Échanges entre pays partenaires pour améliorer les revues sectorielles conjointes
Les représentants des ministères de l’éducation de quatre pays membres du PME se sont réunis à l’occasion de la revue sectorielle conjointe sur l’éducation à Madagascar. Ensemble, ils se sont penchés sur la question suivante : comment améliorer les revues sectorielles conjointes ou les organiser pour la première fois afin de promouvoir un meilleur suivi de la mise en œuvre des plans sectoriels ?
7 octobre 2019 par Marc-Antoine Percier, Global Partnership for Education et Janne Kjaersgaard Perrier, GPE Secretariat|
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La revue sectorielle conjointe qui s'est déroulée à Madagascar courant juillet 2019 a été l'occasion pour les ministères en charge de l'éducation et de la formation de présenter l'état d'avancement de la mise en œuvre de leur plan sectoriel de l'éducation.
CREDIT: Communication du Ministère MENETP

Dans la continuité de l’initiative d’échange autour des revues sectorielles conjointes qui a débuté en 2017, lorsque les cadres de l’administration malgache et tchadienne se sont rendus à Kinshasa pour participer à la revue conjointe de la mise en œuvre du plan intérimaire de l’éducation, le Secrétariat du PME a initié une nouvelle série d’échanges entre pays partenaires.

Le principe de cette initiative reste le même, et l'objectif est toujours ambitieux : il s’agit de soutenir les pays participants à améliorer la portée de leurs revues au travers d’échanges d’expériences et de connaissances.

Autour d'objectifs mutuellement définis, un groupe de représentants de trois ou quatre pays participe virtuellement à une série de discussions techniques sur les revues, suivie d’une mission d’observation dans l’un des pays (‘le pays hôte’) pour voir comment la revue s’y déroule.

Le pays hôte comme ‘laboratoire’ d’observations et d’échanges

En juillet 2019, les principaux organisateurs des revues du Burundi, des Comores, du Tchad et du Burkina Faso se sont rendus à Madagascar pour participer à une mission de terrain et à des activités d’échange de connaissances entre pairs. Les délégations ministérielles du Burundi et des Comores ont été accompagnées des représentants de l’Agence de coordination (UNICEF-Bujumbura) et de l’Agent partenaire (UNICEF-Moroni), qui ont participé aux discussions techniques tout au long de la semaine.

Pour nous, l’apprentissage par les pairs est extrêmement utile en vue d’améliorer la préparation, le déroulement et le suivi des progrès du secteur dans notre propre pays en faisant référence à l’expérience des autres pays et en s’inspirant du guide.
Josephine Ndayishimiya Chef du service, Élaboration des politiques éducatives, Bureau de la Planification et des statistiques, Burundi

La veille de la revue, le Secrétariat du PME a organisé une journée d’échanges, durant laquelle les participants se sont familiarisés avec les cinq dimensions d’une revue sectorielle conjointe efficace. Les délégations en visite ont également utilisé l’outil d’auto-évaluation pour analyser de manière systématique leur processus de revues, identifier les points forts et les points faibles de leurs revues, et envisager les améliorations possibles à court et à plus long terme.

Les participants ont pu échanger sur les principales difficultés liées à la préparation des revues, comme par exemple le processus de collecte de données ou l’élaboration du rapport annuel de mise en œuvre du plan sectoriel comme document de référence de la revue.

Faire plusieurs revues ne veut pas forcement dire ‘efficacité’. Bien que le Tchad en ait organisé plusieurs, notre participation aux échanges à Madagascar (et celles de RDC et du Cameroun auparavant) nous a permis de nous évaluer et de découvrir les faiblesses et les forces dans l’organisation de nos revues et de celles des autres pays.
Neradingao Dingaodoumbaye, Coordinateur, Plan Intermédiaire de l’Education du Tchad (PIET), Ministère de l’Éducation nationale.

Tout au long de la revue à Madagascar, les représentants des pays en visite se sont rencontrés à la fin de chaque journée pour échanger sur des points précis observés durant les sessions. De riches discussions techniques s’en sont suivies, notamment sur les aspects liés à l’organisation logistique, la gestion des débats et la préparation des modérateurs de la revue.

La question de l’utilisation des données empiriques (techniques et financières) a été abordée à de nombreuses reprises par les participants – et tous ont insisté sur la nécessité de placer les données au cœur des discussions de la revue. En effet, les données quantitatives et qualitatives permettent d’informer les débats, et donnent aux participants la possibilité d’apprécier les progrès accomplis et les défis rencontrés durant l’année en revue, ainsi que de comprendre dans quelle mesure les objectifs ont été atteints ou pas.

À la fin de la revue, les pays en visite ont partagé leurs observations avec les organisateurs, et une série de recommandations pouvant servir à améliorer la revue de Madagascar l’année prochaine.

Les délégations ont aussi partagé leurs propres pratiques en matière de formulation et de suivi des recommandations, et leur intégration dans les mécanismes de dialogue sectoriel et de planification opérationnelle.

La phase qui vient juste après la revue est très importante pour la continuité du dialogue. Il faut passer rapidement à la préparation et à la validation de l’aide-mémoire et se mettre d’accord sur les recommandations prioritaires – il est important de les définir de façon collaborative et participative en termes de structures responsables, de délivrables, de calendrier, de moyens.
Seni Ouedraogo, Chef du Département Qualité, Ministère de l’Éducation - Burkina Faso
Tiana Désiré Rakotondravaly, Coordonnateur de la Cellule de Coordination Sectorielle de l’Education à Madagascar
Tiana Désiré Rakotondravaly, Coordonnateur de la Cellule de Coordination Sectorielle de l’Education à Madagascar (le groupe local des partenaires de l’éducation) et hôte pour les délégations en visite, pendant une session de la revue sectorielle conjointe.
CREDIT: MENETP/Madagascar

Les participants prévoient de se réunir à nouveau pour échanger autour du suivi de la revue de Madagascar, ainsi que sur ce que chaque équipe souhaite mettre en œuvre dans son propre pays pour améliorer l’efficacité des revues et du suivi sectoriel.

Ces exchanges viennent au moment opportun pour nous, comme nous avons récemment décidé d’organiser notre première revue avec nos partenaires cette année.
Djaé Mdahoma, Directeur des programmes et des projets – Comores

Afin d’inscrire cette initiative dans une logique de renforcement des capacités institutionnelles de suivi et évaluation, il est essentiel que les représentants des ministères ayant participé aux missions d’observation rapportent les enseignements et les points d’action au sein de leur ministère et auprès des membres du groupe local des partenaires en éducation de leurs pays respectifs. Il est important aussi qu’ils restent impliqués auprès de leurs pairs pour continuer à échanger quand ceux-ci seront en train d’organiser leur propre revue.

Des échanges mutuellement bénéfiques

Durant la réunion de revue à Madagascar, les participants du Burundi et du Burkina Faso ont été invités à partager leurs expériences dans la mise en œuvre de réformes majeures du secteur – des thèmes autour desquels les parties prenantes du secteur de l’éducation de Madagascar ont échangé à de nombreuses reprises, y compris durant la revue sectorielle.

Ainsi, les participants du Burundi ont partagé leur expérience sur la mise en œuvre de la réforme du primaire qui a contribué, en quelques années, à réduire le taux de redoublement et à améliorer l’efficacité interne. Les participants du Burkina Faso ont évoqué la mise en place et la gestion d’un fonds commun de soutien au développement de l’éducation et de la formation, qui a contribué à promouvoir la redevabilité mutuelle, la transparence, l’alignement de l’aide au développement sur les priorités, systèmes et procédures du gouvernement, ainsi qu’une meilleure harmonisation des appuis extérieurs dont bénéficie le secteur.

Avoir les représentants d’autres pays qui viennent eux même présenter sur des sujets précis qui sont au cœur de nos préoccupations, y compris les avantages et points de vigilances de leur mise en œuvre, a été très pertinent pour nous et a apporté une vraie valeur ajoutée.
Sophie Achilleas, Chef de la section Éducation, UNICEF-Madagascar/agence de coordination

Pourquoi est-ce que le PME finance et facilite ce type d’échanges ?

Le partage de connaissances et de bonnes pratiques est au cœur du Plan stratégique du PME pour 2020. Il s’agit d’une méthode éprouvée pour le renforcement des capacités institutionnelle des pays en développement - beaucoup d’organisations internationales la privilégie.

On sait que les pays en développement ont des expériences différentes en matière de revues sectorielles – certains pays comme le Burkina Faso les organisent depuis plus de 15 ans, alors que d’autres pays n’en ont jamais organisé, ou pas depuis de nombreuses années.

Cette variété d’expériences constitue la pierre angulaire de l’initiative, car elle permet de rassembler des pays pouvant apprendre les uns des autres.

Quel que soit le niveau d’expérience dans l’organisation de revues des participants de ce groupe d’échange, je crois que nous partons tous en ayant beaucoup appris. Ce type d’échange est extrêmement positif.
Céline Lafoucriere, Chef de la section Éducation, UNICEF – Burundi/Agence de coordination.

Le Secrétariat du PME privilégie ces échanges car le suivi de la mise en œuvre des plans sectoriels n’est guère reluisant. Les évaluations au niveau des pays ont démontré que - généralement - une trop grande attention est accordée à la préparation des plans sectoriels, et les partenaires consultés estiment que davantage d'attention devrait être accordée à la mise en œuvre desdits plans.

De plus, comme l’indique le Rapport sur les résultats 2019, le nombre de revues organisées par les pays partenaires du PME est limité et leur nombre stagne depuis les trois dernières années. Organiser une revue prend du temps, et peu de pays arrivent à les organiser de manière annuelle.

Et lorsque la revue a lieu, on voit qu’elle ne permet pas systématiquement de contribuer au suivi de la mise en œuvre des plans sectoriels ou de réaliser les ajustements nécessaires pour atteindre de meilleurs résultats en matière d’éducation - les deux fonctions essentielles des revues.

L’initiative est récente mais elle génère un regain d’intérêt pour les revues conjointes dans les pays participants. Elle s’inscrit également dans une approche globale du PME pour améliorer la portée des revues sectorielles pour le renforcement de la redevabilité mutuelle, l’amélioration du dialogue sur les politiques d’éducation, et un meilleur suivi de la mise en œuvre des plans sectoriels et les plans opérationnels qui leur sont associés.

À suivre...

Un deuxième groupe d’échanges entre la Gambie, la Sierra Leone et le Libéria s’est rencontré autour de la revue au Ghana. Un prochain blog fera l’objet des résultats de ces échanges.

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