend cela possible : « Je reçois des exercices supplémentaires de mes professeurs via le chat. Je fais toujours les exercices et je les leur renvoie. »

Keo Sambat, un autre élève en CM 2, n'a pas le même accès en ligne. Il reçoit donc des professeurs du matériel pédagogique sous format papier et structure sa journée entière autour de l'apprentissage : « Normalement, après le petit-déjeuner, j'étudie à la maison pendant une heure, en faisant les exercices qui m’ont été remis sous forme papier et en lisant les manuels. L'après-midi, j'étudie encore pendant au moins une heure. Même si l'école est fermée, j’y vais deux fois par semaine pour rendre mes devoirs. J'en profite toujours pour lire des livres à la bibliothèque avec quelques amis. »

Sambat est très studieux et, comme Niwat, il est ravi que la réouverture complète des écoles de Battambang soit prévue pour bientôt. « Je suis heureux de pouvoir continuer à apprendre malgré la fermeture des écoles, grâce à mes professeurs, mais je veux retourner en classe le plus vite possible. C'est plus facile d'y apprendre, je peux demander immédiatement aux enseignants quand je ne comprends pas une question. En plus, je peux profiter d’être avec mes amis. ».

Ce blog a été précédemment publié sur le site de l'UNICEF.

Laisser un commentaire ou

Derniers blogs

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas divulguée. Tous les champs sont requis

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.

Texte brut

  • Global and entity tokens are replaced with their values. Explorer les jetons disponibles.
  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.